C’est un microbe nommé norovirus qui cause la plupart des cas de gastroentérite dans le monde — ce qui, disons-le, fait un sacré paquet.

Le repaire de la gastro dévoilé

Ça ne diminuera pas les débits de fluides corporels, ça ne changera pas de lit d’enfant en pleine nuit, pas plus que ça ne lavera les draps. Mais une équipe de chercheurs américains vient quand même de faire une belle percée au sujet d’un des ennemis les plus cruels des parents qui ont de jeunes enfants : la gastro.

C’est un microbe nommé norovirus qui cause la plupart des cas de gastroentérite dans le monde — ce qui, disons-le, fait un sacré paquet. Mais malgré sa grande abondance, on ignorait quel type de cellule il infecte. On savait bien sûr que ces cellules étaient quelque part dans l’intestin, mais il y a beaucoup de cellules différentes là-dedans.

Or une équipe dirigée par Herbert W. Virgin, de l’Université Washington, avait fait une drôle de trouvaille à ce propos, récemment : elle avait montré que les norovirus s’accrochent à un récepteur particulier présent sur l’extérieur de certaines cellules… mais pas vraiment celles de l’intestin. Il s’agissait plutôt de récepteurs associés à des cellules immunitaires qui sont présentes, mais rares sur la paroi intestinale.

Expériences

Dans une série d’expériences décrites dans le dernier numéro de la revue Science, l’équipe de M. Virgin a montré que ce sont bel et bien des cellules immunitaires que le norovirus attaque, d’un type nommé cellules tuft. Celles-ci n’aident pas à la digestion, mais elles ont des espèces de «micro tentacules» qu’elles laissent traîner dans l’intestin et qui servent à détecter les vers pathogènes. Notons que les cellules tuft, qui ont reçu beaucoup d’attention de la communauté scientifique depuis quelques années, remplissent également d’autres fonctions dans l’intestin — comme de réguler la prolifération des autres cellules de la paroi intestinale.

«C’est vrai que le mécanisme d’infection du norovirus n’est pas encore clair, et ce nouveau papier-là vient apporter des éclaircissements», commente la chercheuse de l’Université Laval Julie Jean, qui n’était pas impliquée dans l’étude, mais qui a travaillé sur sa transmission par les aliments.

Il est bien difficile de dire si cette découverte mènera un jour à un médicament ou un vaccin, poursuit-elle. Mais on peut du moins espérer qu’elle aidera à étudier le norovirus. Pour l’heure, dit Mme Jean, un seul laboratoire dans le monde est parvenu à faire se multiplier la version humaine du virus. 

«Avec ces nouvelles informations-là, on va peut-être être capable de travailler plus sur des norovirus humains, parce qu’en ce moment, on doit travailler sur des norovirus murins [de souris, ndlr]. Si on pouvait faire de analyses directement sur le virus qui nous intéresse plutôt que de faire des extrapolations à partir du virus murin, ça pourrait aider», explique la chercheuse.