La directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec, Annie Saint-Pierre.

L'aide médicale à mourir: un enjeu pour le monde funéraire

Trois-Rivières — Alors que le gouvernement du Québec songe à élargir l’accès de l’aide médicale à mourir, le milieu funéraire est encore en train de s’adapter à cette réalité de mort programmée.

L’aide médicale à mourir existe depuis plus de trois ans. La loi concernant les soins de fin de vie, qui pourraient être accessible aux gens atteints d’Alzheimer, est venue changer une partie de l’approche des gestionnaires des entreprises funéraires lorsque des familles ont vécu la mort d’un proche via l’aide médicale.

«On sent l’effet de l’aide médicale à mourir. Maintenant, des familles appellent les centres funéraires pour leur dire de venir chercher leur père demain à 14 h», déclare Annie Saint-Pierre, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec, de passage à Trois-Rivières cette semaine dans le cadre d’une réunion du conseil d’administration de la corporation et d’une journée de formation.

Mme Saint-Pierre rappelle qu’une personne qui demande l’aide médicale à mourir n’est pas tenue d’informer ses proches de sa décision. Cela veut dire que parfois, des gens se retrouvent devant le fait accompli.

«Il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec l’aide médicale à mourir. Il faut accompagner différemment ces familles à cause du contexte.»

L’aide médicale à mourir est un des sujets qui seront abordés lors d’une formation offerte par la Corporation des thanatologues du Québec, en juin. Ce sujet s’inscrit dans le volet des droits des défunts. Les entreprises funéraires doivent non seulement s’occuper de cette partie de leur travail avec des familles dont un proche est mort via l’aide médicale à mourir, mais aussi travailler avec des familles éclatées et traiter de dossiers de droits du défunt lorsque ce dernier n’a plus aucune famille ni entourage.

L’aide médicale à mourir est un nouvel aspect avec lequel le milieu funéraire doit composer.

Une prestation à bonifier

Le dossier de la formation de ses membres n’est pas le seul traité par la Corporation des thanatologues du Québec. Celui concernant l’augmentation de la prestation de décès fournie par Retraite-Québec représente une bataille de longue haleine que la corporation espère bien gagner.

Actuellement, le Régime de rentes du Québec remet 2500 $ à la famille d’un défunt, à condition que ce dernier ait suffisamment cotisé audit régime. La Corporation des thanatologues désire une indexation de cette prestation dont le montant n’a pas bougé depuis 22 ans, selon Mme Saint-Pierre, d’autant plus que la Société d’assurance automobile du Québec remet un montant de 5377 $ pour les frais funéraires d’une personne ayant perdu la vie sur la route et que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail remet jusqu’à 5377 $ pour des frais funéraires concernant un décès relié au milieu du travail.

«Pourquoi une personne qui décède sur la route vaut deux fois plus qu’une personne qui décède dans un CHSLD et qui a travaillé toute sa vie? se questionne Mme Saint-Pierre. Ça fait 10 ans que la corporation demande un ajustement. On n’a pas eu de succès avec les anciens gouvernements. On souhaite une meilleure écoute de la Coalition avenir Québec.»

D’après Mme Saint-Pierre, bloquer la prestation de décès à 2500 $ envoie le signal aux familles que ce montant représente les coûts réels de services funéraires. À ce prix, on peut seulement avoir accès à une crémation et à la remise des cendres à la famille. Aucun rituel funéraire ne peut être accessible avec un tel budget.

«Pour 40 % des familles au Québec, la seule source financière pour les rites funéraires est la prestation de Retraite-Québec. On parle beaucoup que les gens escamotent les rituels funéraires depuis quelques années. Mais des fois, ce n’est pas par choix. Trop souvent, c’est parce que les familles n’ont pas les moyens.»

La Corporation des thanatologues du Québec souhaite que la prestation de décès de Retraite-Québec soit comparable à celles versées par la SAAQ et la CNESST. La corporation est cependant réaliste dans ses démarches. Sa requête réside d’abord dans un rehaussement de la prestation selon une indexation du coût de la vie (2 % par année) au cours des 22 dernières années, ce qui totalise autour de 3800 $.

«Ce serait un premier pas», dit Mme Saint-Pierre.

La corporation espère que le rehaussement de la prestation fera partie du prochain budget du gouvernement Legault.

