L’Hôpital général de Hawkesbury

Les victimes d’agression sexuelle maintenant prises en charge à Hawkesbury

L’Hôpital général de Hawkesbury (HGH) a lancé le mois dernier son tout nouveau Programme de soins aux victimes d’agression à caractère sexuel, de violence conjugale ou de violence envers les aînés.

Le programme sera offert à l’urgence et permettra de « répondre aux besoins médicaux, émotifs et sociaux des victimes dans un environnement sécuritaire et confidentiel ».

Avant aujourd’hui, quand une victime d’agression à caractère sexuel se présentait à l’HGH pour recevoir des soins, elle était souvent rabrouée vers des hôpitaux avoisinants comme à Ottawa ou à Cornwall, puisque ceux-ci sont mieux équipés pour répondre aux besoins spécifiques de ces patients.

Le problème, c’est que pour une victime de ce type d’agression, il faut beaucoup de courage pour prendre la décision de se rendre à l’hôpital et de dénoncer son agresseur, juge la responsable du programme, Chantal Tremblay. Lorsqu’il s’agit d’une personne issue d’un milieu rural qui doit se trouver un transport pour se déplacer vers un autre établissement, il peut s’agir d’un défi encore plus grand. Le processus peut même être pire lorsque cette victime débarque dans un hôpital où elle ne reçoit pas de services en français.

Dorénavant, une équipe de professionnels de la santé spécialisés dans les cas de traumatisme accueillera les victimes à l’HGH.

« Le but, avance Mme Tremblay, c’était vraiment de mieux répondre aux besoins des victimes de Prescott-Russell et d’ailleurs. Elles pourront être desservies dans leur communauté, en français. »

Celles-ci pourront recevoir des soins de santé d’urgence et des traitements de prévention de la grossesse et des infections transmissibles sexuellement. Les employés seront aussi en mesure d’intervenir en cas de crise et d’offrir de l’information sur les droits des victimes. Ils pourront aussi les diriger vers des ressources communautaires nécessaires à leur sécurité.

Le programme devrait également améliorer le processus judiciaire des agressions en facilitant la tâche des policiers. La collecte des preuves médico-légales sera effectuée plus rapidement, et les autorités auront ainsi plus de chances de les associer aux agresseurs.

Démarrer ce programme à l’HGH a représenté un travail de longue haleine, admet Mme Tremblay. En plus des difficultés de recrutement, la formation spécifique de tous les membres du personnel a pris du temps.

Pour mettre en œuvre le programme, il fallait aussi que l’HGH soit accepté comme membre du Réseau ontarien des centres de traitements pour les agressions sexuelles.

« C’était tout un processus très rigoureux. Mais on est vraiment fiers d’être le 36e membre du Réseau. »