Les inquiétudes de la chef du département de l'urgence au CSSSG, la Dre Valérie Caron, ne semblent pas s'être dissipées au sujet du projet de loi 20.

Les urgentologues de Gatineau toujours craintifs

À peine 48 heures après avoir fait part de leurs inquiétudes au sujet du projet de loi 20 dans les pages du Droit, les urgentologues du CSSS de Gatineau sont ressortis sceptiques jeudi soir d'une rencontre de 90 minutes avec la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, et la députée de Hull, Maryse Gaudreault.
Dans une lettre adressée aux deux élues libérales plus tôt cette semaine, le groupe de 36 urgentologues des hôpitaux de Gatineau et Hull dénonçait le projet de loi, précisant que l'inquiétude et l'indignation règnent depuis son dépôt par le ministre Gaétan Barrette à la fin novembre.
À leur avis, c'est le patient qui risque de payer si le gouvernement va de l'avant avec les balises qu'il compte imposer aux médecins, puisqu'une dizaine de quarts de travail par semaine pourraient disparaître. Ils craignent même une hausse de la morbidité et de la mortalité, en plus d'un accroissement du nombre d'heures d'attente aux urgences.
Au terme de la réunion, la ministre Vallée a dit qu'elle et sa collègue ont porté une oreille attentive aux doléances des médecins, mais que le véhicule le plus approprié pour que ces derniers puissent sensibiliser le ministre et son équipe serait le dépôt d'un mémoire en commission parlementaire.
«Le ministre dit que ce sont des pistes de solution pour améliorer l'accès et la fluidité, alors qu'eux, ils ont une autre interprétation de tout ça. Je les ai fortement incités à le faire et leur ai donné l'assurance que Maryse (Gaudreault) et moi allions faire les représentations auprès du ministre afin qu'une place soit accordée aux gens de l'Outaouais. [...] De leur côté, l'important est aussi d'être en lien avec leurs fédérations pour s'assurer qu'on porte attention à leurs préoccupations», a-t-elle indiqué.
Mme Vallée - qui a qualifié au passage de «constructive» ce type de rencontre, qui devrait se tenir plus fréquemment à ses yeux - rappelle que d'exprimer son opinion en commission parlementaire en vaut la chandelle. À titre d'exemple, elle mentionne qu'une centaine d'amendements, dont certains substantiels, ont été déposés par le ministre Barrette concernant le projet de loi 10.
Les inquiétudes de la chef du département de l'urgence au CSSSG, la Dre Valérie Caron, ne semblent pas s'être dissipées. Le projet de loi pourrait entre autres imposer une pénalité de 30% au salaire des médecins s'ils ne travaillent pas suffisamment aux yeux de Québec.
«On continue à dire que ce projet de loi-là n'est pas bon à la base, même si au final il y avait des amendements. Avec la pénurie de personnel que l'on vit dans une région limitrophe comme la nôtre, on ne serait pas gagnant avec de telles mesures coercitives. On doit être compétitif vis-à-vis la rive ontarienne. Et on a beaucoup de réserves sur ce qu'elles (les élues) pourront accomplir, alors on va continuer à étudier nos avenues pour s'assurer que notre voix sera entendue», lance-t-elle.