La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Lyne Plante

Les infirmières craignent «un retour aux années 1940» au CISSSO

C’est ni plus ni moins qu’« un retour aux années 1940 » et un « été d’enfer » que craint le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) si l’employeur persiste dans sa volonté d’imposer des mesures jugées abusives par les salariées.

Le SPSO avait convoqué la presse, lundi matin, pour dénoncer l’attitude du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) tant dans la préparation des horaires estivaux que dans les négociations locales.

La présidente du SPSO, Lyne Plante, affirme que diverses mesures ont été proposées au CISSSO pour que les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes « puissent passer un meilleur été », entre autres avec la confection d’un horaire estival complet plutôt qu’un mois à la fois.

Selon le syndicat, les discussions à ce sujet ont toutefois achoppé en raison d’éléments qui seraient exigés par le CISSSO pour la gestion des remplacements.

Mme Plante affirme entre autres que l’employeur veut pouvoir bannir de la liste de rappel, pendant trois mois, les salariées qui ne respecteraient pas leurs disponibilités d’heures supplémentaires pour la période de mai à octobre. Une employée qui ne respecte pas ses disponibilités deux autres fois « serait bannie à vie de la liste de rappel », soutient le SPSO.

« C’est un retour aux années 1940, c’est abusif et punitif, s’insurge Lyne Plante. [...] Dans la vie de tous les jours, ça fait que tu te lèves un matin et tu penses que tu es en congé, mais tu es obligée de rentrer. Tu ne peux plus rien prévoir. La conciliation travail-famille est rendue inexistante. Ce sont des conditions de travail inhumaines. »

Dans une réponse écrite, le CISSSO affirme que « contrairement» à ce qu’avance le SPSO, il « poursuit l’analyse de solutions alternatives visant le mieux-être du personnel et le maintien de l’offre de services à la population pour la période estivale ».

Le syndicat affirme par ailleurs que le CISSSO  a « imposé des mesures de représailles en suspendant les séances de négociation locale qui devaient avoir lieu » récemment. Toujours selon le SPSO, l’employeur veut être en mesure de modifier des horaires de travail « à quelques heures d’avis » et souhaite pouvoir déplacer une salariée en dehors de son milieu de travail « s’il y a un manque d’effectifs ailleurs ».

Le CISSSO rétorque à cet égard que deux rencontres de négociations ont été annulées « afin de prendre le temps de réévaluer le changement d’orientation du syndicat dans le dossier », tout en soulignant que la rencontre prévue ce jeudi aura lieu tel que prévu.

L’organisation affirme qu’elle « souhaite toujours parvenir à une entente négociée localement », et maintient sa confiance envers ses représentants aux tables de négociations. Toutefois, « afin de ne pas nuire aux processus en cours, l’organisation refuse de négocier sur la place publique ».

Le SPSO invite pour sa part ses membres à se présenter à la prochaine réunion du conseil d’administration du CISSSO, la semaine prochaine. « Nous demandons que le conseil d’administration ordonne à la direction de non seulement reconsidérer les mesures estivales, mais aussi de reprendre les négociations locales de bonne foi, a indiqué Mme Plante. Compte tenu du contexte de pénurie, il importe que les propositions de l’employeur visent prioritairement la rétention et l’attraction ».

Les membres du SPSO devraient par ailleurs accroître leurs moyens de pression prochainement. « Si on n’a pas une plus grande réception de l’employeur [...] je pense que le mot n’est pas exagéré, on va vivre un été d’enfer », laisse tomber Lyne Plante.