Des résidents du Pontiac se sont rendus à Gatineau, lundi, pour manifester contre le bris de service d'obstétrique à l'hôpital de Shawville. 
Des résidents du Pontiac se sont rendus à Gatineau, lundi, pour manifester contre le bris de service d'obstétrique à l'hôpital de Shawville. 

Le Pontiac dénonce la fermeture de l’obstétrique

Une vingtaine de résidents et d’élus du Pontiac ont manifesté à Gatineau, lundi, pour dénoncer la crise de la pénurie de main-d’œuvre ayant forcé le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à fermer le service d’obstétrique de Shawville pour six mois.

Les manifestants se sont regroupés en matinée devant l’Hôpital de Hull, où la ministre Marguerite Blais confirmait l’ouverture d’une première Maison des aînés sur le boulevard Lionel-Émond. Ils ne digèrent pas que des femmes enceintes doivent mettre d’une à deux heures pour se rendre à Gatineau pour accoucher.

Desservi par le centre hospitalier de Shawville, le Pontiac est privé du service d’obstétrique au moins jusqu’en septembre en raison d’une pénurie d’infirmières.

Présent lors de la manifestation, le député de Pontiac, André Fortin, note que le réseau « réussit à attirer les infirmières ». « Le problème, c’est la rétention, dit-il. On ne réussit pas à les garder, car elles vont du côté de Renfrew [en Ontario], où on offre de meilleurs salaires. »

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Les gens ayant fait la route depuis Mansfield-et-Pontefract pour manifester auraient souhaité rencontrer la ministre Blais et son collègue ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe. Les deux ministres ont toutefois choisi de quitter l’Hôpital de Hull par une autre entrée que celle devant laquelle se trouvaient les manifestants.

Avant de partir, M. Lacombe a indiqué qu’il n’était « pas prévu » qu’il aille rencontrer les manifestants, en précisant ne pas avoir reçu de demande en ce sens. Il a réitéré que « dans les circonstances », le CISSSO avait « pris la meilleure décision » en procédant à la fermeture temporaire du service à Shawville.

Trois représentants des manifestants ont tout de même pu rencontrer la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, pendant quelques dizaines de minutes. Tout en affirmant avoir eu droit à une bonne écoute de la part de Mme Filion, la conseillère municipale de Mansfield-et-Pontefract Sandra Armstrong a indiqué qu’elle aurait aimé un plan de match pour que les mères du Pontiac puissent accoucher à Pembroke ou à Arnprior, sur la rivière ontarienne. « Ils vont travailler sur ça, a rapporté Mme Armstrong. Il n’y a pas de promesse, par contre. »

Le CISSSO mise sur la prochaine cohorte d’infirmières. Pour relancer le service, le CISSSO veut compter sur huit infirmières formées en obstétrique, alors qu’il n’en restait plus que trois.

Le CISSSO doit rencontrer des intervenants du Pontiac plus tard cette semaine. Les différents conseils municipaux du territoire pourraient de leur côté adopter des résolutions pour faire part de leurs inquiétudes au gouvernement.

Selon Mme Armstrong, la peur de perdre le service d’obstétrique pour plus de six mois est bien présente. « Ils disent qu’il n’y aura pas de problème dans six mois, mais dans six mois, si on n’a pas encore les infirmières, est-ce que ça va encore traîner d’autres mois ? Ça va aller jusqu’à quand ? Nous, on veut que ça arrête là, on a besoin des services maintenant pour que les mamans ne soient pas stressées. »

Au CISSSO, Mme Filion a indiqué que l’organisation n’a pas évalué la possibilité d’offrir une compensation monétaire aux familles qui devront parcourir des dizaines de kilomètres de plus pour un accouchement, et qu’aucune demande en ce sens n’avait encore été formulée. Elle soutient toutefois que cet aspect « fera partie des discussions » qui auront lieu cette semaine avec les maires du Pontiac.