Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais continue de dénoncer les conditions de travail au CISSS de l'Outaouais.

Le Syndicat des professionnelles en soins pourrait déposer des griefs

Des griefs pour « intimidation » et « harcèlement » pourraient être déposés par le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) en raison de l’attitude de cadres du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

En plein cœur de la nuit de lundi à mardi, la tension était forte à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, où les infirmières ont observé un sit-in en raison du manque de ressources. Au même moment, une cinquantaine de patients y occupaient des civières.

Une infirmière a raconté au Droit, sous le couvert de l’anonymat, que trois professionnelles du quart de soir ont été « ciblées » par des gestionnaires pour effectuer des heures supplémentaires obligatoires pendant la nuit.

« [Elles] ont été rencontrées et ont été intimidées, elles se sont fait dire qu’elles n’avaient pas le choix, ils les faisaient sentir cheap et elles se faisaient dire qu’elles ne voulaient pas être solidaires avec leur équipe. Elles sont sorties en pleurant. »

L’une des trois professionnelles à qui l’employeur a demandé de rester sur une base obligatoire a pour sa part confié qu’une cadre a évoqué de possibles sanctions. « Ils ont dit que si je n’assurais pas les soins, que les patients seraient en danger par ma faute, dit-elle. On nous a dit que ce n’était pas une option, que c’était une obligation. »

Le président par intérim du SPSO, Patrick Guay, était aussi sur place. « Les filles ne sont plus capables, dénonce-t-il. Elles sont écœurées, l’élastique est étiré au maximum. »

Selon M. Guay, « il y a eu des menaces de mesures disciplinaires » de la part de l’employeur afin de convaincre des professionnelles de rester à l’urgence après leur quart de travail.

Le SPSO souligne toutefois que le code de déontologie des infirmières prévoit qu’elles sont « les seules personnes aptes à juger de leur capacité à rester ».

« Les filles se sont senties harcelées, rapporte M. Guay. La solution pour l’employeur, c’était encore et toujours le temps supplémentaire obligatoire, malgré le fait que les filles disaient qu’elles n’étaient pas capables de rester. »

Le syndicat n’écarte donc pas la possibilité de déposer des griefs « pour intimidation ou harcèlement » dans ce dossier.