En Outaouais, une personne sur cinq souffre d'allergies causées par la présence de pollens dans l'air, selon des données de la Direction de la santé publique de l'Outaouais.

Le «rhume des foins» arrive en ville

Nez qui coule, éternuements, congestion, picotements dans les yeux, maux de tête... Comme c'est le cas tous les ans à cette période de l'année, l'herbe à poux entrera au cours des prochains jours dans sa phase de pollinisation, au grand dam des personnes allergiques aux pollens de cette plante considérée nuisible par les autorités.
En Outaouais, une personne sur cinq souffre d'allergies causées par la présence de pollens dans l'air, selon des données de la Direction de la santé publique de l'Outaouais. 
À l'échelle de la région, c'est Gatineau qui abrite la plus importante quantité d'herbe à poux sur son territoire. 
« Dans toutes les basses terres de la rivière des Outaouais, on en retrouve une grande concentration. On sait que la plante pousse dans les milieux où la terre est plus sèche et de moins bonne qualité », explique Gille Delaunais, agente de recherche en santé environnementale à la Direction de la santé publique de l'Outaouais.
Si certains croient que de plus en plus de personnes développent des allergies aux pollens, il s'agit en fait d'une légende urbaine. 
La tendance démontre plutôt une gradation dans l'intensité des symptômes associés à cet allergène, fait valoir Mme Delaunais, qui précise que les changements climatiques observés depuis la dernière décennie expliquent en grande partie ce phénomène. 
« Avec les températures plus chaudes et humides et la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère que nous avons, le pollen se disperse moins et devient plus concentré dans l'air. Les gens allergiques réagissent encore plus à l'herbe à poux », explique la spécialiste. 
Initiatives abandonnées 
La Ville de Gatineau a tenté différentes méthodes ces dernières années pour venir à bout du fléau et réduire le nombre de plants. Une campagne d'arrachage où les citoyens étaient invités à se rendre à un lieu identifié par la Ville a obtenu un certain succès en 2014 et 2015. Au cours de ces deux étés, 3,8 tonnes d'herbe à poux avaient été arrachées, principalement dans le Vieux-Hull. 
Cette campagne a cependant été mise au rencart, faute de participation citoyenne. « De plus, les recherches récentes ont démontré que la tonte régulière constitue le moyen le plus efficace, notamment en raison du coût, comparativement à l'arrachage », souligne Hélène Lachance, du service des communications à la Ville de Gatineau. 
Un projet pilote misant sur le remplacement de la plante nuisible par du lotier corniculé et du trèfle a aussi été mis en branle par la suite, en collaboration avec l'organisme Enviro Éduc-Action. Les résultats du projet se sont avérés non concluants. Gatineau a décidé de favoriser la sensibilisation et la tonte régulière de la pelouse sur ses terrains, en juillet et août, afin d'éviter la pollinisation, note Mme Lachance.
De l'autre côté de la rive, la Ville d'Ottawa ne dispose pas d'un programme de gestion spécifique dédié à la lutte à l'herbe à poux, nous dit-on.
Quoi qu'il en soit, aux dires de Gille Delaunais, il demeure peu probable qu'on puisse un jour faire disparaître complètement la plante des municipalités touchées. « Pour une grande ville, c'est extrêmement difficile d'éradiquer la plante. Mais ça peut fonctionner dans un quartier. On l'a vu il y a quelques années dans le secteur du Manoir des Trembles où les gens ont fini par arracher tous les plants après quelques étés. Pour que ça fonctionne, ça prend l'engagement de tout le monde », dit-elle.
Des applications pour gérer ses allergies
De nombreux outils technologiques ont fait leur apparition au fil des ans dans le but d'aider les personnes aux prises avec des symptômes d'allergies.
L'entreprise Les Laboratoires de recherche d'aérobiologie, qui se spécialise dans l'analyse de pollen et des spores fongiques atmosphériques sur le territoire nord-américain, a lancé au printemps dernier deux applications pour téléphones intelligents destinées au public canadien.
L'une d'elles s'adresse aux personnes souffrant d'allergies aux pollens alors que l'autre est destinée aux animaux de compagnie qui peuvent aussi être atteints de rhinite saisonnière. Les deux applications gratuites fournissent notamment les niveaux de pollen globaux dans l'air ainsi que les prévisions qui sont exactes à un taux de plus de 82 % par rapport aux résultats réels.
« Les personnes souffrant d'allergies peuvent opter pour la version haut de gamme, afin de constater les niveaux spécifiques de pollen et de moisissure auxquels elles sont allergiques. Par ailleurs, vous obtiendrez des conseils pour minimiser leurs effets, vous serez à même de faire un suivi de vos symptômes et vos médicaments et d'en faire un parallèle », note l'entreprise, à propos de son produit. Pour télécharger, il suffit d'écrire le mot-clé Aérobiologie dans Apple Store ou Google Play.