La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Lyne Plante

Les infirmières réclament un «ménage du printemps» au CISSSO

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) souhaite que la nouvelle direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) procède rapidement à un « ménage du printemps » afin d’améliorer les conditions de travail de ses membres.

La présidente du SPSO, Lyne Plante, s’est présentée au conseil d’administration du CISSSO, jeudi soir, afin de rappeler les revendications de ses membres.

« Dans les derniers mois, notre syndicat a multiplié les interventions pour favoriser la rétention, pour diminuer la surcharge de travail et pour faire avancer les négociations locales, avait fait valoir Mme Plante plus tôt en après-midi. Plusieurs de nos demandes sont demeurées sans réponse de la part du CISSSO. Il est temps que l’employeur poursuive le ménage du printemps qui a été amorcé et qu’une rencontre ait lieu pour que nous obtenions des réponses à nos propositions. »

La nouvelle présidente-directrice générale par intérim du CISSSO, Josée Filion, a fait savoir qu’une rencontre est déjà à l’horaire le 15 mars avec le syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Le SPSO dénonce par ailleurs que « plus de 200 formulaires de dangerosité » ont été envoyés à la direction du CISSSO depuis un an, mais qu’aucune réponse n’ait été obtenue. Ces formulaires signalent notamment le manque de personnel et l’épuisement des professionnelles, a expliqué Mme Plante.

Le syndicat qui représente les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes est présentement dans un processus de médiation avec le CISSSO. Six rencontres de médiation sont prévues d’ici le 19 mars. La médiation pourrait ensuite être prolongée pour 60 jours.

Si les parties ne réussissent pas à conclure une entente de principe, le dossier sera soumis à un processus d’arbitrage. À l’heure actuelle, dix éléments sur 26 restent à être réglés. Les points en litige concernent notamment la mobilité et les horaires des salariées.

« Nous sommes confiants que les travaux vont bon train et que nous serons en mesure d’arriver à une entente », a pour sa part mentionné Mme Filion. La grande patronne du CISSSO a également souligné que plusieurs éléments dénoncés en janvier par le biais d’une pétition signée par près de 3000 syndiqués ont fait l’objet de recommandations dans le rapport de l’accompagnateur Sylvain Gagnon.

La présidente du SPSO espère obtenir « une meilleure écoute » de la part de la nouvelle grande patronne du CISSSO. Interrogée à savoir si elle voit une lumière au bout du tunnel par rapport aux revendications de ses membres, Mme Plante a déclaré qu’il y a présentement « une lueur ».

« Nous aussi, ce qu’on veut, c’est un climat sain, harmonieux et de civilité », a de son côté mentionné Josée Filion. 

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Retour à l’équilibre budgétaire en 2020

Le déficit anticipé de 12,7 millions $ au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour l’année 2018-2019 devrait se résorber d’ici la fin mars 2020, l’organisation souhaitant notamment réduire ses dépenses en médicaments et en assurance salaire.

Selon le bilan après 11 des 13 périodes de l’année financière en cours, le CISSSO enregistre un déficit cumulatif atteignant 5,2 millions $ uniquement pour sa masse salariale. « Les enjeux de pénurie de main-d’œuvre et de présence au travail sont toujours présents et se traduisent par des écarts importants en assurance salaire, en temps supplémentaire et en main-d’œuvre indépendante », lit-on dans un document présenté jeudi soir à la réunion du conseil d’administration de l’organisation.

Le reste du déficit accumulé provient notamment des dépenses en médicaments, des honoraires d’avocats et des expertises médicales.

Le CISSSO a toutefois « une obligation légale d’avoir un budget en équilibre », a rappelé le présidente-directrice générale par intérim de l’organisation, Josée Filion, d’où l’élaboration d’un plan de retour à l’équilibre budgétaire pour le 31 mars 2020.

« C’est mission impossible de terminer l’année financière 2018-2019 en équilibre, donc on a la possibilité de reprendre justement le volet budgétaire et d’assurer qu’on est en équilibre sur une plus longue période de temps », a expliqué la grande patronne du CISSSO.

Les travaux visant à en arriver au plan de retour à l’équilibre budgétaire ont notamment porté sur « les dépenses associées aux médicaments oncologiques » et « le volet de l’assurance salaire », a fait savoir Mme Filion.

Le plan adopté jeudi soir prévoit la récupération de 2,5 millions $ grâce à la « santé organisationnelle », en assurant une baisse du taux d’absentéisme. 

Le reste des dépenses à réduire pour arriver à un équilibre budgétaire sont entre autres liées aux « fournitures médicales » et à la « révision des pratiques clinique et de la pertinence clinique et thérapeutique ». Un montant de 2,7 millions $ proviendra aussi d’un « résiduel temporairement disponible » du financement octroyé par Québec pour assurer une équité entre les régions.

« Dans les travaux que nous avons à faire, notre objectif est de maintenir et de consolider l’offre de services à la population », assure Mme Filion.

Alors que la Coalition avenir Québec a maintes fois affirmé que le réseau de la santé de l’Outaouais souffre d’un sous-financement, la grande patronne du CISSSO affirme que cet aspect « fait partie des discussions » avec le ministère de la Santé.

Mme Filion note cependant que selon le rapport de l’accompagnateur Sylvain Gagnon, le CISSSO a « des sommes suffisantes » pour s’acquitter de sa mission. 

« Toutefois, il faut s’assurer de l’allocation des ressources financières au bon endroit, de là l’importance de revoir nos façons de faire et de s’inscrire dans un processus d’amélioration », a-t-elle mentionné.