Un octogénaire est décédé quelques jours après sa chute dans cet escalier roulant de l’hôpital de Gatineau. Après enquête, le CISSSO n’est pas en cause.

Le CISSSO n’est pas blâmé

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) n’est pas pointé du doigt par le coroner à la suite du décès d’un octogénaire survenu le printemps dernier dans les jours suivant sa chute dans l’escalier roulant de l’Hôpital de Gatineau.

L’appareil situé dans le hall d’entrée de l’établissement a, rappelons-le, été mis hors service à titre préventif deux semaines après l’incident survenu le 5 mai 2017. Il est demeuré inaccessible pendant neuf mois, avant d’être rouvert le 22 février dernier.

Le Droit révélait en juillet dernier que Benoit Ratté, 87 ans, avait rendu l’âme quatre jours après avoir fait une chute au bas de l’escalier mécanique. Le CISSSO avait alors indiqué que le décès était attribuable à l’état de santé déjà précaire du patient, ajoutant que la famille de ce dernier s’était montrée satisfaite de la réponse de l’administration et des soins prodigués.

Cette thèse est confirmée par le coroner Paul G. Dionne, qui précise que le patient avait une santé « défaillante » et conclut à une mort accidentelle dans son rapport publié il y a deux semaines. M. Ratté est décédé d’insuffisance respiratoire aiguë à la suite de fractures costales, apprend-on. 

« Les circonstances suggèrent que le fonctionnement de l’escalier mécanique n’est pas en cause dans la chute. Les complications de la chute, en particulier le traumatisme thoracique, ont conduit M. Ratté à son décès », écrit le coroner, qui n’a commandé aucune expertise additionnelle dans ce dossier. 

Une fois hospitalisé à la suite de l’accident, l’octogénaire avait mentionné qu’il n’avait pas levé son pied suffisamment haut, une version corroborée par sa conjointe. Dans son rapport, le coroner précise que la surveillance vidéo était défectueuse et de mauvaise qualité au moment de l’incident, ce à quoi le CISSSO répond en disant que les caméras sont plutôt dirigées vers l’entrée principale. 

Dans son analyse, Dr Dionne note qu’à la suite de cet incident, le CISSSO a revu les dangers reliés à l’utilisation de l’escalier mécanique, tel que mentionné dans nos pages l’été dernier. L’organisation avait entre autres indiqué que malgré des avertissements écrits installés à proximité de l’appareil, certains usagers l’utilisaient à leurs propres risques avec une marchette ou une poussette, par exemple. Certains auraient aussi fait une tentative avec leur fauteuil roulant.

La porte-parole du CISSSO, Patricia Rhéaume, indique que des poteaux ont été installés afin d’empêcher les gens dont la mobilité est réduite d’emprunter l’escalier roulant qui mène du sous-sol au rez-de-chaussée de l’hôpital. Des pictogrammes ont aussi été affichés en bordure de l’appareil, précise-t-on.

« Ce sont des mesures dissuasives au cas où des gens prendraient des risques. On invite les usagers qui sont dans de telles situations à utiliser l’ascenseur », dit-elle. 

Mme Rhéaume ajoute que même si la vitesse de l’escalier mécanique respectait les normes, le CISSSO a volontairement décidé de diminuer celle-ci afin d’atténuer l’effet de vertige et de renforcer le sentiment de sécurité.