Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a décidé de fermer les portes de ses blocs opératoires aux patients de l’Ontario dont l’état de santé ne nécessite pas une chirurgie urgente, a appris <em>Le Droit</em>.
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a décidé de fermer les portes de ses blocs opératoires aux patients de l’Ontario dont l’état de santé ne nécessite pas une chirurgie urgente, a appris <em>Le Droit</em>.

Le CISSSO restreint l’accès des patients ontariens aux blocs opératoires

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a décidé de fermer les portes de ses blocs opératoires aux patients de l’Ontario dont l’état de santé ne nécessite pas une chirurgie urgente, a appris Le Droit.

Cela fera bientôt un an qu’une note de service a été envoyée à tous les chirurgiens du CISSSO pour les informer d’une nouvelle directive touchant l’accès aux blocs opératoires pour la « clientèle hors région » devant subir une intervention élective (non urgente).

Obtenu grâce à une demande d’accès à l’information, le document provenant de la direction des services professionnels et du chef de département de chirurgie souligne que « l’accès aux temps opératoires en Outaouais demeure difficile, et ce, en lien avec la pénurie de main-d’œuvre et au manque de lits d’hospitalisation ».

La note de service précise que malgré des démarches pour « optimiser l’accès au temps opératoire », le problème persiste. « Dans ce contexte, et ce à compter de maintenant, aucune nouvelle requête pour une chirurgie élective pour la clientèle en dehors du Québec [ne] sera acceptée », lit-on dans le document daté du 7 mars 2019.

La « coopération » des chirurgiens est ainsi demandée pour « restreindre l’inscription […] à la population de la région de l’Outaouais québécois ». Il est également précisé que « jusqu’à ce que la situation se régularise », seules les requêtes qui étaient déjà en attente allaient être acceptées.

Le Dr Nicolas Gillot, directeur des services professionnels du CISSSO, n’a pas voulu accorder d’entrevue à ce sujet. Dans une réponse écrite, il confirme toutefois que la directive est toujours en vigueur et souligne qu’elle « ne vise pas strictement les patients de l’Ontario, mais toutes les chirurgies électives [pour des patients] hors Québec ».

Depuis l’entrée en vigueur de cette directive, le CISSSO affirme que « quelques interrogations » ont surgi quant à son application. « Nous avons clarifié la situation, assure l’organisation. C’était du cas par cas. »

Le Dr Gillot précise par ailleurs que le renvoi de patients dans leur province de résidence est « une réalité qui existe des deux côtés de la rivière des Outaouais ». « Les urgences diagnostiquent les patients qui se présentent, peu importe leur lieu de résidence, souligne-t-il. Par la suite, la plupart d’entre eux vont se faire soigner dans leur milieu d’origine. »

Selon les données obtenues auprès du CISSSO pour la période allant de 2015-2016 à 2018-2019, il y a eu chaque année de 94 à 167 chirurgies non urgentes dans les blocs opératoires de la région pour des patients hors Québec. Dans la très grande majorité des cas, il s’agissait de patients ontariens.

Pour l’année en cours (2019-2020), 45 chirurgies non urgentes pour des patients hors Québec ont eu lieu. Elles peuvent avoir été réalisées avant l’entrée en vigueur de la directive, ou après si les demandes étaient déjà en attente.

La chirurgie plastique, la chirurgie générale, l’orthopédie, la gynécologie et la chirurgie maxillo-faciale sont les spécialités pour lesquelles il y a eu le plus d’interventions réalisées en Outaouais pour des patients demeurant à l’extérieur du Québec.

Dans le cas des chirurgies urgentes, il n’y en a que deux ou trois dizaines par année pour des patients hors Québec. La plupart sont en chirurgie générale et en orthopédie.

Expertise

Dans un courriel rédigé en 2018 par le Dr Daniel Tardif, qui occupait à l’époque les fonctions de directeur des services professionnels du CISSSO, il est mentionné que l’Outaouais a, « pour certaines spécialités, des expertises utiles pour la clientèle de l’Ontario ».

Interrogé à savoir si certaines chirurgies électives qui étaient auparavant autorisées au CISSSO pour des patients hors Québec visaient à développer une certaine expertise, le Dr Gillot rétorque pour sa part qu’il s’agissait de « chirurgies de routine ».