La présisente de la FIQ, Nancy Bédard, affirme n’avoir «jamais entendu autant d’absurdités».

Le CISSSO manque de transparence, croit la FIQ

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard, ne croit pas que le respect des conventions collectives soit la véritable raison expliquant que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ait retiré son offre de payer à temps double les heures supplémentaires travaillées pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail.

« C’est un manque total de transparence et c’est de s’en prendre à l’intelligence des gens, a lancé la présidente de la FIQ au bout du fil, vendredi. […] Je n’ai jamais entendu autant d’absurdités que ça. »

Après avoir offert le jeudi 29 août de rémunérer à 200 % du taux horaire habituel les heures supplémentaires travaillées par les infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires pendant la longue fin de semaine, le CISSSO est revenu sur sa décision 24 heures plus tard. « L’octroi de temps supplémentaire à des taux de 200 % ne respecte pas les conventions collectives », avait expliqué l’organisation dans un communiqué d’à peine trois phrases.

Le président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO-FIQ), Patrick Guay, a toutefois indiqué avoir appris, vendredi, que c’est au Conseil du trésor que la mesure a été refusée.

« Des ententes, on en fait chaque semaine en dehors de la convention collective », a renchéri la présidente de la FIQ. Des bonifications de la rémunération hors convention ont notamment été offertes récemment au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, rapporte Mme Bédard, qui craint maintenant que le Conseil du trésor fasse la vie dure au ministère de la Santé en prévision des prochaines négociations nationales dans le secteur public.

« Quand j’ai vu qu’une PDG qui vient d’être [nommée] doit rebrousser chemin et doit revenir sur ce qu’elle a dit, ça ne prend pas beaucoup d’expérience pour dire ‘oh, il s’est passé quelque chose de gros et il y a eu un appel de Québec, soit du ministère ou du Conseil du trésor’, a mentionné Mme Bédard. […] C’est de la haute stratégie gouvernementale, ils sont en train de centraliser et je suis extrêmement inquiète. »

La présidente de la FIQ plaide pour que les dirigeants d’établissements « aient de la marge de manœuvre » pour répondre à des situations particulières ou ponctuelles, et pour que la ministre de la Santé, Danielle McCann, puisse aussi en avoir.

« J’ai l’impression que ce qu’on va vivre, c’est que [Mme McCann] va rentrer dans ses terres et ça va être Christian Dubé, le [président] du Conseil du trésor, qui va gérer le réseau de la santé. […] Si le Conseil du trésor fait backtracker la ministre, fait backtracker tout le monde et qu’il prend des décisions unilatérales comme ça, moi je vous le dis, on s’enligne vers une crise majeure. »