Santé

Québec veut offrir 1,5 million d'heures de plus en soins à domicile cette année

MONTRÉAL — Le gouvernement québécois veut offrir plus de 1,5 million d'heures supplémentaires en soins à domicile cette année, notamment pour les aînés.

Ces soins seront payés à même la somme de 280 millions $ annoncée et mise de côté dans le budget provincial de mars dernier.

Vendredi matin, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a qualifié cet investissement d'«historique».

Elle a détaillé comment les 280 millions $ seront dépensés lors d'une conférence de presse tenue dans le CLSC de Verdun, à Montréal, en compagnie de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

L'objectif est de fournir des soins à davantage de personnes, a dit la ministre, et d'intensifier les services pour ceux qui les reçoivent déjà.

Selon elle, les investissements du gouvernement caquiste permettront d'offrir plus de 1,5 million d'heures supplémentaires en soutien à domicile. Pour l'année 2019-2020, cela correspond à une augmentation de 20 % des heures par rapport à 2017-2018, soutient-elle.

Cela peut aussi permettre l'embauche de quelque 2570 nouveaux employés, à temps complet, pour prodiguer ces soins.

La majorité des sommes, soit 171 millions $, sont allouées pour augmenter le volume et l'intensité des soins pour les aînés, pour les personnes présentant une déficience physique ou une déficience intellectuelle, ainsi que pour celles vivant avec un trouble du spectre de l'autisme.

Questionnée sur la pénurie de travailleurs en santé pour combler de tels postes, la ministre McCann a répondu que son ministère fait beaucoup d'efforts pour la formation, qu'il offre des bourses et tente de recruter à l'étranger. Elle incite les établissements de santé à offrir aux employés des postes permanents, à temps complet, pour les rendre plus attrayants.

Elle a aussi dit comprendre que le gouvernement doit se pencher sur la question de la rémunération de ces travailleurs.

Santé

Alcool et drogues: 65 jeunes hospitalisés chaque jour au Canada

MONTRÉAL - Une hospitalisation sur 20, chez les jeunes de 10 à 24 ans, était attribuable aux problèmes liés à l’usage d’alcool ou de diverses drogues en 2017-2018, indique l’Institut canadien d’information sur la santé.

Dans sa plus récente étude, l’Institut révèle qu’il y a alors eu 23 580 séjours à l’hôpital chez les jeunes de 10 à 24 ans, soit un taux de 5 pour cent de tous les séjours à l’hôpital chez ces jeunes Canadiens.

C’est l’équivalent de 65 jeunes hospitalisés chaque jour au Canada, a précisé en entrevue Christina Lawand, chercheure principale à l’Institut.

Les «substances» prises en compte sont l’alcool, le cannabis, les opioïdes, les benzodiazépines, la cocaïne, la méthamphétamine et les autres, comme les solvants, hallucinogènes et produits inconnus.

Par province

Les résultats varient considérablement par province. La situation est particulièrement problématique dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, qui ont «des taux qui sont près de cinq fois plus importants que la moyenne canadienne», a souligné Mme Lawand.

On parle ici d’un taux de 1755 par tranche de 100 000 habitants pour les Territoires du Nord-Ouest et de 1095 par 100 000 habitants pour le Nunavut. À titre de comparaison, on parle d’un taux de 364 par 100 000 habitants pour l’ensemble du Canada.

Le Québec se situe sous la moyenne canadienne, avec un taux de 354 par 100 000 habitants, le Nouveau-Brunswick à 392 et la Nouvelle-Écosse à 260.

«Les provinces de l’Ouest sont généralement plus affectées que les provinces de l’Est», a noté la chercheuse Lawand.

Elle l’explique par des tendances historiques et certains facteurs socio-économiques comme la pauvreté. Par exemple, dit-elle, il est connu que les jeunes en région rurale sont plus susceptibles d’avoir des problèmes liés à l’utilisation de ces substances que les jeunes en milieu urbain, puisqu’il y a plus de services d’aide et de programmes de prévention en milieu urbain.

Santé mentale

La chercheuse s’inquiète du lien entre l’hospitalisation chez ces jeunes qui ont eu des problèmes après avoir consommé drogues et-ou alcool et les problèmes de santé mentale. Il peut s’agir de schizophrénie, de troubles psychotiques, de troubles anxieux, de troubles de l’humeur ou affectifs, par exemple.

