En vertu de ce nouveau règlement, les infirmières praticiennes spécialisées pourront amorcer le traitement de six maladies chroniques: le diabète, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, l'asthme, les maladies pulmonaires obstructives et l'hypothyroïdie.

Les infirmières spécialisées pourront traiter des maladies chroniques

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) pourront bientôt amorcer des traitements pour six maladies chroniques dont le diabète ou l’asthme, par exemple.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et le Collège des médecins du Québec (CMQ) en ont fait l’annonce lundi.

Les deux ordres professionnels ont élaboré un nouveau règlement qui vise à «optimiser le rôle de l’IPS en partenariat avec un ou plusieurs médecins afin de mieux répondre à la croissance des besoins de santé de la population québécoise», explique-t-on dans un communiqué diffusé lundi.

Les traitements pour le diabète, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’asthme, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et l’hypothyroïdie pourront ainsi être initiés par des IPS à compter du 1er février prochain.

À l’OIIQ, on précise que les IPS pourront non seulement amorcer les traitements pour ces six maladies chroniques, mais aussi en faire le suivi. «Une fois le traitement amorcé, le patient verra dans les semaines qui suivent le médecin», explique la porte-parole, Colette Ouellet, tout en rappelant que le diagnostic est une activité réservée au médecin.

Selon la présidente de l’Ordre, Lucie Tremblay, «nous devons innover et tenir compte de la complexité des besoins de la population dans le contexte où un Québécois sur deux souffre d’au moins une maladie chronique». 

Le nouveau règlement prévoit par ailleurs la création de trois classes de spécialités d’IPS (adulte, pédiatrique et santé mentale). Les deux classes de spécialités existantes (première ligne et néonatalogie) ont également été bonifiées. La pratique des IPS en première ligne a ainsi été élargie aux CHSLD, qui manquent cruellement de médecins, et aux centres jeunesse. Autant de mesures qui contribueront à «relever les nombreux défis de santé», selon le président du CMQ, le Dr Charles Bernard.  

À l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec, on salue «cette percée significative pour l’efficacité et l’accessibilité de nos soins de santé», bien qu’il reste «encore du travail à faire pour rattraper complètement notre retard par rapport aux IPS du reste du Canada».

Pour rappel, le ministère de la Santé a promis d’intégrer 2000 IPS dans le réseau de la santé d’ici 2024-2025. À ce jour, le Québec n’en compte que 413. 

Droit de prescrire des infirmières

Les deux ordres professionnels ont par ailleurs modifié le règlement portant sur la prescription infirmière afin de prévenir une éventuelle rupture de services en vue de l’abolition des ordonnances collectives, prévue le 31 mars prochain, expliquent le CMQ et l’OIIQ. 

Par l’introduction d’une «clause de reconnaissance des droits acquis», les titulaires d’un diplôme d’études collégiales qui initiaient des ordonnances collectives au 30 juin 2017 pourront continuer d’exercer dans les domaines suivants : soins de plaies, santé publique, contraception, traitement des ITSS, traitement de la pédiculose, cessation tabagique et suppléments vitaminiques en périnatalité. 

Les autres conditions prévues au règlement demeurent, de sorte qu’à l’avenir, seules les titulaires d’un baccalauréat en sciences infirmières pourront exercer ces activités, précisent les deux ordres professionnels.