La présidente de la FIQ, Lyne Plante, se dit convaincue que des coupes suivront et que le personnel du CSSSG sera touché.

Les syndicats du CSSSG «assommés»

Les syndicats du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) se disent «assommés», après avoir appris, mardi, l'ampleur des compressions et du manque à gagner pour l'exercice financier 2014-2015.
Des coupures totalisant 20 millions de dollars sont nécessaires afin de retrouver l'équilibre budgétaire, soutient la présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CSSSG, Lyne Plante.
Quatre directions sont directement touchées par les compressions, dont les CHSLD.
Le «plan de redressement budgétaire» prévoit entre autres le rapatriement de services, explique la syndicaliste.
Mme Plante donne l'exemple des centres de jour, qui passeront de trois à un seul. Idem pour les hôpitaux de jour. Ces centres offrent différentes activités thérapeutiques aux personnes âgées en perte d'autonomie.
Dans la même veine, les soins palliatifs pourraient dans le futur être localisé dans un seul hôpital.
Or, Mme Plante estime que le rapatriement de services n'est pas la solution pour économiser de l'argent, en raison des coûts indirects que cette stratégie encourt, notamment en frais de transport adapté.
Les compressions forcent aussi la fermeture permanente d'unités de soins et de dizaines de lits. Ainsi, l'Hôpital de Hull perd 27 lits et l'Hôpital de Gatineau, 35.
Tous les employés touchés seront rencontrés par leur syndicat d'ici vendredi.
Mme Plante estime que les compressions, considérant leur ampleur, entraîneront inévitablement la suppression de postes. «Nous, on a la prétention de dire que oui, mais l'employeur dit que non», affirme-t-elle.
«Si on veut donner une qualité de soins, on va être obligé de couper dans les services.»
La présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la santé de Gatineau (STTSG), Josée MacMillan, émet elle aussi de sérieux doutes quant à l'abolition possible de postes, elle qui représente 2600 membres.
«Tant et aussi longtemps qu'on ne verra pas ça sur papier, on ne pourra pas en être certain», a-t-elle lancé.
À son avis, la qualité des soins va indéniablement en prendre pour son rhume au terme de ces compressions.
«Nos membres sont déjà épuisés et l'avenir ne semble pas être plus rose», déplore-t-elle.
En plus d'avoir des conséquences sur l'offre de services, les compressions feront fuir bon nombre de professionnels de la santé, croit Mme Plante.
Comme quelque 70% des employés du CSSSG sont originaires de l'extérieur de la région, plusieurs d'entre eux pourraient décider de déménager ou de traverser la rivière des Outaouais pour aller travailler à Ottawa, croit-elle.
«Notre grosse crainte est de savoir si on va être capable de retenir notre personnel. Parce qu'il va y avoir beaucoup de changements de chaises et d'abolition de postes», se désole-t-elle.
gstpierre@ledroit.com