Aucune chirurgie ne pourra avoir lieu sur place à compter de vendredi 16h jusqu’à lundi 8h.

L'Hôpital du Pontiac touché par une autre rupture de services

Une sixième rupture de service en obstétrique en l’espace de quelques semaines affectera l’Hôpital du Pontiac cette fin de semaine, une conséquence directe cette fois d’un bris de service en chirurgie générale.

Cette fois, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) annonce qu’en l’absence « imprévue » d’un chirurgien de garde entre les murs de l’établissement de Shawville, aucune chirurgie ne pourra avoir lieu sur place à compter de vendredi 16h jusqu’à lundi 8h. 

Non seulement les cas de traumatologie seront dirigés vers le centre de traumatologie le plus près, par exemple à l’Hôpital de Hull, mais puisqu’aucune césarienne d’urgence ne pourra être effectuée, les femmes enceintes seront redirigées vers l’Hôpital de Gatineau, après une évaluation préalable à l’Hôpital du Pontiac. 

Dans l’éventualité où une femme enceinte se présenterait en accouchement imminent, les autorités précisent que du personnel qualifié sera sur place pour la prise en charge. 

Le CISSSO indique que les futures mamans affectées par ce bris de service ont été avisées. 

Josée Filion, présidente et directrice générale du CISSSO, a confirmé plus tôt cette semaine que la couverture médicale en obstétrique à l’Hôpital du Pontiac sera assurée jusqu’à la fin janvier.

Rappelons qu’il y a deux semaines, le député de Pontiac André Fortin avait dénoncé la situation à l’Assemblée nationale, qualifiant le tout d’« intolérable » en interpellant la ministre de la Santé Danielle McCann. 

« Pour les mères enceintes de la région, c’est presque une loterie à savoir quand leurs eaux vont crever. Si c’est le jeudi, elles sont chanceuses, elles vont pouvoir accoucher localement ; si c’est le vendredi, elles vont devoir accoucher à Gatineau, à 1h30 de route ; si c’est le samedi, elles vont devoir accoucher à Pembroke, en Ontario. Le stress sur les futures mères de la région est insupportable », avait-il lancé. 

En raison de la pénurie de personnel, il manque actuellement huit infirmières en obstétrique dans cet établissement pour pouvoir assurer un service 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Pour que le service fonctionne à pleine capacité, 12 infirmières et cinq médecins obstétriciens sont nécessaires. La pénurie de main-d’œuvre fait en sorte qu’en deux mois, cinq infirmières de l’unité ont cumulé plus de 600 heures supplémentaires. 

Une solution temporaire a été trouvée puisque depuis quelques jours, et ce, jusqu’à la fin du mois, deux infirmières de l’Hôpital général juif de Montréal sont sur place pour du renfort. 

Le CISSSO a également confirmé plus tôt cette semaine que deux des cinq médecins de l’unité d’obstétrique de l’Hôpital du Pontiac allaient quitter leurs fonctions de façon définitive à la fin du mois de décembre, une situation qui pourrait entraîner d’autres bris de service au fil des prochains mois. L’organisation affirme cependant que la couverture médicale en obstétrique sera assurée jusqu’à la fin janvier.