Le nouvel édifice de six étages d’une superficie totale de 18 500 mètres carrés serait construit sur le terrain adjacent à l’entrée principale du CHEO, où l’on retrouve actuellement des espaces de stationnement.

Le CHEO hausse le ton

Le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario - Centre de traitement pour enfants d’Ottawa (CHEO – CTEO) accentue d’un cran la pression sur le gouvernement provincial en vue d’obtenir du financement pour la construction d’un centre de soins de santé intégrés, un projet évalué à environ 150 millions $.

L’initiative, qui germe depuis une décennie, consisterait à réunir sous un seul et même toit toute la gamme de soins de santé mentale et les services aux enfants et adolescents ayant des besoins particuliers. De multiples autres services seraient offerts à cet endroit, par exemple la réadaptation, l’ergothérapie, l’orthophonie ou encore le travail social.

Le projet permettrait, dit-on, de simplifier le quotidien de quelque 40 000 familles de l’Est ontarien afin qu’ils n’aient dorénavant qu’une unique porte à franchir.

Selon les plans préliminaires, on prévoit construire l’édifice de six étages d’une superficie totale de 18 500 mètres carrés sur le terrain adjacent à l’entrée principale du CHEO, où l’on retrouve actuellement des espaces de stationnement.

« Ce que l’on veut, c’est que l’ensemble des services soient regroupés, pour simplifier la vie des familles qui ont grandement besoin de cet appui et pour qui le transport représente des dépenses supplémentaires. Ce serait un guichet unique, en quelque sorte, parce qu’en ce moment leurs rendez-vous de santé sont souvent éparpillés un peu partout. Après dix ans, il est temps d’avancer, alors on veut tirer avantage du prochain budget, qui en sera un préélectoral », lance Louis Doyle, membre du conseil d’administration du CHEO-CTEO.

Le projet tarde à se concrétiser, mais l’organisation espère bien que cette fois-ci sera la bonne. Non seulement les élections ontariennes approchent, mais le caucus des députés libéraux d’Ottawa a été sensibilisé au dossier afin que de l’argent soit inclus dans le prochain budget provincial, qui doit être déposé d’ici quelques semaines.

En collaboration avec la Fondation du CHEO, la campagne de sensibilisation intitulée #1lieupourallermieux a été lancée dans le but de convaincre le gouvernement de l’importance de doter Ottawa d’une institution de ce type, qui existe déjà dans quelques régions à travers la province, dont Durham, Hamilton et Peel. « Trop de portes et très peu de soins », souligne-t-on pour justifier que l’est de la province obtienne sa part du gâteau.

La centralisation des services comporterait des avantages tangibles pour l’organisation, qui n’aurait alors plus à dépenser environ deux millions $ par an en frais de location de bureaux un peu partout sur le territoire.

« C’est de l’argent qu’on va pouvoir réinvestir en offre de services ou encore en personnel. [...] Ce serait un édifice moderne, accessible et sécuritaire. En ce moment, certains services peuvent être dispensés dans des endroits non sécuritaires, alors que les organismes travaillent avec des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale, susceptibles de devenir violents ou encore qui ont des pensées suicidaires. On veut que ce soit un lieu accueillant qui favorise la communication entre les familles touchées », ajoute M. Doyle, précisant que certains points de service en région demeureraient ouverts. Interrogés par Le Droit, les députés John Fraser et Yasir Naqvi ont tous deux affirmé qu’ils avaient fait leurs devoirs et qu’il s’agissait de l’un des dossiers prioritaires pour le caucus de la capitale fédérale. Ils ajoutent avoir propagé l’information à plusieurs reprises dans les couloirs de Queen’s Park.

« Mes collègues et moi travaillons fort pour que le projet devienne réalité. C’est au sommet de notre liste, car ça fait dix ans que le projet est dans les livres, en attente », a indiqué M. Fraser.

Des organismes attendent de pied ferme

Pour plusieurs organismes dont Parents : Lignes de secours de l’est de l’Ontario (PLEO), la concrétisation d’un projet comme le centre de soins de santé intégrés  du CHEO-CTEO permettrait de «changer complètement les règles du jeu», et ce, pour le mieux. 

«Nous sommes une petite organisation et avons besoin de l’appui du CHEO pour dispenser nos services. C’est encourageant de voir la vague d’enthousiasme et le support derrière ce projet. C’est comme si on disait qu’assez, c’est assez. Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point il est important qu’Ottawa et l’est de l’Ontario obtiennent un centre comme celui-là. Il faut qu’on réalise à quel point il est important de se préoccuper de la santé mentale de nos enfants. Ils représentent le futur», explique la directrice des communications et des partenariats de PLEO, Natalie Markoff.

L’organisme soutient les parents et les proches aidants des enfants jusqu’à l’âge de 25 ans qui présentent des troubles de santé mentale ou de toxicomanie, ou les deux.

«Je ne peux pas vous dire combien de familles, rongées par le stress, nous appellent pour dire qu’ils ont frappé à la porte des urgences pour accéder aux services. Sauf que lorsqu’on parle de santé mentale, ce n’est pas toujours la bonne place où aller. Ce centre-là permettrait d’offrir un éventail de services complémentaires», ajoute-t-elle.

La section d’Ottawa d’Autisme Ontario, qui envisage d’organiser des événements pour les familles dans le nouvel immeuble s’il voit le jour, a aussi récemment indiqué qu’elle était favorable à ce projet, soulignant qu’il apporterait «d’énormes changements» dans la vie des familles.