Mélanie Lepage a profité du Moment de reconnaissance du deuil périnatal pour témoigner de son parcours. Elle était accompagnée de sa fille Jessie lors de l’événement organisé à l’UQO.

Le premier Moment de reconnaissance du deuil périnatal

Le premier Moment de reconnaissance du deuil périnatal dans la région a eu lieu dimanche à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

L’événement a été organisé par le Centre d’études et de recherche en intervention familiale (CERIF) et réunissait des parents qui ont perdu leur enfant pendant la grossesse ou dans les 28 jours suivant celle-ci.

La directrice du CERIF et professeure en sciences infirmières à l’UQO, Francine de Montigny, explique l’idée derrière ce premier rassemblement du genre en Outaouais.

« Les parents de la région qui ont vécu un deuil périnatal ont besoin d’un moment pour se souvenir de leur bébé. C’est important pour eux de déposer leur peine entourés de leur réseau de soutien ou encore de parents qui ont vécu le même drame qu’eux. »

Mme de Montigny qualifie l’événement de moment « à la fois triste et festif. C’est un moment où on se retrouve et où on voit le progrès qu’on a fait dans notre parcours. »

Elle ajoute qu’il s’agit d’une occasion de « transmettre ce qu’on a appris au niveau des recherches sur le sujet en se centrant sur le moment de la reconnaissance ou la non-reconnaissance du deuil périnatal ».

Pour la professionnelle de recherche au CERIF, Sabrina Zeghiche, ce rassemblement est une opportunité de « briser la solitude qui va accompagner le deuil périnatal, mais aussi de briser le silence qui rend ce deuil invisible ».

Sabrina Zeghiche

« Le silence est aussi éloquent que les mots. C’est important de pouvoir mettre des mots sur ces expériences, même si ces mots sont impuissants à refléter la complexité du deuil. »

Mme Zeghiche a aussi pris le temps de souligner le deuil que vivent les pères. « C’est une double peine. Non seulement ils subissent la non-reconnaissance, si non-reconnaissance il y a, mais la société se fait une image du père qui doit soutenir sa conjointe. C’est comme s’ils devaient s’interdire de vivre ces émotions-là pour être le pilier du couple. »

Témoignages

Trois parents directement touchés par le deuil périnatal sont venus offrir de vibrants témoignages aux autres parents rassemblés.

Mélanie Lepage se souvient « d’avoir eu à justifier ma souffrance et à convaincre les gens que ma peine était légitime et qu’elle n’était pas exagérée. J’ai eu à presque demander l’autorisation d’être en deuil. »

Mme Lepage explique que la douleur de sa perte a été apaisée par des gestes de compassions. « Je me souviens surtout de ces moments de reconnaissance qu’on m’a offerte sans que je le demande. Laisser un parent être en deuil, c’est le plus beau cadeau qu’on peut lui faire. »

D’ailleurs, Mme de Montigny se dit être prête à répéter l’exercice l’année prochaine si la demande est présente.