Les délais dans les urgences de la capitale fédérale causent des maux de tête au Service paramédic d’Ottawa (SPO) depuis le début de l’année.

Les paramédics d’Ottawa perdent du temps à l’urgence

Les délais dans les urgences de la capitale fédérale causent des maux de tête au Service paramédic d’Ottawa (SPO) depuis le début de l’année.

À 329 reprises de janvier à août, la population d’Ottawa s’est retrouvée à risque puisque le SPO s’est retrouvé à un niveau de service zéro, c’est-à-dire qu’aucune ambulance n’était disponible pour transporter des patients. Une interruption du service a duré près de 8 heures en juin.

Dans un rapport préparé pour la prochaine rencontre du Comité des services communautaires et de protection de la Ville d’Ottawa, on apprend que les délais de déchargement dans les hôpitaux d’Ottawa sont en hausse.

« Selon la norme de l’industrie pour ce type de transfert de prise en charge, il ne doit pas s’écouler plus de 30 minutes entre l’arrivée des paramédics à l’urgence et le moment où le patient est retiré de sa civière et accepté par le personnel de l’urgence. De janvier à juillet 2019, le délai était de 79 minutes et 30 secondes pour l’ensemble des hôpitaux, et de 95 minutes pour l’Hôpital d’Ottawa », écrit le directeur des Services de protection et d’urgence d’Ottawa, Anthony Di Monte.

« Au cours des sept premiers mois de 2019, le Service paramédic d’Ottawa a consacré 32 126 heures au déchargement de patients, ce qui représente une hausse de 12,5 % par rapport à la même période l’année précédente, et une moyenne de 151 heures perdues chaque jour », ajoute M. Di Monte.

Le SPO est limité dans sa capacité d’agir pour réduire la fréquence à laquelle un niveau de service zéro est offert, mais tente tout de même de trouver des façons d’alléger les moments d’indisponibilité de ses paramédics. La mise en place d’un programme pour conduire les patients sans-abri à une clinique spécialisée plutôt qu’aux urgences de l’hôpital, fait partie de ces solutions.

Un projet pilote pour les patients ambulatoires développé en collaboration avec l’Hôpital d’Ottawa permet également de laisser les personnes transportées à l’hôpital dans un état stable dans la salle d’attente de l’urgence.

Selon le rapport d’Anthony Di Monte, « le problème des délais de déchargement est essentiellement lié à l’engorgement des urgences des hôpitaux ».

Les hôpitaux d’Ottawa souhaiteraient trois changements pour corriger la situation, soit un projet pilote de paramédic communautaire capable de s’occuper de cinq patients à la fois dans chaque salle d’urgence pour libérer plus rapidement des ambulances, l’arrivée de 50 nouveaux lits de la catégorie « autre niveau de soins » cet automne, ainsi qu’une révision de l’entente concernant le système d’établissement de l’ordre de priorité des patients.