Au cours des deux premiers mois de la pandémie, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) est parvenu à faire plus de 900 embauches.
Au cours des deux premiers mois de la pandémie, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) est parvenu à faire plus de 900 embauches.

Le CISSSO perd du personnel embauché pour la pandémie

Au cours des deux premiers mois de la pandémie, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) est parvenu à faire plus de 900 embauches. Les différentes étapes du déconfinement et l’arrivée de la période estivale ont toutefois engendré de nombreux départs, laissant l’organisation avec «un casse-tête» sur les bras pour essayer de ne pas avoir à annuler des vacances à la dernière minute.

L’équipe des ressources humaines du CISSSO n’a pas chômé depuis le début de la pandémie. Près de 1600 candidatures ont permis l’embauche de 956 personnes, entre le 13 mars et le 11 mai. À titre comparatif, pour l’année 2019 en entier, le CISSSO avait procédé à 1586 embauches.

Ces nouvelles ressources ont été plus que bienvenues dans le réseau. Les citoyens qui se sont manifestés pour devenir des aides de services dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ont notamment offert «un grand soutien» aux préposés aux bénéficiaires et au personnel infirmier, note la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion.

En entrevue avec Le Droit jeudi dernier en marge d’une rencontre du conseil d’administration du CISSSO, Mme Filion a souligné que l’organisation s’attendait à plusieurs départs. «On le savait déjà, d’entrée de jeu, que la majorité de ces embauches-là étaient temporaires, […] le temps qu’il y ait une reprise économique.»

Certains ont donc retrouvé leur emploi habituel. D’autres ont voulu retourner à leur retraite. Josée Filion garde espoir que des retraités du réseau puissent décider de revenir en septembre. «C’est sûr qu’ils veulent travailler à leur rythme pour la plupart, […] donc on prendra la disponibilité qu’ils voudront bien nous donner», dit-elle.

Les besoins pour la période estivale sont toutefois bien présents. Le CISSSO a évalué ses besoins à 254 préposés aux bénéficiaires pour ses CHSLD. La formation accélérée mise sur pied par le gouvernement est entamée, mais ces futurs préposés ne seront pas prêts avant la mi-septembre. La planification de l’été n’est donc pas évidente.

«C’est sûr que c’est un casse-tête, parce qu’on n’a pas de boule de cristal par rapport à la COVID, note Mme Filion. On sait qu’il y aura une deuxième vague, donc on fait des spéculations sur cette deuxième vague.»

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée FIlion, lors de la dernière rencontre du conseil d’administration de l’organisation.

Il faut aussi considérer l’objectif de reprise des activités à 70% de leur roulement habituel, de même que les vacances des employés.

Les syndicats du CISSSO ont dénoncé à plusieurs reprises, au cours des dernières semaines, les différentes propositions qui étaient sur la table de la part de l’employeur pour planifier les vacances estivales. Josée Filion, qui n’avait pas encore commenté les échanges avec les syndicats, assure qu’il y a eu «un travail de collaboration de part et d’autre».

À l’heure actuelle, le CISSSO ne prévoit pas annuler des vacances, même pour ses employés qui souhaitent prendre plus que trois semaines de congé.

«Ce que je souhaite, c’est de ne pas avoir à annuler des vacances aux employés à la dernière minute parce qu’on a une situation X ou Y associée à la COVID, expose Mme Filion. […] Ce que je devais faire pour être en mesure de faire ça, c’est d’avoir une disponibilité de main-d’oeuvre.»

Certains employés ont déjà accepté de renoncer à une semaine de vacances, ce qui leur permet de la «monnayer» à taux et demi. «Ça nous a permis de dégager un bassin de main-d’oeuvre pour être en mesure de répondre le plus possible aux besoins», a fait savoir la grande patronne du CISSSO.

En cas de deuxième vague, d’un manque criant de personnel et de l’impossibilité de trouver des employés se portant volontaires pour annuler des vacances, l’organisation pourrait devoir le faire en ayant recours à l’arrêté ministériel afin d’assurer la poursuite de ses activités.

Mme Filion espère ne pas en arriver là, et souhaite que la gestion des vacances puisse se faire «dans le respect de tous et surtout de [la capacité du CISSSO] de donner des soins et services à la population».