La nouvelle offre prévoit des menus différents sur un cycle de trois semaines.

Le CISSSO renouvelle son offre alimentaire [VIDÉO]

Les traditionnelles critiques envers les repas servis dans les hôpitaux et les centres d'hébergement risquent de s'estomper au cours des prochains mois en Outaouais. Une révision de fond en comble de l'offre alimentaire a été réalisée afin d'y ajouter davantage de goût et de revoir l'apparence des plats servis.

Déjà en place en Haute-Gatineau et dans le Pontiac, la nouvelle offre alimentaire du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) sera implantée graduellement en zone urbaine, entre la fin janvier et le mois de mars.

Les médias de la région ont dégusté certains plats, mercredi, après une visite du nouveau centre de production de l’Hôpital de Gatineau, d’où partiront trois fois par semaine les repas servis dans les établissements du secteur urbain.

« Ce qu’on voulait, avant tout, c’était d’offrir à nos résidents le plaisir de manger, a souligné la directrice adjointe des services techniques et de la logistique du CISSSO, Julie Whissel. On veut que ça goûte bon, on veut que ça sente bon. […] On veut aussi que ça ait l’air bon. »

Qu’il s’agisse d’un rôti de porc avec sauce dijonnaise, d’un coq au vin, d’un potage à la courge ou de desserts, les plats servis contrastaient avec le teint pâle des traditionnels repas d’hôpitaux. Devant éviter le sel à tout prix, les nouvelles recettes vont puiser de la saveur dans l’impressionnante quantité d’épices qui ornent des tablettes du centre de production. La sauce rosée qui accompagnait des pâtes dissimulait avec adresse le tofu soyeux qui y a été ajouté pour se conformer aux exigences en matière de protéines. Le riz basmati manquait certes de sodium, mais les règles nutritionnelles sont claires et le CISSSO n’a d’autre choix que de s’y conformer.

Le chef de la production du CISSSO, Sylvain Vallée, était bien fier de présenter le nouveau menu, pour lequel il a dû procéder à de nombreux ajustements dans ses recettes. Chaque plat a été soumis à « un panel de dégustation », a-t-il indiqué, tandis que l’apport nutritionnel des repas a été analysé au peigne fin.

La nouvelle offre prévoit des menus différents sur un cycle de trois semaines. Des menus thématiques spéciaux seront aussi offerts une fois par mois, par exemple à la fête des Mères ou à la Saint-Valentin. Le chef Vallée a confié avoir un coup de cœur pour son rôti de bœuf, servi avec une sauce au vin. « C’est tellement tendre qu’on peut le couper à la fourchette », a-t-il souligné.

Le directeur général de la Fondation Santé Gatineau, Jean Pigeon, fait partie de ceux qui ont testé le nouveau menu mercredi.

Les représentants de la Fondation santé Gatineau — qui a contribué à hauteur de 400 000 $ au projet pour l’achat d’équipement spécialisé — ne tarissaient pas d’éloges à l’endroit des saveurs des mets servis mercredi, tout en étant ravis par leur texture et leur apparence.

La présidente de la fondation, Louise Poirier, a même osé goûter à une purée de poire moulée selon la forme originale du fruit, ce qu’on appelle dans le jargon le « menu texturé ». Le résultat l’a impressionnée.

Cette nouvelle façon de faire est destinée aux patients atteints de problèmes de déglutition. Le pâté chinois, par exemple, rassemble trois étages de purée — une brune, une jaune, une blanche. Que ce soit le saumon, les carottes ou les ananas, tout est moulé afin que les patients soient en mesure de mieux savoir ce qu’ils mangent, mais aussi afin de rendre le tout le plus appétissant possible.

Une fois les changements mis en place, les résidents des centres d’hébergement auront toujours deux choix de base par repas, et trois autres choix au besoin, a précisé Mme Whissel.

Sylvain Vallée, chef de production du CISSSO

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Préparer des milliers de repas à la fois

Préparer du spaghetti n’est pas une mince tâche dans le nouveau centre de production alimentaire de l’Hôpital de Gatineau. Trois chaudrons contenant chacun 250 litres de sauce sont nécessaires pour réussir à concocter quelque 2500 assiettes.

En 2017, le ministère de la Santé a demandé aux établissements de «revoir l’offre alimentaire» dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSDL). Le Centre de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a profité de l’occasion pour revoir les menus dans toutes ses installations afin d’inclure les hôpitaux dans ce virage, a fait savoir la directrice adjointe des services techniques et de la logistique de l’organisation, Julie Whissel.

Confronté à un manque d’espace et à une pénurie de main-d’œuvre, le CISSSO a choisi de concentrer sa production dans trois centres, à Maniwaki, Shawville et Gatineau. Celui de Gatineau desservira aussi les territoires de Papineau et des Collines.

Dans le centre de production de l’Hôpital de Gatineau, on doit préparer environ 2500 dîners par jour, et tout autant de soupers. Les déjeuners continueront d’être préparés dans les centres de distribution de chaque établissement.

Le défi est de taille, mais le chef de production du CISSSO, Sylvain Vallée, était emballé de pouvoir apporter des «idées nouvelles» et de «nouvelles façons de faire».

M. Vallée a confié qu’il était parfois «triste» d’entendre les critiques sur la nourriture servie dans les établissements, mais estime que les changements seront bénéfiques. «Je suis content de la qualité des mets qu’on va présenter, ils sont très savoureux, du premier au dernier, et il y en a pour tous les goûts», a-t-il mentionné.

Tout ce projet a nécessité un «investissement autofinancé» de 4,5 millions$ au CISSSO. Les mets préparés dans les trois grands centres de production - emballés sous vide pour assurer une conservation optimale - seront livrés trois fois par semaine dans les établissements. Le personnel de chaque établissement s’occupera de les réchauffer et de les servir aux patients.