Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, affirme obtenir « une bonne écoute » du ministère de la Santé.

Le CISSSO n’appuie pas Équité Outaouais

Tout en reconnaissant que les besoins de la population « ne sont pas tous comblés », le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ne juge pas nécessaire d’appuyer les revendications du regroupement Équité Outaouais pour un rehaussement du financement octroyé à l’Outaouais en matière de santé, d’éducation et de services communautaires.

Le 19 avril dernier, des représentants d’Équité Outaouais s’étaient présentés à la réunion du conseil d’administration du CISSSO pour en informer les membres de leurs préoccupations sur le financement accordé à certains services gouvernementaux en Outaouais. Équité Outaouais en avait profité pour demander au conseil d’administration d’adopter une résolution pour réclamer que le gouvernement augmente le budget accordé à l’Outaouais en santé, en éducation et pour les services communautaires. Une demande qui vient d’être rejetée.

Dans sa lettre de réponse dont Le Droit a obtenu copie, le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, affirme que le financement du réseau de la santé fait l’objet de discussions « constantes » entre son organisation et le ministère de la Santé. « Par exemple, lorsque des situations particulières et non prévisibles surviennent et menacent parfois notre équilibre financier, notre voie de communication habituelle nous permet de faire les représentations nécessaires », indique M. Hébert en précisant obtenir « une bonne écoute » du ministère.

Le président-directeur général du CISSSO apporte aussi un bémol par rapport aux données présentées par Équité Outaouais pour dire que l’Outaouais est sous-financée comparativement aux autres régions.

« Les statistiques que vous évoquez pour illustrer le sous-financement public [se basent] sur un calcul per capita, écrit M. Hébert. Or, dans le domaine de la santé, le financement est calculé en fonction des caractéristiques de la population. »

M. Hébert souligne tout de même que le conseil d’administration du CISSSO « est conscient que les besoins de la population de l’Outaouais en termes de services de santé et services sociaux sont grands et qu’ils ne sont pas tous comblés ». Le CISSSO estime cependant que le « mode de fonctionnement actuel » avec le ministère « est basé sur un respect mutuel et apporte des résultats tangibles ». Par conséquent, le projet de résolution soumis par Équité Outaouais ne sera pas adopté par le conseil d’administration du CISSSO.

Cette réaction du CISSSO est loin de satisfaire Équité Outaouais, a fait savoir l’une des porte-paroles du regroupement, Suzanne Tremblay. « Nous dénonçons le fait que le CISSSO n’appuie pas la résolution sur le sous-financement, parce que c’est quelque chose de bien réel et d’historique », a-t-elle réagi.

Mme Tremblay souligne que les statistiques sur lesquelles se base Équité Outaouais dans ses revendications proviennent du commissaire à la santé et au bien-être, un poste qui, rappelle-t-elle, a été aboli par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. « Nous sommes convaincus qu’il y a un sous-financement dans la région », réitère Mme Tremblay, qui rappelle qu’une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques viendra étayer cette position au cours des prochains mois.

Selon Équité Outaouais, le sous-financement régional atteint 180 millions $ par année dans le réseau de la santé.