Le salaire d’un pharmacien dépanneur est en moyenne environ deux fois plus élevé que celui d’un pharmacien régulier, indique le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Le CISSSO paie cher son manque de pharmaciens

Un contrat de 220 000 $ vient d’être conclu pour obtenir les services de pharmaciens dépanneurs en Outaouais, une option qui coûte trois fois plus cher que d’avoir des pharmaciens permanents sur place.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a accordé au début juillet un contrat de gré à gré de 220 000 $ à la firme AlliancePharma, basée à Thetford Mines. L’organisation justifie la formule de gré à gré en raison de la « possibilité de démontrer qu’un appel d’offres public ne servirait pas l’intérêt public » en raison de la « pénurie de main-d’œuvre qui persiste » dans ce domaine.

Le contrat vise à « éviter les bris de service », car un congé de maternité et des départs à la retraite sont prévus cette année, a fait savoir la porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté. Cette dernière a précisé que pour 2018-2019, le contrat signé avec AlliancePharma devrait « combler 80 heures par semaine » de travail en pharmacie dans les différents sites gérés par le CISSSO.

Le recours au dépannage pour assurer les services de pharmaciens dans les établissements de santé coûte cher, entre autres en raison des frais de déplacement et d’hébergement.

« Le salaire d’un pharmacien dépanneur est d’environ 115 $/heure, comparativement à 55 $/heure en moyenne pour un pharmacien régulier, indique le CISSSO. Nous nous devons d’utiliser les services de dépannage afin d’éviter les bris de service et assurer la sécurité des usagers de l’Outaouais. »

Outre le contrat qui vient d’être conclu avec AlliancePharma, le CISSSO doit faire affaire avec « d’autres agences et des pharmaciens indépendants » pour répondre à ses besoins.

En fonction de son budget, le CISSSO devrait pouvoir compter sur les services de l’équivalent de 48 pharmaciens à temps plein. Il y a toutefois l’équivalent de huit postes à temps complet vacants, tandis que trois autres sont pourvus par des pharmaciens en absence prolongée, qu’il s’agisse de congés de maternité ou de congés sans solde, a indiqué l’organisation.

Recrutement

Le CISSSO affirme multiplier les démarches dans le but de pourvoir ses postes vacants en pharmacie, entre autres, en participant chaque année aux activités de recrutement organisées par les deux facultés de pharmacie de la province, situées à l’Université Laval et à l’Université de Montréal. L’organisation aimerait aussi obtenir l’aval du ministère de la Santé afin de pouvoir offrir des bourses avec salaire aux futurs résidents en pharmacie, en contrepartie d’un engagement à travailler au CISSSO pendant trois ans.

L’Outaouais n’est toutefois pas la seule région à connaître une telle pénurie. Selon une enquête menée l’an dernier par l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) auprès des départements de pharmacie des quatre coins de la province, 18 % des postes ne sont pas pourvus - qu’il s’agisse de postes vacants ou de postes détenus par des titulaires temporairement absents. Il s’agit d’un léger recul de la pénurie par rapport à l’année précédente.

Il n’en demeure pas moins que l’on compte au Québec l’équivalent de quelque 250 postes à temps plein vacants ou temporairement dépourvus. Selon les données diffusées par l’APES, l’Outaouais affichait un taux de pénurie de pharmaciens en établissement de 16 % l’an dernier, mais que d’autres régions connaissent pire. C’est notamment le cas du Bas-Saint-Laurent (23 %), de l’Estrie (24 %), de la Mauricie–Centre-du-Québec (26 %), de l’Abitibi-Témiscamingue (48 %) et de la Côte-Nord (54 %).