Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) de l’Ontario a indiqué qu’aucun nouveau site ne devrait ouvrir au public pour le moment.

«Les sites de prévention des surdoses répondent à un besoin»

« C’est meurtrier, tout simplement. Doug Ford, Christine Elliott et les conservateurs ont du sang sur les mains. Ils enlèvent des soins de santé de base qui permettaient de sauver des vies en plein cœur d’une crise de santé publique. »

Le membre du groupe Prévention surdose Ottawa, James Hutt, ne mâche pas ses mots pour critiquer la décision du gouvernement de suspendre l’approbation de nouveaux centres de prévention des surdoses en province.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) de l’Ontario a indiqué qu’aucun nouveau site ne devrait ouvrir au public pour le moment.

M. Hutt est d’avis que le gouvernement conservateur fait preuve « d’ignorance » en pleine crise des surdoses de fentanyl. Les paramédics d’Ottawa révélaient l’été dernier que tous les 11 jours, une personne meurt d’une surdose de drogue dans la capitale fédérale.

« La situation s’aggrave même si on a des sites d’injection supervisée. La situation empire et le gouvernement enlève des services aux gens qui consomment de la drogue », soutient M. Hutt.

Répondre à un besoin
Les acteurs sur le terrain sont d’avis que les efforts doivent être accrus et non mis sur pause et que chacune des solutions est une réponse à la crise des opioïdes. On compte quatre sites d’injection supervisée et aucun centre de prévention des surdoses à Ottawa. Ces derniers se différencient par leur caractère temporaire. Ils sont mis en place pour répondre à un besoin plus immédiat dans la communauté.

« On espère que les freins ne seront pas mis trop longtemps sur ces services», soutient Luc Cormier, infirmier coordonnateur du service d’injection supervisée, au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable.

« On espère que les freins ne seront pas mis trop longtemps sur ces services. Les sites de prévention des surdoses ont leur place et répondent à un besoin », soutient Luc Cormier, infirmier coordonnateur du service d’injection supervisée, au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable.

Santé publique Ottawa (SPO) soutient que les services de consommation supervisés ont fait leurs preuves dans la communauté. Ces installations réduisent « le risque de surdosage et la transmission d’infections comme l’hépatite C et le VIH », a déclaré SPO dans un courriel.

Des résultats attendus
De son côté, le porte-parole du MSSLD confirme que la ministre, Christine Elliott, procède à un examen « fondé sur des données probantes des modèles de centres de prévention des surdoses et de consommations supervisés pour s’assurer que ces services incitent les gens à se rétablir et à obtenir l’aide dont ils ont besoin ».

Les résultats de cet examen devraient être dévoilés prochainement. Mme Elliott pourra ensuite émettre des recommandations sur les manières de procéder.

« J’espère que l’examen se fera assez vite et que les services pourront reprendre. Le gouvernement veut mettre plus l’accent sur l’accès aux traitements. Des études démontrent que les gens qui utilisent les centres ont tendance à aller chercher des services de traitement pour la dépendance », souligne M. Cormier.

Depuis l’ouverture du site de la rue Nelson, en avril dernier, de 50 à 60 visites par semaine sont effectuées. Des usagers se sont inscrits au programme de méthadone pour traiter leur dépendance et d’autres ont un suivi pour traiter l’hépatite C.

« Si le site n’existait pas, c’est un point de connexion qu’on n’aurait pas avec eux », conclut M. Cormier.