Habituellement, après la création d'une faculté satellite, plus d'omnipraticiens s'établissent dans la région en question.

Les facultés de médecine satellites ont fait leur preuve

L'Outaouais devrait observer des améliorations dans son réseau de santé, si le projet de faculté satellite de médecine se concrétise. C'est du moins l'avis des acteurs du milieu médical qui ont vécu la création du même type de campus dans d'autres universités.
En Mauricie, l'Université de Montréal a ouvert un campus délocalisé à Trois-Rivières en septembre 2004. Dix ans plus tard, les effets se font clairement sentir.
«On a pu observer plusieurs effets sur les soins à la population. Est-ce que tout est dû au projet d'enseignement médical? Je ne sais pas. Mais on a vu une augmentation importante des effectifs médicaux», explique le DrRéjean Duplain, vice-doyen associé au campus de l'Université de Montréal en Mauricie.
Entre 2004 et 2012, la Mauricie a accueilli 125 nouveaux omnipraticiens et 105 médecins spécialistes de plus sur son territoire.
Si le lien de cause à effet n'est pas clairement établi, le DrDuplain observe que le recrutement était difficile dans les 10 années précédant l'ouverture du campus, «et tout d'un coup, il y a eu une montée en flèche».
Selon un sondage mené en 2013 auprès des nouveaux médecins en Mauricie, 60% des répondants ont indiqué que l'enseignement était l'un des attraits les ayant incités à opter pour la région.
L'arrivée du campus délocalisé en Mauricie a entraîné d'autres répercussions: quatre nouveaux groupes de médecine familiale ont vu le jour, tandis que le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières a obtenu une désignation universitaire.
De son côté, l'Université de Sherbrooke a ouvert un campus délocalisé à Saguenay et un à Moncton, à l'automne 2006.
Au départ, trois objectifs ont été établis, soit l'augmentation du nombre de diplômés en médecine, la hausse du nombre d'omnipraticiens et de médecin en spécialité, et enfin, la formation de médecins qui vont s'établir en région. «C'est clair qu'on a atteint le premier objectif autant à Trois-Rivières, à Saguenay qu'à Moncton. Pour le moment on a seulement les résultats pour les omnipraticiens. On voit qu'ils s'établissent en pourcentage plus élevé en région», constate DrGrand'Maison, directeur du bureau des relations internationales à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.
Il remarque que les médecins déjà formés sont plus nombreux à s'établir dans ces régions pour pratiquer et contribuer à l'enseignement, depuis la création des campus délocalisés.
Autre effet positif, ces professionnels donnent une image plus reluisante de leur pratique. Le DrGrand'Maison observe que les étudiants sont plus nombreux à opter pour la médecine familiale puisqu'ils côtoient des omnipraticiens.
Les régions gagnantes
L'arrivée de plus en plus probable d'une faculté satellite de médecine en Outaouais serait avantageuse pour la région? «Je l'espère!» répond le vice-doyen associé au campus de l'Université de Montréal en Mauricie. «C'est un modèle intéressant. On voit que ces projets-là débordent et l'apprentissage est différent.»
Même son de cloche chez son collègue de Sherbrooke. «Vous parlez à un convaincu, lance M. Grand'Maison, en riant. Les impacts se feront sentir, j'en suis certain.»
Rappelons que la Direction de l'enseignement médical a déposé des recommandations en faveur de l'implantation d'une faculté satellite de médecine en Outaouais le 30 janvier dernier. La première cohorte compterait 24 futurs médecins qui étudieraient dans la faculté de médecine de l'Université McGill délocalisée en Outaouais dès septembre 2016.
Présentement, 56% de la population de l'Outaouais a accès à un médecin de famille.