Les parents dont l’enfant présente un TDAH font preuve d’une très faible compassion envers eux-mêmes, quand on les compare aux parents dont l’enfant du même âge n’a pas de TDAH.

Le yoga aiderait les parents d'enfants souffrant de TDAH

MONTRÉAL — Les parents d’enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont particulièrement durs envers eux-mêmes, mais le yoga semble en mesure de leur venir en aide, affirme une chercheure de l’Université Laval qui a discuté de ses travaux en primeur avec La Presse canadienne.

Quelques 600 parents d’enfants de 8 à 11 ans et présentant ou non un TDAH ont répondu à un questionnaire mis en ligne plus tôt cette année par la docteure Nancie Rouleau, qui enseigne à l’École de psychologie de l’Université Laval, et ses collègues.

Première constatation : les parents dont l’enfant présente un TDAH font preuve d’une très faible compassion envers eux-mêmes, quand on les compare aux parents dont l’enfant du même âge n’a pas de TDAH.

« Ce que ça veut dire dans la vie, c’est qu’ils ont une autocritique plus élevée, ils sont plus durs envers eux-mêmes qu’ils ne le seraient envers quelqu’un d’autre, a expliqué Mme Rouleau. Cette petite voix critique intérieure que nous avons tous, chez eux elle est particulièrement élevée. Si on ajoute à ça le jugement qu’ils reçoivent parfois dans les médias et dans la société, ils n’ont pas besoin de se faire critiquer à ce point-là ; ils le font suffisamment eux-mêmes. »

Les chercheurs veulent éventuellement développer un programme d’intervention basé sur les pratiques contemplatives comme la méditation, le yoga et le taï-chi.

Ils se sont donc demandés si les niveaux de pleine conscience - à savoir d’être dans le moment présent, d’être pleinement conscient des émotions et des pensées et même des sensations physiques que l’on ressent à chaque instant de la journée - et de compassion pour soi des parents sont associés à la pratique du yoga, particulièrement.

« On a demandé aux parents s’ils avaient déjà pratiqué le yoga de façon soutenue, donc au moins une fois par semaine pendant au moins quatre mois, et est-ce que vous le pratiquez actuellement, a précisé Mme Rouleau. On a vu un effet très significatif de la pratique du yoga. »

Les parents qui ont un enfant TDAH et qui ont une pratique actuelle du yoga, a-t-elle dit, ont des niveaux de compassion pour soi et de pleine conscience significativement plus élevés que les parents d’enfants TDAH qui ne le pratiquent pas.

Cela porte donc à croire que la pratique du yoga pourrait améliorer la compassion pour soi et la pleine conscience, et qu’elle pourrait éventuellement réduire le stress parental — l’écart entre les demandes et les exigences auxquelles le parent doit répondre dans son rôle de parent et les capacités qu’il a l’impression de posséder afin de pouvoir satisfaire à ces demandes-là.