Comme le SRIVO doit fermer ses portes, le CISSSO cherche activement une solution, à tout le moins temporaire, pour assurer que les malentendants de la région puissent recevoir les services.

Le SIVRO suspend ses services

En situation précaire depuis quelques années, le Service régional d’interprétation visuelle de l’Outaouais (SRIVO) suspend ses services pour une durée indéterminée.

La directrice générale de l’organisme, Nathalie St-Laurent, est désormais seule et maintient le SRIVO sur le respirateur artificiel. Si elle ne réussit pas à obtenir le financement nécessaire à une relance d’ici le 9 octobre, elle mettra définitivement la clé dans la porte.

« Ça fait presque dix ans que l’organisme demande un rehaussement du financement pour être capable d’égaler les salaires de l’Ontario. Les interprètes en Ontario gagnent presque le double du salaire au Québec », soutient Mme St-Laurent.

Depuis 2012, le SRIVO avait une entente de service avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) qui le finançait pour aider les malentendants à recevoir l’aide d’interprètes durant des rendez-vous médicaux, par exemple. Ce pacte venait à échéance le 31 mars dernier et n’a pas été renouvelé par le CISSSO.

Pour Nathalie St-Laurent, cette décision suit un différend entre le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) qui a voulu revoir son cadre normatif en 2016. Le MSSS et l’OPHQ n’interpréteraient pas le document mis à jour de la même façon et les CISSS auraient maintenant la responsabilité de déterminer comment ils financeront les services d’interprétation.

« Le CISSSO a constaté qu’il paie pour des services autres que la santé. Je ne peux pas parler pour eux, mais je crois que c’est la raison pour laquelle ils ont arrêté l’entente de services qu’on avait depuis 2012. »

L’adjoint au président-directeur général du CISSSO, Benoît Gauthier, rejette catégoriquement cette hypothèse. Selon lui, il n’a jamais été question d’abandonner l’offre de services aux personnes qui vivent avec une surdité.

« Dès l’automne dernier, le SRIVO nous a signifié par lettre qu’il n’était plus en mesure d’assurer les services, faute de disponibilité d’interprètes et autres. On a travaillé avec eux au cours des derniers mois et ils nous ont mentionné qu’il était difficile pour eux de maintenir l’entente de services », explique M. Gauthier.

Même si l’entente de service n’a pas été renouvelée, le CISSSO a continué de financer le SRIVO. 

Les sommes distribuées ont même été majorées de façon à améliorer la rémunération des interprètes de l’organisme, insiste Benoît Gauthier. 

Comme le SRIVO doit fermer ses portes, le CISSSO cherche activement une solution, à tout le moins temporaire, pour assurer que les malentendants de la région puissent recevoir les services. L’adjoint au PDG ajoute qu’il est confiant de pouvoir offrir l’équivalent des services fournis par le SRIVO pour le même prix.

« Les modalités, vous comprendrez qu’à court terme, je ne suis pas en mesure de détailler ce qui sera offert, mais notre volonté, c’est d’avoir une offre de services qui excède la santé et les services sociaux. Tout ce qui est organisme public devrait également être couvert », conclut M. Gauthier qui invite les gens inquiets à contacter le CISSSO s’ils ont des questions sur les changements à venir.