«On voit que 70 pour cent des jeunes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une drogue ou de l’alcool sont aussi traités pour un problème de santé mentale. Et c’est une proportion environ deux fois plus élevée que pour les adultes qui sont hospitalisés suite à l’utilisation d’une substance», a-t-elle relevé.

Elle rappelle que cette étude de 2017-2018 date d’avant la légalisation du cannabis au pays.

Fait à noter, c’est le cannabis, suivi de l’alcool, qui entraîne la majorité des hospitalisations en raison des problèmes causés par l’utilisation de ces «substances» étudiées.

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Santé

Des organismes de santé publique réclament plus de restrictions au vapotage

OTTAWA — Huit organismes qui luttent pour la santé des Canadiens demandent au gouvernement fédéral d'adopter d'ici la fin de l'année des mesures urgentes pour traiter le vapotage comme le tabagisme.

Ces organisations demandent l'adoption rapide d'un décret provisoire pour mettre un terme au marketing des produits de vapotage, limiter les arômes disponibles et règlementer la teneur en nicotine.

La coalition soutient qu'étant donné les délais encourus habituellement pendant et après un scrutin, «la seule façon de mettre en place des mesures de protection pendant l'année en cours est de prendre un arrêté d'urgence en vertu de la Loi sur le ministère de la Santé». Ces groupes affirment que tout délai augmentera les risques pour les Canadiens et ils demandent aux partis fédéraux de s'engager à adopter un décret provisoire dans les 60 jours suivant la formation du prochain gouvernement.

Cette coalition comprend notamment l'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer, l'Association pulmonaire du Canada, Coeur et AVC, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et les Médecins pour un Canada sans fumée.

«Le vapotage chez les jeunes est devenu une crise de santé publique», a déclaré sans ombrage le président de l'Association médicale canadienne, le Dr Sandy Buchman.

Cet appel intervient au moment où l'on vient de signaler un cas de maladie grave liée au vapotage à London, en Ontario, et que des centaines de cas apparaissent aux États-Unis, qui ont fait sept morts.

«Même en faisant abstraction des récents rapports tragiques qui ont établi que des décès et des maladies respiratoires aigües ont été causés par le vapotage, il a été démontré que ces produits augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, d'altération du développement cérébral chez les adolescents et d'issues défavorables de la grossesse», a rappelé Cynthia Callard, directrice générale de Médecins pour un Canada sans fumée.

Santé Canada a publié jeudi après-midi un rappel priant les Canadiens utilisant des produits de vapotage «de surveiller l'apparition chez eux de symptômes de maladie pulmonaire et de consulter un médecin sans tarder s'ils ont des préoccupations relatives à leur santé».

L'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada disent être au courant du rapport du Bureau de santé de Middlesex-London. Les deux agences mentionnent qu'elles ont «fourni aux provinces et aux territoires des directives nationales sur l'identification des cas possibles de maladie pulmonaire grave liée au vapotage ou à l'utilisation de la cigarette électronique au pays».

Un sondage réalisé pour Santé Canada, publié cette année, a révélé qu'un élève du secondaire sur cinq déclarait utiliser des produits de vapotage; chez les jeunes de 13 et 14 ans, ce taux était d'un sur sept.

«Cette crise est le résultat d'une règlementation inadéquate et d'un marketing irresponsable, estime Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. L'assouplissement des règles par le gouvernement l'an dernier a permis aux fabricants de tabac et de nicotine d'inonder le marché de ces appareils accessibles aux jeunes en les rendant attrayants, savoureux et bon marché, et en les promouvant dans les médias sociaux, à la télévision et par d'autres moyens qui rejoignent les jeunes.»

Santé

Une entente qui pourrait «éliminer» les heures supplémentaires obligatoires au CISSSO

Après un début de semaine marqué par deux sit-in à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et le syndicat représentant ses professionnelles en soins ont conclu une entente ayant «comme objectif de diminuer, voire d’éliminer» les heures supplémentaires obligatoires.

Tant du côté patronal que syndical, on estime que l’entente permettra d’atténuer la pression que vivent les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes des urgences, mais aussi des autres unités de soins où la pénurie se fait sentir, et ce pour «l’ensemble de la région», a précisé le président par intérim du Syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay.

«C’est la première fois depuis la création du CISSSO [en 2015] que je vois que l’employeur veut travailler avec nous», a-t-il souligné.

Du côté du CISSSO, la directrice des soins infirmiers, Marie-Ève Cloutier, a indiqué que le travail effectué mercredi en présence de représentants du Tribunal administratif du travail a permis d’en arriver à «une vision commune» des mesures à mettre en place pour mettre fin à la crise causée par la pénurie de personnel.

À l’heure actuelle, uniquement pour l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, il y a «six à sept postes vacants» chez les professionnelles en soins, de même que «quatre ou cinq postes» inoccupés en raison d’absences prolongées.

L’entente prévoit notamment une révision des «structures de postes», ce qui pourrait par exemple se traduire par la conversion de postes à temps partiel en temps complet. «Ce qu’on veut, c’est s’assurer d’avoir le personnel en quantité suffisante», a mentionné Mme Cloutier.

Il est aussi prévu qu’une «infirmière polyvalente» soit ajoutée lors de chaque quart de travail à l’urgence de Gatineau afin de soutenir les équipes en place. Cette mesure devrait entrer en vigueur dès vendredi, a fait savoir M. Guay.

La possibilité d’instaurer davantage de quarts de travail de 12 heures sera aussi évaluée. Les professionnelles optant pour une telle option ont accès à une prime de 7% découlant du statut particulier octroyé au réseau de la santé de la région en 2007.

Toutes ces mesures seront financées à même le budget du CISSSO. Mme Cloutier a précisé que l’organisation pourra récupérer une somme «assez importante» si elle parvient à réduire le recours aux heures supplémentaires. En parallèle, le CISSSO se dit toutefois prêt à rehausser ses dépenses auprès d’agences privées d’infirmières pour réduire la pression actuellement observée.

Une analyse sera aussi faite afin de voir s’il est possible d’ajouter une infirmière praticienne spécialisée (IPS) à l’urgence, pour voir les cas moins prioritaires. Cette avenue devra toutefois faire l’objet de «discussions» avec le ministère de la Santé, a précisé Mme Cloutier, puisque les orientations actuelles à Québec ne prévoient pas l’intégration d’IPS dans les urgences.

Les deux parties étudieront aussi «la possibilité d’implanter un système d’autogestion des horaires favorisant la conciliation travail-vie personnelle», de sorte que les professionnelles participeraient à la confection des horaires en fonction de leurs disponibilités et des besoins de l’organisation.

En début de semaine, les professionnelles en soins de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau avaient participé à deux sit-in en refusant de commencer leur quart de travail, estimant ne pas être assez nombreuses pour assurer la prestation de soins aux dizaines de patients qui s’y trouvaient. Mardi soir, afin d’atténuer la pression à cette même urgence, les ambulances transportant des patients ne nécessitant pas de soins spécialisés avaient été détournées vers l’Hôpital de Papineau.

«Je considère toujours les sit-in comme un appel à l’aide de dernier recours, a mentionné M. Guay. Je pense que c’est là que l’employeur a compris l’ampleur de la détresse psychologiques de nos membres.»

Santé

Engorgement des urgences: des conséquences jusque dans les CHSLD

L’engorgement des salles d’urgence et des différentes unités des hôpitaux de Hull et de Gatineau n’est pas sans conséquence pour les patients en attente de soins de longue durée. Le Droit a appris qu’un patient a dû se contenter d’une salle « multifonctionnelle » en guise de chambre, mercredi, au centre d’hébergement La Pietà.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a confirmé par écrit qu’un patient admis mercredi matin au troisième étage du centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) La Pietà a été temporairement « placé dans une salle qui est multifonctionnelle, qui sert parfois de salle de réunion ou de chambre pour les patients transitoires ».

Santé

Un premier cas de maladie respiratoire liée au vapotage signalé en Ontario

TORONTO — Les autorités médicales de London, en Ontario, ont signalé mercredi le cas d’un adolescent qui a souffert d’une maladie pulmonaire grave après avoir vapoté sur une base quotidienne.

Il s’agirait du premier cas de maladie respiratoire sévère liée au vapotage à être confirmé au pays.

Le Bureau de santé de Middlesex-London précise que le jeune patient s’est retrouvé sous respirateur artificiel aux soins intensifs, mais qu’il a depuis obtenu son congé de l’hôpital.

Le médecin-hygiéniste de cette unité de soins intensifs, Christopher Mackie, affirme que toute autre cause potentielle de ce trouble respiratoire, comme un cancer ou une maladie affectant son système immunitaire, a été étudiée et écartée.

«Le seul problème identifié est que l’individu fumait des cigarettes électroniques», explique le docteur Mackie.

Santé Canada a récemment averti les vapoteurs de surveiller l’apparition de symptômes tels que la toux, l’essoufflement, la fatigue, la diarrhée, le vomissement et les douleurs à la poitrine. Le ministère fédéral a également demandé aux professionnels de la santé de poser des questions à leurs patients sur leur utilisation de cigarettes électroniques et de leur demander s’ils ont des problèmes respiratoires.

Les responsables de la santé des États-Unis enquêtent sur des centaines de cas de problèmes respiratoires graves chez les personnes utilisant des appareils de vapotage. Ils ont enregistré 380 cas pour le moins probables, dont six décès.

Certains chercheurs américains pointent du doigt l’acétate de vitamine E, un agent épaississant utilisé dans les produits de vapotage qui peut causer des pneumonies lorsqu’il est inhalé.

Les autorités provinciales se mobilisent

Le cas de l’adolescent de London a été rapporté quelques heures seulement après que la ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, eut ordonné à tous les hôpitaux publics de la province de signaler les cas de pneumopathie grave liée au vapotage.

La ministre s’est dite de plus en plus préoccupée par les conséquences possibles du vapotage sur la santé, en particulier chez les jeunes, mais les données disponibles dans la province sont insuffisantes pour comprendre le problème et consulter des experts sur des pistes de solution.

Une porte-parole de la ministre a déclaré que le cas de l’adolescent rapporté mercredi «souligne l’importance de collecter ce genre de données auprès des hôpitaux pour aller de l’avant et trouver des solutions fondées sur les preuves».

L’Alberta a également commencé à exiger que ses professionnels de la santé rapportent les cas suspects en vertu de la loi provinciale sur la santé publique.

Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique a pour sa part indiqué la semaine dernière qu’il se préparait à s’attaquer à cet enjeu, notamment par la sensibilisation, afin de réduire le nombre de jeunes qui se tournent vers le vapotage.

En Nouvelle-Écosse, le médecin-hygiéniste en chef dit qu’il a commencé à contacter informellement les unités de soins intensifs et les experts en troubles respiratoires à travers la province, à la recherche de cas similaires à ceux rapportés aux États-Unis.

Les six victimes américaines avaient toutes atteint l’âge adulte et certaines avaient des problèmes pulmonaires préexistants ou des conditions qui les rendaient plus fragiles. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis ignorent s’il s’agit d’un phénomène nouveau ou s’il vient à peine d’être mis en lumière.

Santé

Surplus budgétaires: les infirmières veulent leur part du gâteau

François Legault nuit au processus de négociation en vue du renouvellement des conventions collectives des employés du secteur public, du jamais vu, dénonce la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Dans une sortie virulente à La Presse canadienne mardi, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, accuse le premier ministre d’avoir «déjà dans sa tête la piste d’atterrissage» avant même le début des négociations.

«Les infirmières ne comprennent pas», a-t-elle laissé tomber au bout du fil. La Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de tout faire pour abolir le temps supplémentaire obligatoire, en plus d’évoquer un rattrapage salarial avec les infirmières ontariennes.

La semaine dernière, M. Legault a déclaré que le surplus budgétaire n’appartenait ni aux syndicats ni aux groupes de pression. Il a prévenu les employés du secteur public qu’ils ne devaient pas s’attendre à obtenir des augmentations salariales supérieures à l’inflation.

Il prévoit toutefois des exceptions pour les préposés aux bénéficiaires et les enseignants en début de carrière. «Pour l’instant, il n’y a pas d’autres groupes», a-t-il précisé, mardi.

«Comment peut-il dès lors nommer deux types d’emploi dans tout le réseau actuellement qu’il va privilégier? a réagi Mme Bédard. Ça ne se peut pas en début de négos, ça ne se peut pas quand il n’y a aucune représentation de faite, nos travaux ne sont pas là. On fait ça de façon rigoureuse, il faut regarder l’ensemble de l’œuvre avant de dire d’ores et déjà qu’avant une négociation, lui a déjà dans sa tête la piste d’atterrissage, c’est du jamais vu.

