Le taux d'occupation de la salle d'urgence de l'hôpital de Gatineau atteignait 179 %, lundi à 13h.

Les urgences débordent à Gatineau

Une importante congestion est observée ces derniers jours dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, alors que de nombreux patients doivent séjourner sur une civière pendant plus de 48 heures avant d'être admis sur une unité de soins ou d'obtenir leur congé.
À l'Hôpital de Gatineau, le taux d'occupation atteignait 179 % lundi en début d'après-midi, alors que 50 patients y étaient alités sur une civière. Or, cette salle d'urgence ne compte normalement que 28 places sur civière.
Sur la cinquantaine de patients alités, 28 s'y trouvaient depuis plus de 24 heures, dont 16 depuis plus de deux journées complètes.
Pendant ce temps, à l'hôpital de Hull, le taux d'occupation s'établissait à 144 %, avec 36 patients alités pour 25 civières fonctionnelles. Neuf patients y étaient depuis plus d'une journée complète, dont trois depuis plus de 48 heures.
Dans le secteur Buckingham, l'urgence de l'hôpital de Papineau affichait un taux d'occupation de 117 %, lundi à 13 h. Quatorze patients y étaient alités, alors qu'on y compte normalement 12 civières. Encore là, la congestion se fait sentir sur de longues périodes, avec cinq occupant une civière depuis au moins 24 heures.
À Wakefield, la petite salle d'urgence de quatre civières comptait lundi cinq patients alités, pour un taux d'occupation de 125 %.
Pour l'ensemble de l'Outaouais, seules les urgences des hôpitaux du Pontiac (0 %) et de Maniwaki (33 %) et des CLSC de Fort-Coulonge (0 %) et de la Petite-Nation (50 %) n'étaient donc pas remplies à pleine capacité en ce début de semaine.
Le Dr Nicolas Gillot, chef du département de médecine générale de Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), affirme que les cas de grippe et de gastroentérite « peuvent augmenter un peu l'achalandage », mais que le problème découle aussi d'une « difficulté à orienter les patients chroniques de l'hôpital ».
« Les patients qui sont admis à l'hôpital le sont parfois pour une courte durée, mais finalement ils y restent plus longtemps et ça engendre de l'achalandage », explique-t-il. Un certain « cercle vicieux » est donc créé, poursuit-il, car l'engorgement sur les unités de soins empêche de libérer des civières à l'urgence.
En orientant certains patients vers des ressources plus appropriées ou en leur offrant davantage de soutien à domicile, la récurrence et la durée des séjours à l'hôpital pourraient être diminuées, estime le Dr Gillot, qui rappelle que les hospitalisations peuvent engendrer divers « effets secondaires », comme une diminution du tonus musculaire, une dénutrition ou une perte d'autonomie découlant de l'immobilisation.
D'autres initiatives, comme la superclinique devant ouvrir au cours de l'année, pourront aider à désengorger les salles d'urgence de cas non urgents, souligne par ailleurs le Dr Gillot.