Le BPA est associé à un risque accru de cancer et à une baisse de fertilité chez les hommes et les femmes.

Les niveaux de BPA dans l’organisme seraient gravement sous-estimés

L’exposition réelle des humains au bisphénol A (BPA) serait jusqu’à 44 fois supérieure à ce que l’on croit actuellement, prétendent des chercheurs américains qui disent avoir mis au point un test plus précis pour la mesurer.

Le BPA est un perturbateur endocrinien que le Canada considère reprotoxique, à savoir qu’il semble en mesure d’altérer la fertilité des hommes et des femmes, ou encore d’interférer avec le développement du foetus. Il a également été associé à un risque accru de cancer.

On le retrouve principalement dans les plastiques (y compris les contenants alimentaires) et les résines.

L’auteure de l’étude, la professeure Patricia Hunt de l’université Washington State, prévient que l’encadrement du BPA imposé par des agences réglementaires comme la puissante Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis se base possiblement sur des mesures incorrectes, qui sous-estimeraient gravement l’exposition de la population au BPA.

La FDA, en se fiant à des analyses d’urine, est d’avis que cette exposition est très faible, et donc sécuritaire.

La professeure Hunt et ses collègues disent avoir développé un test qui mesure plus précisément les métabolites de BPA, à savoir les substances chimiques qui sont créées quand la substance traverse l’organisme.

La méthode de mesure plus «directe» mise au point par l’équipe de la professeure Hunt a détecté des niveaux de BPA qui étaient jusqu’à 44 fois supérieurs à ceux mesurés par la méthode traditionnelle. Plus l’exposition au BPA était importante, plus l’écart entre les deux méthodes se creusait.

Les chercheurs mènent maintenant des tests avec d’autres produits chimiques courants qui sont également mesurés indirectement, comme les phtalates, les parabènes et le triclosan.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical The Lancet Diabetes & Endocrinology.