Le cerveau des femmes serait trois ans plus jeune que celui des hommes

MONTRÉAL - Le cerveau des femmes est trois ans plus jeune que celui des hommes du même âge chronologique, ce qui explique possiblement pourquoi les femmes conservent leur acuité mentale plus longtemps, affirment des chercheurs américains.

Le cerveau carbure au glucose, mais la manière dont il l’utilise évolue au fil des années. Les bébés, les enfants et les jeunes adultes consacrent de grandes quantités de glucose au développement et à la maturation de leur cerveau, mais seules de faibles quantités sont dépensées à cette fin par les sexagénaires.

On ne savait toutefois que peu de choses concernant les différences entre les hommes et les femmes. Des chercheurs de l’université Washington, à St. Louis, ont donc recruté 205 sujets pour étudier comment leur cerveau utilise le glucose.

Les 121 hommes et 84 femmes étaient âgés de 20 à 82 ans. Ils ont été soumis à un examen par tomographie par émission de positons pour mesure la circulation de l’oxygène et du glucose dans leur cerveau. Les chercheurs ont ensuite utilisé un algorithme pour établir un lien entre l’âge du sujet et le métabolisme de son cerveau.

L’algorithme a mesuré que le cerveau des hommes était 3,8 ans plus vieux que leur âge chronologique et le cerveau des femmes 2,4 ans plus jeune que leur âge chronologique. La jeunesse relative du cerveau des femmes était détectable même chez les participantes âgées d’une vingtaine d’années.

Le chercheur Manu Goyal a expliqué que «le cerveau des hommes ne vieillit pas plus rapidement, mais il commence l’âge adulte trois ans plus tard que celui des femmes et cette différence persiste tout au long de la vie». Les ramifications exactes de cette découverte ne sont pas vraiment comprises, mais le docteur Goyal croit que cela explique possiblement pourquoi le déclin cognitif des femmes ne survient habituellement que plusieurs années après les hommes.

Les femmes obtiennent souvent de meilleurs scores que les hommes du même âge lors de tests de raisonnement, de mémoire et de résolution de problèmes.

Les conclusions de cette étude sont publiées en ligne par les Proceedings of the National Academy of Sciences.