Bruno Bonneville.

Le CSSSG devra panser son budget

Les compressions annoncées par Québec en santé font mal au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG).
Son conseil d'administration a été informé, hier, qu'il se dirige tout droit vers un déficit de 8 millions$ pour l'année en cours.
Le président du c.a. du CSSSG, Bruno Bonneville, n'a pu s'empêcher de sortir de ses gonds, critiquant vertement les nouvelles compressions annoncées par Québec.
Selon lui, le ministère de la Santé traite le CSSSG comme celui d'un «village».
L'établissement a appris le 27 juin dernier qu'elle devra composer avec une diminution de 8,6 millions$ si elle veut atteindre l'équilibre budgétaire.
«Le CSSSG est le seul au Québec qui gère trois hôpitaux. On nous compare avec des établissements qui opèrent dans des conditions beaucoup plus idéales que nous. Ce qui fait qu'on est défavorisé au niveau du financement historique», affirme-t-il.
«On est au bout du rouleau. Notre personnel est épuisé. On les a sollicités énormément pour réaliser nos objectifs. À un moment donné, on ne pourra plus», ajoute-t-il.
Plus globalement, M. Bonneville souhaite que Québec reconnaisse pleinement la spécificité de l'Outaouais en matière de santé.
«On veut être financé à la hauteur de nos besoins. On est la population qui est le plus en croissance au Québec. On est la plus vieillissante. On ne demande pas de traitement de faveur. On demande d'être traité équitablement.»
M. Bonneville, estime que l'organisation commence à être à court de solutions pour diminuer ses dépenses.
«À un moment donné, il va falloir arrêter de faire croire au monde que ça n'a pas d'impact sur le niveau de service», dit-il.
26,7 M$ en compressions
Au total, le CSSSG a fait face à 26,7 millions en compressions cumulatives dans les cinq dernières années.
Selon M. Bonneville, il est irréaliste de croire que l'établissement peut arriver à l'équilibre budgétaire dans les délais serrés prévus par le gouvernement.
C'est pourquoi le CSSSG compte essayer de convaincre Québec d'étaler sur trois ans un plan de redressement. Le plan de réduction budgétaire dont les économies totaliseraient quelque 12 millions$, comprend d'ailleurs l'embauche d'un expert pour aider à «gratter les fonds de tiroirs».
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a promis en juin une rationalisation «agressive» qui pourrait entraîner des compressions de 600 millions$ dans la «bureaucratie» d'ici quatre ans.
M. Bonneville croit que le ministre se trompe de cible. Dans les dernières années, le CSSSG a supprimé plus 20 postes de cadres. Quatre autres postes de gestion devraient être abolies cette année, dit-il.