La saison des allergies semble être plus persistante cette année en raison des caprices de Dame Nature.

Les allergies en hausse cette année en Outaouais

Des éternuements qui n’en finissent plus au picotement de la gorge en passant par la congestion nasale, la saison des allergies est un peu plus pénible qu’à l’accoutumée cette année dans la région, à en croire les spécialistes de la santé.

La météo est entre autres à pointer du doigt pour expliquer la situation, dit-on. Après un printemps qui a tardé à s’installer et qui a été marqué par des températures fraîches, la chaleur et l’humidité ont subitement pris le dessus à la mi-juin.

Difficile toutefois de prouver, statistiques à l’appui, à quel point les cas de rhinite saisonnière sont pires que par le passé, affirme le Dr Simon Hotte, immunoallergologue à la superclinique Médigo.

« C’est sûr que c’est une saison difficile, mais c’est dur à évaluer. On ne fait pas une échelle de sévérité sur chacun des patients. Sauf qu’avec le fait que le printemps a été plus tardif et que ça s’est réchauffé abruptement, tous les arbres ont commencé à polliniser en même temps. Une grande concentration de pollen a été libérée rapidement et avec le temps chaud et humide ces dernières semaines, ça augmente les symptômes chez les gens affectés. Certainement, les conditions environnementales favorisent une saison plus problématique. On sait que l’Outaouais est particulièrement problématique étant donné que nous sommes dans une vallée. On baigne dans le pollen, si on veut », explique-t-il.

Le réchauffement climatique est loin de faciliter les choses, ajoute Dr Hotte, qui soutient que la durée de la saison des allergies augmente et que le pollen peut devenir encore plus allergénique.

Malgré l’arrivée sur le marché de nouveaux agents thérapeutiques qui favorisent un meilleur contrôle des symptômes, il affirme que pour certains patients, c’est inefficace.

« Ceux-ci vont probablement bénéficier davantage d’un traitement de désensibilisation [administration répétée d’extraits allergéniques de pollens afin de prévenir ou supprimer les symptômes d’allergies en rendant le système immunitaire moins hypersensible aux allergènes], pour que le corps s’habitue. Un certain pourcentage de gens n’auront carrément plus besoin de médication. C’est efficace pour une grande proportion de patients, mais ce sont des traitements à long terme, on parle par exemple d’injections échelonnées sur trois à cinq ans », lance-t-il.

Pour l’instant, la désensibilisation est disponible pour le pollen de gazon ou de l’herbe à poux, mais il faudra attendre possiblement jusqu’en 2021 pour celui des arbres, spécifie le Dr Hotte.

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« Des armes plus efficaces »

Selon le pharmacien Daniel Coulombe, la saison des allergies a été décalée cette année. « Pour moi-même, ç’a duré peut-être un mois plutôt que deux semaines. C’était plus intense, oui. Avec la fonte des neiges plus tardive, tout a été retardé. Mais je n’ai pas constaté une recrudescence du nombre de cas. J’ai suggéré un peu plus souvent des pompes à cortisone, qui sont maintenant en vente libre depuis deux ans. Ça aide énormément à stabiliser les sécrétions d’histamine. Il y a moins de larmoiement, de toux et de picotement. On a des armes plus efficaces qu’avant pour combattre les allergies », soutient-il.

Quant au pharmacien Jonathan Banville, il n’est pas prêt à parler d’une saison plus intense.

« Pour être très honnête, je n’ai pas remarqué que c’était pire cette année. J’ai vu une hausse graduelle depuis que je suis pharmacien et évidemment que lorsque c’est chaud et sec, c’est plus problématique. On voit une augmentation, mais rien de fulgurant. On est mieux outillés pour répondre à cela », affirme-t-il.

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EN CHIFFRES...

19 %

Pourcentage de la population de l’Outaouais touchée par la rhinite allergique (rhinite allergique chronique, rhume des foins et allergies à herbe à poux), comparativement à 17 % ailleurs au Québec selon le diagnostic d’un médecin

61 300

Nombre approximatif de personnes qui vivent avec cette condition dans la région 

Source : CISSSO/Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015 (personnes de 15 ans et plus)

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EN MOTS...

  • La rhinite saisonnière, aussi appelée rhume des foins, est une réaction allergique causée par l’exposition aux pollens. Elle est causée principalement par le pollen de l’herbe à poux et débute habituellement au printemps, lorsque certains arbres pouvant causer des allergies libèrent leur pollen dans l’air. 
  • Les réactions allergiques causées par les différents pollens se manifestent à peu près aux mêmes périodes chaque année, soit de mars à juin (pollen des arbres et des arbustes), de mai à octobre (pollen des graminées, tels que le gazon, le foin, le pâturin et le brome) ainsi que de juillet à octobre (pollen de l’herbe à poux).
  • Parmi les symptômes causés par la rhinite saisonnière, on retrouve la congestion nasale, le larmoiement, les éternuements à répétition, les maux de tête, la rougeur des yeux, l’écoulement nasal clair et abondant ainsi que le gonflement des paupières.
  • Des effets secondaires peuvent aussi être ressentis sur la qualité de vie de la personne allergique, par exemple de la fatigue, de l’irritabilité et des troubles du sommeil.

Source : ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec