Le bilan de l'année dans le domaine de la santé

Un personnage : le coroner

Les rapports de coroners auront fait couler beaucoup d’encre en 2017 en Outaouais. Les décès de Pierre Vittecoq, Guy Crêtes, Arthur Lacaille, Jean-Claude Côté et Marc-André Maxwell (photo) ont tous mené à des recommandations d’un coroner visant le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) au cours de la dernière année. Le plus récent rapport, celui rédigé par la coroner Pascale Boulay sur la mort « évitable » de M. Maxwell à l’Hôpital de Gatineau, fait état de « plusieurs déficiences à de multiples niveaux ». Âgé de 50 ans, M. Maxwell a rendu l’âme après avoir été asphyxié par ses propres sécrétions alors qu’il était sous sédation et sous contentions, devant un préposé aux bénéficiaires chargé d’assurer sa surveillance en tout temps qui n’a pas su reconnaître les signes de son arrêt cardiorespiratoire. Le CISSSO a dit avoir été ébranlé par ce dossier, et a avoué avoir « failli à la tâche ».

Âgé de 50 ans, Marc-André Maxwell a rendu l’âme après avoir été asphyxié par ses propres sécrétions alors qu’il était sous sédation et sous contentions

Un lieu : Pierre-Janet

L’année 2017 n’aura pas été de tout repos pour les patients et employés du Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ). Au début février, la tentative d’évasion d’un patient de l’unité psycholégale a causé un important dégât d’eau ayant affecté 75 % du bâtiment principal de la rue Pharand. L’édifice a dû être évacué rapidement. Après avoir initialement évalué que les travaux dureraient six mois, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a repoussé à deux reprises la réouverture de l’hôpital psychiatrique. La grève des travailleurs de la construction et le besoin de réaliser des travaux supplémentaires ont causé un report, de sorte que la réouverture n’aura pas lieu avant l’été 2018. En attendant, les patients et le personnel continuent d’être dispersés à divers endroits, notamment dans les hôpitaux de Hull et de Gatineau, ainsi qu’au pavillon juvénile du CHPJ.

Un mot : superclinique

L’Outaouais attendait depuis longtemps l’arrivée d’une première superclinique sur son territoire. C’est chose faite depuis l’ouverture de la superclinique MédiGo, au début juillet. De passage à Gatineau quelques jours avant l’arrivée des premiers patients, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette (photo), a affirmé que la nouvelle clinique allait « changer le visage » de la région grâce à ses heures d’ouverture prolongées, au recrutement de plusieurs médecins spécialistes sous un même toit et à l’accès à des services de radiologie et de prélèvements. L’engouement a été très fort pour les consultations sans rendez-vous, au point où Radio-Canada révélait, en août, que les patients se trouvant dans la salle d’attente se faisaient parfois proposer d’obtenir un médecin de famille, à condition qu’ils acceptent de repousser ou d’annuler leur consultation sans rendez-vous.

Gaétan Barrette a affirmé que la nouvelle clinique allait « changer le visage » de la région.

Un chiffre : 109,9 millions $

Bien que le nombre de résidents de l’Outaouais ayant obtenu des services de santé à Ottawa ait diminué entre 2015 et 2016, la hausse des tarifs du côté ontarien a fait en sorte que la facture pour le gouvernement du Québec n’a pas baissé pour autant. Les données obtenues par Le Droit auprès de la Régie de l’assurance maladie du Québec ont révélé, en juin dernier, que la facture totale pour les soins consommés à Ottawa par des patients de l’Outaouais a atteint 109,9 millions $ en 2016, ce qui représente une hausse de 4,5 millions $ par rapport à l’année précédente. Le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, souhaite pouvoir monnayer le rapatriement de patients sur la rive québécoise. Une première étape en ce sens a été franchie avec l’obtention de 2,3 millions $ de la part de Québec. Le CISSSO souhaite maintenant qu’un tel financement puisse être obtenu de manière récurrente.

Une Résolution : de nouvelles chambres d’accouchement

L’annonce a été faite en février 2014 par Pauline Marois, alors première ministre du Québec. Le gouvernement annonçait un investissement d’une dizaine de millions de dollars pour réaménager au grand complet le troisième étage de l’Hôpital de Gatineau. Le but : y installer 32 chambres travail-accouchement-récupération-postpartum (TARP), 16 lits de néonatalogie et une salle de césarienne, dans l’espoir de rapatrier de l’Ontario vers l’Outaouais environ 800 accouchements par année. Le Droit apprenait toutefois, en début d’année 2017, qu’aucun échéancier n’était encore fixé pour ce projet pour lequel les travaux devaient initialement être terminés pour 2018. Aux dernières nouvelles, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais travaillait toujours à « compléter l’étude de faisabilité technique » afin d’établir une estimation du budget, un échéancier, un plan d’aménagement et une liste des équipements et du mobiliser qui seront nécessaires.

Le gouvernement annonçait un investissement d’une dizaine de millions de dollars pour réaménager au grand complet le troisième étage de l’Hôpital de Gatineau.