Selon le CISSSO, il y a de l’espoir pour l’amélioration de la situation des urgences en Outaouais. La région est toujours dernière de classe dans le palmarès des urgences de La Presse.

Le CISSSO voit le verre à moitié plein

Loin de cacher que des efforts restent à faire et qu’on ne peut se contenter de statistiques qui s’améliorent, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) voit une lueur d’espoir dans le palmarès des urgences publié par La Presse.

« On a tout de même cinq de nos six urgences qui sont dans le vert ou le jaune, c’est mieux. Il y a eu des améliorations dans quatre hôpitaux, alors je veux féliciter le personnel des urgences. Je pense que l’Outaouais peut être fier de ses urgences », affirme d’emblée le directeur adjoint des services professionnels du CISSSO, le Dr Nicolas Gillot.

Là où le bât blesse, dit-il, c’est à l’Hôpital de Hull (note de D+), dont la salle d’urgence a connu « un hiver particulièrement difficile en raison de l’intense épidémie de grippe ».

« Ç’a été très difficile, on a eu l’équivalent des trois pics d’épidémie des trois dernières années. Il y a eu plus de cas et sur une plus longue période, alors avec le fait que 30 lits de débordement n’étaient pas accessibles [en raison de la fermeture temporaire de l’édifice principal de l’Hôpital Pierre-Janet], on n’a pas été en mesure de s’améliorer autant que les autres. Ç’a joué beaucoup sur l’achalandage. Alors avec la réintégration des lieux prévue très bientôt (23 juillet), on s’attend à pouvoir mieux affronter la prochaine saison hivernale aux urgences », soutient le Dr Gillot.

Le manque de main-d’œuvre a aussi un rôle à jouer dans la prise en charge des patients, dit-il, tenant malgré tout à souligner la « résilience du personnel, qui fait bien son travail malgré les heures supplémentaires ».

Le Dr Gillot a entre autres cité en exemple le délai de prise en charge pour des problèmes aigus en cardiologie, qui s’est nettement amélioré dans la région. Dans 87 % des cas, les patients concernés sont pris en charge en moins de deux heures, alors que la proportion était auparavant de 67 %. En comparaison, la moyenne québécoise est de 44 %.

L’ouverture il y a un an de la superclinique MédiGo a certainement aussi contribué à améliorer les statistiques de la région, ajoute-t-il.

« Il y a eu des difficultés au départ pour des raisons techniques, mais là elle s’est dotée d’un logiciel pour faciliter la prise de rendez-vous et on commence à en récolter les fruits », de dire le Dr Gillot, qui croit que le projet de réorientation de patients vers les cliniques réseau ou les groupes de médecine familiale (GMF) ne peut qu’avoir des effets bénéfiques sur les urgences.

Les deux plus importants hôpitaux de la région ont beau être encore en queue de peloton du classement malgré les progrès dénotés, la direction du CISSSO préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

« Notre vision, ce n’est pas de regarder en arrière, mais de chercher à s’améliorer de façon continue », conclut-il.

Une reclassification toujours attendue

Les préposés aux bénéficiaires et les auxiliaires en santé et services sociaux qui travaillent en santé mentale en Outaouais attendent toujours d’être reconnus comme agents d’intervention en milieu psychiatrique. Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux en Outaouais (STTSSSO) a tenu jeudi une activité pour sensibiliser les employés du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à cette situation qui perdure. Cette revendication se fait toujours attendre en Outaouais alors que d’autres centres intégrés en santé au Québec ont déjà procédé à la reclassification, a souligné le STTSSSO. Le syndicat prévoit une mobilisation d’envergure en septembre devant l’hôpital Pierre-Janet afin de mettre de la pression sur l’employeur.

Le STTSSSO syndicat prévoit une mobilisation d’envergure en septembre devant l’hôpital Pierre-Janet afin de mettre de la pression sur l’employeur.