Le ministre Mathieu Lacombe assure que le dossier de l’hôpital avance.

Le dossier de l’hôpital avance, assure Lacombe

Même si Québec alloue cinq mois au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour définir quels seront ses « besoins d’ajout de services » d’ici 2036, le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, assure que le gouvernement « n’attend pas ce plan-là » pour travailler sur le projet de nouvel hôpital de 170 lits.

Alors que le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, n’a pas trop voulu s’avancer sur la place que prendra la promesse caquiste de construire un nouvel hôpital dans le plan clinique réclamé par le ministère de la Santé, M. Lacombe n’hésite pas à dire que le document « va comprendre la réflexion […] au sujet du nouvel hôpital ».

Dans une lettre signée par le sous-ministre Yves Gendron, le ministère de la Santé demande au CISSSO d’élaborer un plan clinique dans « une perspective de l’an 2036 » d’ici le 30 juin prochain. M. Gendron y précise que ce plan devra ensuite faire l’objet d’une analyse au ministère. Les conclusions de cette analyse serviront ensuite à orienter « les études à effectuer dans une prochaine étape à autoriser », ajoute le sous-ministre, laissant entrevoir plusieurs phases à venir.

Le ministre Lacombe avait pour sa part affirmé, en campagne électorale, que la Coalition avenir Québec allait « court-circuiter le processus habituel » pour sauter des étapes et inscrire rapidement l’hôpital au Plan québécois des infrastructures (PQI).

En entrevue avec Le Droit, M. Lacombe assure qu’il « endosse toujours » cette déclaration. « Par contre, je vous rappelle que ce que j’ai vraiment dit, c’est qu’on allait sauter des étapes pour pouvoir aller plus rapidement pour que l’hôpital puisse se réaliser plus rapidement, a mentionné le ministre. C’est ce que j’ai dit et je le pense encore […] mais en même temps, ça ne veut pas dire qu’on va avoir un nouvel hôpital l’année prochaine. Ce qui a été dit en campagne électorale, c’est qu’on pourrait par exemple sauter l’étape où on doit se demander ‘est-ce qu’on a besoin d’un nouvel hôpital”. Ce besoin-là a déjà été démontré. »

Mathieu Lacombe souligne que le gouvernement n’attend donc pas le plan global des besoins régionaux dans un horizon de 2036 et que le travail est « déjà commencé » pour préparer le projet d’hôpital, qui coûtera « plusieurs centaines de millions de dollars ».

« On a de plus en plus d’informations qui nous parviennent et qui nous aident à préciser le projet, a-t-il poursuivi. […] Quant à savoir comment est-ce que, techniquement, on va mettre ça de l’avant dans le PQI et dans les budgets, quant à moi, c’est une considération technique qu’on pourra régler en temps et lieu. »

Est-ce que le prochain budget gouvernemental renfermera de l’argent pour cette promesse caquiste ? « C’est une question hypothétique à laquelle je ne répondrai pas aujourd’hui », a répondu M. Lacombe.

En ce qui concerne le plan de retour à l’équilibre budgétaire de 12,7 millions $ élaboré par le CISSSO, le ministre estime que même si son gouvernement reconnaît un sous-financement du réseau régional, l’organisation doit faire ses devoirs en fonction de la réalité actuelle. « Tous les CISSS au Québec ont des règles à respecter et le CISSSO ne fait pas exception, dit-il. Je pense qu’il se prête à l’exercice qui n’est pas facile, c’est certain, mais qu’il s’y prête en ce moment de la façon qui leur est demandée. »

La solution au sous-financement ne se règlera pas « en débarquant dans la région avec un chèque sous le bras », a-t-il mentionné, en précisant que le gouvernement souhaite une solution globale plutôt que plusieurs solutions « à la pièce ».