L'engagement des médecins de la région sera primordial

Des précisions doivent encore être apportées quant au modèle de faculté satellite de médecine que voudront implanter en Outaouais l'Université McGill et ses partenaires. Une chose est certaine cependant, c'est que l'engagement des médecins de la région dans les activités de formation sera primordial pour assurer la mobilisation et la participation du milieu médical local dans le projet, soutient un spécialiste.
«Si l'Université McGill arrive chez vous avec ses professeurs, le milieu médical de votre région va automatiquement moins se sentir concerné et ce n'est pas une condition de succès», prévient Gilles Bergeron, professeur au département de sciences économiques et administratives à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
Ce dernier a mené une étude sur les impacts économiques et sociaux de l'implantation, en 2006, d'une faculté satellite de médecine à Saguenay. «Chez nous, la collaboration se fait avec l'Université de Sherbrooke, précise-t-il. La distance a fait en sorte que la question de la provenance des médecins ne s'est pas vraiment posée. Nous avons développé notre propre corps professoral avec nos médecins. La mobilisation est la seule façon de développer une véritable communauté médicale et nous avons très bien réussi.»
Gilles Bergeron explique que les impacts positifs de la création du Programme de formation médicale à Saguenay (PFMS) sont nombreux, tant sur le réseau de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean que sur la notoriété de l'UQAC.
«Donner la formation en médecine à Saguenay est une opportunité de montrer la réalité de la pratique médicale en région et de favoriser un ancrage territorial pour la rétention des étudiants, explique M. Bergeron dans son étude. L'enseignement agit non seulement comme facteur attractif pour les médecins, mais comme catalyseur des compétences médicales.»