Une étude menée chez les enfants révèle que l’obésité serait une conséquence, et non une cause, de l’intimidation.

L’intimidation, source d’obésité

L’intimidation joue un rôle non négligeable sur l’obésité et la prise de poids chez les enfants, selon une récente étude de l’Université d’Ottawa.

L’étude s’appuie sur le comportement de 631 enfants canadiens, suivis pendant sept ans.

Elle révèle que le cercle vicieux de l’intimidation touche non seulement les enfants sur le plan affectif et social, mais aussi sur des aspects corporels et physique.

L’étude, publiée dans Developmental Science, est dirigée Tracy Vaillancourt, professeure et titulaire d’une Chaire de recherche du Canada, et Kirsty Lee, stagiaire postdoctorale en psychologie du counseling à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa.

Selon les deux spécialistes, être victime d’intimidation fait augmenter l’indice de masse corporel (IMC)*.

Cette même étude s’attaque à une idée reçue voulant qu’il puisse s’agir plus souvent du contraire, soit que les enfants en surpoids sont plus à risque d’être intimidés.

« Le surpoids ou l’obésité n’augmentent pas le risque d’être victime d’intimidation, résume la professeure Vaillancourt. La tendance à prendre du poids, chez les jeunes, est plutôt la conséquence d’une exposition répétée aux attaques des pairs. »

La prise de poids liée à l’intimidation affecte davantage les garçons que les filles, précise l’experte. Les conséquences seraient aussi observables après l’enfance.

Un jeune adulte, même s’il ne vit plus l’intimidation de sa jeunesse, conservera une « insatisfaction corporelle », une vision négative de son corps, et une tendance à prendre du poids. Cette insatisfaction corporelle, affirment les chercheuses, est plus marquée chez les filles que chez les garçons.

Au Canada, 30 % des jeunes sont victimes d’intimidation, et 10 % d’entre eux se disent confrontés à cette situation tous les jours.

Cette étude est la première ayant suivi, de cette façon, des enfants canadiens et d’ailleurs dans le monde sur une aussi longue période. Les enfants ont été suivis dès l’âge de 10 ans, jusqu’à l’aube de leur majorité, à 17 ans.

La situation socioéconomique et les origines ethniques ont été prises en compte.

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EN BREF

  • Un enfant canadien sur 3 est obèse ;
  • L’obésité peut avoir un impact sur le niveau de scolarité atteint par l’enfant ;
  • À l’âge adulte, l’obésité est associée au diabète, aux maladies cardiaques et à certains cancers ;
  • Un enfant intimidé peut éprouver de la peur ou de l’anxiété avant d’aller à l’école, faire des cauchemars, faire des commentaires négatifs sur son apparence et prendre du poids de façon excessive.

*L’IMC est le calcul du poids (en kilos) divisé par la taille (en mètres) au carré. On parle l’embonpoint à l’indice 25, et d’obésité, lorsque l’IMC est supérieur à 30.