Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Patrick Guay, note que le ton a changé à la table de négociations.

L’espoir est permis pour les infirmières de l'Outaouais qui souhaitent de meilleurs horaires

Il n’est pas impossible qu’une entente comme celle paraphée la semaine dernière par le Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides et le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides soit éventuellement calquée en tout ou en partie dans la région de l’Outaouais.

L’accord, qualifié d’historique, permet à toutes les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de choisir leur nombre de quarts de travail étalés sur une période de deux semaines. Lorsqu’ils postuleront sur un poste, les employés pourront demander que leur nombre de jours travaillés soit revu à la baisse ou à la hausse.

Autant le CISSS des Laurentides que le président intérimaire du syndicat, Denis Provencher, ont confirmé au Droit qu’une entente à cet effet avait été signée jeudi dernier.

Les parties croient qu’une telle mesure permettra de réduire à la fois les heures supplémentaires et le recours à la main-d’œuvre indépendante, en plus d’aider à favoriser la rétention du personnel.

L’implantation d’un tel modèle en Outaouais n’est pas exclue.

«Toutes les options possibles sont sur la table ici. [...] Il n’est pas impossible que ce modèle-là soit pris en compte, on ne sent pas de résistance de l’employeur. Présentement, aux tables, on a parlé de rehaussement de poste, on n’a pas essuyé de refus, mais il n’y a rien de signé encore», affirme d’emblée le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO-FIQ), Patrick Guay.

Ce dernier souligne qu’une telle mesure a déjà été en vigueur dans le passé, par exemple à l’Hôpital de Papineau, et qu’à l’heure actuelle on est à la recherche de solutions à court et long terme pour tous les secteurs «les plus alarmants», par exemple l’Hôpital du Pontiac, l’Hôpital de Maniwaki ainsi que le 7e Est et le 7e Ouest de l’Hôpital de Hull.

M. Guay en profite pour indiquer que même si «tout n’est pas parfait», le ton a beaucoup changé aux tables de discussions entre l’employeur et le syndicat depuis que le CISSSO a changé de grand patron au printemps dernier. «Ce qui est différent de l’ère Hébert (l’ancien PDG Jean Hébert), c’est que Mme Filion est très ouverte, elle nous rencontre une fois par mois et on voit qu’elle a transmis à ses gestionnaires le message qu’elle voit les syndicats comme des collaborateurs et non pas comme des fouteux de trouble. Ça transparaît lors des pourparlers. [...] On sent qu’ils ne sont pas fermés, qu’ils prennent en délibération ce qu’on demande et que ce ne sont pas des refus catégoriques», lance-t-il.

Le leader syndical qui représente 2800 membres souligne que peu importe les options retenues en Outaouais, les besoins de la région demeurent différents de ceux des autres régions comme les Laurentides et que l’important est de ne pas simplement apposer un diachylon sur les enjeux problématiques.

«Si on n’agit pas sur la surcharge de travail pour garder notre monde, ça n’aidera pas non plus», dit-il.

Et en attendant que des solutions soient trouvées au CISSSO, M. Guay avoue avoir «une petite crainte» qu’une telle entente dans une région limitrophe ait pour effet de séduire des gens de l’Outaouais, entre autres des infirmières auxiliaires.

De son côté, l’employeur affirme qu’il souhaite d’abord prendre connaissance de cette entente conclue dans la région voisine, mais il ne ferme pas la porte à une telle avenue.

«Actuellement, il y a un comité paritaire de travail avec le syndicat visant à contrer le temps supplémentaire obligatoire et réduire le temps supplémentaire afin d’améliorer le climat et les conditions de travail. Ce type de mesure pourrait être évalué par ce comité», de dire la porte-parole du CISSSO, Patricia Rhéaume.