Les trois syndicats du CISSSO ont fait savoir que l'employeur consent maintenant à accorder trois semaines de vacances à tous ses employés, alors qu'environ 350 d'entre eux ont normalement droit à davantage.
Les trois syndicats du CISSSO ont fait savoir que l'employeur consent maintenant à accorder trois semaines de vacances à tous ses employés, alors qu'environ 350 d'entre eux ont normalement droit à davantage.

Le CISSSO propose trois semaines de vacances à ses employés

Tous les employés du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) pourraient finalement avoir droit à trois semaines de vacances cet été. Les syndicats s'insurgent toutefois que la nécessité d'avoir un «bassin de main-d'oeuvre pour aller aider à Montréal au besoin» ait été invoquée par l'employeur pour refuser des semaines supplémentaires à ceux qui y auraient normalement droit.

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay, indique être déçu de la plus récente proposition du CISSSO, présentée mercredi matin aux représentants syndicaux.

La semaine dernière, les syndicats rapportaient que le CISSSO souhaitait consentir à une troisième semaine à seulement 50% du personnel.

Les trois syndicats du CISSSO ont fait savoir que l'employeur consent maintenant à accorder trois semaines de vacances à tous ses employés, alors qu'environ 350 d'entre eux ont normalement droit à davantage.

«C'est une proposition qui est généralisée, qui n'est pas adaptée à la réalité de chaque territoire ou installation, déplore M. Guay. Ils ont vraiment pris un remède général pour l'ensemble de l'Outaouais.»


« On va pénaliser ceux qui sont dans le réseau de la santé depuis 30 ans. »
Patrick Guay

De l'aide pour la région de Montréal

Les représentants des trois syndicats rapportent que parmi les raisons invoquées par le CISSSO pour imposer une limite de trois semaines se retrouvent les services devant être donnés en raison de la pandémie, le besoin de maintenir des activités afin de compenser celles qui ont été annulées au cours des derniers mois, mais aussi le fait que l'Outaouais doit avoir «un bassin de main-d'oeuvre pour aller aider à Montréal au besoin».

«Ça, ça ne passe pas, s'insurge Patrick Guay. Nos professionnelles en soins nagent déjà avec la tête à peine sortie de l'eau. […] Les gens qui prennent quatre semaines et plus, ce sont nos plus anciens. On va pénaliser ceux qui sont dans le réseau de la santé depuis 30 ans, et ces gens-là vont se faire déplacer dans un autre centre d'activités pendant la semaine de plus où ils auraient dû être en vacances.»

Au Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux de l'Outaouais (STTSSSO), on dénonce aussi l'attitude du CISSSO.

«Ils veulent qu'on collabore avec eux pour interpeller nos membres pour annuler une semaine sur une base volontaire, mais le syndicat n'est pas là pour faire de la gestion, on est là pour faire respecter les droits de nos membres», a réagi la présidente de STSSSO, Josée McMillan. Cette dernière estime aussi qu'il est «ordinaire» de limiter les vacances pour éventuellement aider dans la région métropolitaine. «On devrait garder notre monde en Outaouais, dit-elle. […] On devrait commencer par desservir notre population avant celle d'ailleurs.»

À l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et de services sociaux (APTS) de l'Outaouais, la présidente Guylaine Laroche souligne que la proposition permettant trois semaines de vacances à tous les employés représente «une amélioration», sans toutefois approuver toutes les orientations du CISSSO en prévision de la période estivale.

Mme Laroche indique notamment ne pas avoir obtenu de réponses quant au sort qui sera réservé aux employés qui perdront une quatrième semaine de vacances. «Où vont-ils leur demander d'aller à la place d'être en vacances?», se demande la présidente de l'APTS-Outaouais.

Le CISSSO n'a pas voulu confirmer les informations obtenues auprès des syndicats. «Les discussions se poursuivent avec les syndicats et aucune décision n'a été confirmée», a simplement répondu l'organisation.

Les trois syndicats estiment pour leur part que le CISSSO profite de la pandémie pour réduire les vacances de certains de ses employés et ainsi régler des problèmes de pénurie de main-d'oeuvre qui durent depuis des années.