L’APTS réclame des conditions d’emploi stables

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Un syndicat qui représente les intérêts de milliers de travailleurs du système de santé au Québec, entre autres les techniciens de laboratoires et d’imagerie médicale, le personnel en réadaptation et ceux des services psychosociaux, estime que des conditions d’emploi stables et à temps complet, notamment, contribueraient à la rétention du personnel.

«Nos enjeux sont les mêmes partout au Québec, soit l’attraction et la rétention. On l’a vu avec la pandémie, il y a des manques criants de personnel dans plusieurs secteurs. L’analyse que nous faisons est que lorsqu’on va donner des conditions de travail et des conditions d’exercices du travail satisfaisantes, on sera capable de garder le monde. Les attirer, on y arrive. C’est de les garder qui est difficile», a partagé jeudi la présidente nationale de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Andrée Poirier, alors que la caravane de l’Alliance était de passage à Gatineau dans le cadre d’une tournée estivale provinciale.

L’initiative vise à échanger avec les membres sur les enjeux de négociations avec Québec pour le renouvellement de la convention collective échue depuis le 31 mars dernier, et pour mobiliser les gens afin que «soit reconnu à sa juste valeur» le travail du personnel professionnel et technique.

La charge de travail est un autre problème aigu, a souligné Mme Poirier.

«On a vu des situations dans les CHSLD, mais on en a vu aussi dans les centres jeunesse, dans les RAC (résidences à assistance continue). On n’a pas assez de personnel et on leur donne des charges de travail beaucoup trop importantes qui causent des départs, de l’exode. On quitte le milieu du réseau de la santé et des services sociaux, et ça crée aussi beaucoup d’absences pour maladie. Les gens partent en congé parce qu’ils n’en peuvent plus», a expliqué Mme Poirier.


« Ce qui est particulier en Outaouais et que nous avons le système de santé de l’Ontario juste à côté, et pour les mêmes types de professions, les échelles salariales ne sont pas les mêmes. »
Guylaine Laroche, présidente régionale de l'APTS

La présidente régionale de l’APTS, Guylaine Laroche, a tenu à rappeler le défi particulier pour la région de l’Outaouais alors que l’Ontario et Ottawa agissent comme aimants.

«L’Outaouais, c’est grand. C’est donc important qu’on puisse avoir des professionnels partout sur le territoire, a fait valoir Mme Laroche. Ce qui est particulier en Outaouais et que nous avons le système de santé de l’Ontario juste à côté, et pour les mêmes types de professions, les échelles salariales ne sont pas les mêmes. En Ontario, les gens gagnent plus cher, et il y a peut-être une stabilité au niveau des postes qui est différente du Québec. C’est sûr que ça ne nous aide pas», a continué Mme Laroche, tout en rappelant l’importance qui est accordée par les travailleurs à bien encadrer et superviser les jeunes lorsqu’ils entrent sur le marché du travail.

L’ATPS regroupe 55 000 membres, dont 86 % sont des femmes.

Mme Poirier a aussi déploré que certains titres de travail sont sous-valorisés, en particulier en ce temps de pandémie, comme les technologistes médicaux qui traitent différents spécimens de patients.

«Il est temps qu’on mette les projecteurs sur eux pour dire qu’il y a d’autres titres d’emplois sans lesquels les médecins, les radiologistes et plein de spécialistes ne pourraient pas émettre des diagnostics pour mettre en branle des traitements», a-t-elle indiqué.