Une fécondation in vitro peut coûter entre 10000$ et 15000$. 

L'infertilité touche un couple sur six

Avoir un enfant est une montagne russe d'émotions, de la conception, à la naissance et bien après. Un couple sur six n'arrive toutefois pas à franchir la première étape en raison de l'infertilité, un problème méconnu, selon l'Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité (ACSI), qui compte bien changer les choses.
Josée Turcot, d'Ottawa, est âgée de 28 ans. Elle est mariée depuis quatre ans avec son petit ami de l'école secondaire. Le couple essaie d'avoir des enfants depuis des années déjà, mais il en est incapable en raison d'un problème d'ovulation de Josée.
«C'est un rêve d'enfance d'avoir notre famille à nous deux.»
Leur situation est loin d'être unique. Selon l'ACSI, un couple sur six vit avec l'infertilité. C'est pour cette raison que l'organisation demande à ce que les différentes provinces canadiennes suivent l'exemple du Québec et subventionne la procréation assistée.
Des procédures coûteuses
La directrice générale de l'ACSI, Gloria Poirier, invoque des raisons sociales et de santé publique pour justifier cette demande. Selon elle, une fécondation in vitro peut coûter entre 10 000$ et 15 000$. «Plusieurs abandonnent parce qu'ils ne peuvent pas se le permettre», souligne-t-elle.
Josée Turcot et son mari n'en sont pas encore là. Elle tente actuellement une médication qui l'aiderait à ovuler. Une solution moins coûteuse, mais beaucoup moins efficace.
«Si ça fonctionne, j'ai de bonnes chances de tomber enceinte, il faut juste de la patience. Mais maintenant que l'Ontario a annoncé qu'on aurait peut-être accès à la fécondation in vitro en 2015, on commence à y penser plus sérieusement.»
Le coût des fécondations a un autre effet pervers, selon Gloria Poirier. Puisque le taux de réussite de la manoeuvre se situe entre 30% et 50%, elle estime que plusieurs couples vont choisir d'implanter plus d'un embryon dans l'utérus de la femme, ce qui multiplie le risque de naissances multiples. «C'est reconnu comme étant moins sécuritaire, la mère et les bébés sont à risque. Ils naissent souvent prématurés, donc ils se retrouvent aux soins intensifs. En plus, ça coûte une fortune à l'État.»
L'ACSI estime que son principal cheval de bataille dans la lutte contre l'infertilité est la sensibilisation. L'organisation marchait samedi à Ottawa et Gatineau dans l'espoir d'informer des passants de cette réalité. Deux groupes se rejoignaient à mi-chemin entre les oeuvres Papa et Maman, situées des deux côtés de la rivière des Outaouais.
«On tente d'éduquer les jeunes adultes parce qu'il y a des habitudes à éviter pour protéger notre santé reproductive», explique Mme Poirier. «Ça peut être aussi simple que les sièges chauffants dans les autos, les bains chauds, le cellulaire dans la poche de pantalon, la drogue, l'alcool et la nutrition. À la longue, ça affecte la fertilité.»
Jpaquette@ledroit.com