L’APTS a installé des centaines d’affiches sur le gazon face aux bureaux du CISSSO, mercredi.

L’APTS frustrée « de se faire tirer la plogue »

Après avoir entre autres ironisé en marge de la légalisation du cannabis en disant que « c’est à croire que l’employeur en fume du bon », un syndicat a piqué au vif le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Ce dernier a carrément choisi de faire une croix sur les négociations et de recourir à la médiation.

Au lendemain du coup d’éclat du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), qui a déposé 2800 citrons devant le siège social de l’organisation, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a installé mercredi des centaines d’affiches sur le gazon face aux bureaux du CISSSO et au plafond du département des ressources humaines, à l’Hôpital de Gatineau.

« La négociation ne tient qu’à un fil » et « Restons calmes pis négocions » sont au nombre des slogans qu’on pouvait lire sur les pancartes qui ont fait leur apparition à l’aube. 

À quatre jours de la date butoir pour en arriver à une entente négociée à l’échelle locale, la responsable nationale du syndicat pour l’Outaouais, Andrée Poirier, a d’abord affirmé que les pourparlers « ne tiennent désormais qu’à un fil, très, très mince » et que les syndiqués « se butent à un employeur qui ne veut rien entendre, même sur les questions les plus banales ».

« Pas même moyen de discuter avec lui de sujets aussi simples que les affichages d’avis ou les modalités du port de l’uniforme quand certains emplois le requièrent, c’est aberrant ! Comment voulez-vous, devant une telle attitude, vous entendre sur des questions plus complexes et beaucoup plus nuancées, comme les notions de services et de centres d’activités ou encore la conciliation famille-travail-études ? », questionne la représentante syndicale.

La sortie médiatique n’a visiblement pas plu à la direction du CISSSO, qui après avoir reçu le communiqué a choisi d’annuler sur la dernière journée de pourparlers, prévue mercredi, puis de faire appel à un médiateur pour la suite des négociations. 

« Les échanges étaient cordiaux depuis le départ, mais il n’y avait aucune avancée significative avec ce syndicat. Nous avons été étonnés de voir ce communiqué qui remet en question notre volonté de négocier, mais aussi la crédibilité du processus de négociation local. La confiance est un élément-clé, alors s’il n’y en a plus, ça devenait futile de négocier. Dans ce contexte, on a décidé que tout se poursuivrait accompagné d’un médiateur. Ça demeure une négociation, mais avec une tierce partie neutre. Ça va assurer que le processus soit crédible et de bonne foi », a réagi le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CISSSO, Martin Vachon.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a installé des centaines d’affiches au plafond du département des ressources humaines, à l’Hôpital de Gatineau.

Le médiateur ne pourra être nommé qu’après le 21 octobre, date d’échéance des négociations. 

L’APTS se dit surprise de cette volte-face et parle de « deux poids, deux mesures ». 

« Un autre syndicat fait un coup d’éclat, donne un prix citron de pire employeur et on leur ajoute des séances de négociation, alors que nous, on se fait tirer la plogue. On va continuer à mettre de la pression sur le président-directeur général (Jean Hébert) pour qu’on se rassoie à la table d’ici dimanche. Il a toujours dit qu’il voulait des ententes négociées », s’est exclamée Andrée Poirier. 

Le syndicat soutenait également que les négociations « semblent avoir pris une tournure nationale » car une quinzaine de représentants patronaux ont quitté la table des discussions ces derniers jours partout en province. 

« Si c’est le cas, on aimerait bien savoir avec qui on négocie au lieu de perdre notre temps et de les laisser jouer sur les nerfs de nos syndiqués », lance Mme Poirier, qui espère que le gouvernement Legault et le futur ministre de la Santé (qui sera nommé jeudi) forceront les CISSS et les CIUSSS à négocier. 

« L’occasion est belle pour le nouveau gouvernement de se distancier de la médecine Barrette », ajoute-t-elle.

Le CISSSO réplique que la négociation est toujours locale, que le « plus bel exemple est qu’il continue de négocier avec la FIQ et la CSN ».