L’Hôpital d’Ottawa devient seulement le quatrième établissement au Canada à posséder une boîte noire chirurgicale, le premier à l’extérieur de la région du Grand Toronto.

Les boîtes noires arrivent à l'Hôpital d'Ottawa

L’Hôpital d’Ottawa installe un système de collecte de données dans une de ses salles de chirurgie, un prototype inspiré des boîtes noires dans le domaine de l’aviation.

L’appareil qui compile toutes les images, l’audio et les signes vitaux du patient a été développé par l’équipe du Dr Teodor Grantcharov à l’Hôpital St. Michael, à Toronto. L’Hôpital d’Ottawa devient seulement le quatrième établissement au Canada à posséder une boîte noire chirurgicale, le premier à l’extérieur de la région du Grand Toronto.

Dans la capitale fédérale, c’est le professeur de l’Université d’Ottawa et anesthésiologiste à l’Hôpital d’Ottawa, Dr Sylvain Boet, qui mènera l’étude à partir des données collectées par cette boîte noire.

La recherche se veut complémentaire à d’autres études conduites avec cet appareil, à Toronto et en Europe. L’équipe du Dr Boet va se concentrer sur la communication et le travail d’équipe durant une intervention chirurgicale.

« Dans l’histoire, le deux tiers des accidents d’avion impliquent des facteurs humains. Les premières études dans le domaine de la santé suggèrent que c’est à peu près les mêmes proportions pour les complications après une chirurgie, explique le chercheur. Si on n’identifie pas les zones où on peut s’améliorer, on ne peut pas améliorer la qualité des soins. Personnellement, je suis convaincu que c’est quelque chose qui a de l’avenir et qui va permettre de nous améliorer grandement. »

Parmi les erreurs de communication qui peuvent survenir, le Dr Sylvain Boet donne l’exemple d’un spécialiste qui injecte un médicament à un patient, sans annoncer assez clairement ce qu’il a fait.

« Une des bonnes pratiques qui est recommandée, c’est de l’annoncer à voix haute pour que tout le monde sache que le médicament est injecté. Si un des professionnels de la santé observe une réaction anormale sur un des paramètres du patient, on peut le lier au médicament injecté. »

De la même façon que l’analyse systématique des boîtes noires après chaque vol a permis de réduire de façon importante le nombre d’accidents, le Dr Boet croit que le nouvel outil acquis par l’Hôpital d’Ottawa possède un potentiel énorme. 

La boîte noire chirurgicale pourrait même être exportée dans la majorité des hôpitaux canadiens si les études en cours sont concluantes.

« Personnellement, je suis convaincu que c’est quelque chose qui a de l’avenir et qui va permettre de nous améliorer grandement », affirme le chercheur de l’Université d’Ottawa.