«Est-ce qu’on va pouvoir négocier? Est-ce que ça va être de bonne foi? Qu’est-ce qu’il est en train de dire comme message? Ça n’a aucun sens au Québec actuellement. Je ne peux pas croire que ça fait partie d’une stratégie. C’est assez particulier», a-t-elle fulminé.

Legault veut utiliser le surplus à sa guise

Plus tôt en point de presse, M. Legault a dit se sentir parfaitement en droit de consacrer le surplus budgétaire à la réalisation de certaines promesses électorales de son parti, la CAQ.

L’opposition officielle le prie plutôt de faire passer le bien commun avant ses intérêts partisans.

M. Legault s’est défendu en affirmant que les Québécois qui ont voté pour la CAQ s’attendent à ce qu’il respecte ses engagements, notamment ceux visant à réduire la taxe scolaire et les tarifs de garderie.

«Je tiens pour acquis que les Québécois qui ont voté pour la CAQ s’attendent à ce que les promesses faites par la CAQ soient respectées, a-t-il déclaré. Une fois qu’on a un gouvernement majoritaire, oui, moi je me sens lié par ce que j’ai promis.»

Au dernier scrutin, la CAQ a obtenu 37,5 % des votes exprimés. Le Parti libéral du Québec (PLQ) a formé l’opposition officielle avec 25 % des voix, le Parti québécois (PQ) en a récolté 17 % et Québec solidaire (QS), 16 %.

Le surplus budgétaire devrait atteindre cette année 4,3 milliards $, selon l’Institut du Québec, après le versement au Fonds des générations de quelque 3,1 milliards $. Il pourrait même dépasser les 5 milliards $, selon certaines estimations.

Le premier ministre a demandé d’être «prudent» en évoquant un surplus budgétaire de 4,3 milliards $. Selon lui, «on ne peut pas parler d’une marge de manœuvre de 4 milliards $» parce que des sommes ont déjà été affectées et parce qu’une partie du surplus est circonstancielle et non structurelle.

Conflit de travail ABI, prise deux?

Les déclarations de M. Legault ont fait bondir le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, qui estime que le surplus budgétaire appartient «à l’ensemble des Québécois».

Selon lui, le Québec est en train de revivre le conflit de travail à l’aluminerie ABI. Rappelons que ce lock-out a duré des mois et que M. Legault s’est publiquement prononcé en faveur de la partie patronale.

Le dossier ABI «a probablement traîné quelques mois de plus à cause de l’intervention du premier ministre qui a fait en sorte que les parties ne se sont pas parlé pendant plusieurs semaines», analyse M. Arcand.

«J’ai l’impression de revivre ça, ça n’augure rien de bon, a-t-il déclaré en mêlée de presse mardi, jour de rentrée parlementaire à Québec. Il faut absolument [...] amener des politiques qui sont d’intérêt public.»

Nancy Bédard partage le même avis. «Pour moi, [le dossier ABI] c’est la même chose. Très mauvais message», a-t-elle lancé.

Les libéraux ont plaidé pour que les employés de l’État soient rémunérés «de façon convenable». «Avant de commercer une négociation, la première chose, c’est qu’il faut créer un climat de confiance. Je ne crois pas que par ses déclarations, le premier ministre va créer ce climat de confiance à la table de négociations», a renchéri Pierre Arcand.

Santé

Le Syndicat des professionnelles en soins pourrait déposer des griefs

Des griefs pour « intimidation » et « harcèlement » pourraient être déposés par le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) en raison de l’attitude de cadres du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

En plein cœur de la nuit de lundi à mardi, la tension était forte à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, où les infirmières ont observé un sit-in en raison du manque de ressources. Au même moment, une cinquantaine de patients y occupaient des civières.

Santé

Deux sit-in à l'urgence de l'Hôpital de Gatineau

Après un premier sit-in de cinq heures dans la nuit de lundi à mardi, des infirmières de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau ont refusé de commencer leur quart de travail de mardi soir, estimant ne pas être assez nombreuses pour offrir des soins de qualité aux dizaines de patients qui s’y trouvaient sur des civières.

Déjà en pleine tourmente en raison du sit-in survenu dans la nuit de lundi à mardi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a dû faire face à un scénario similaire, mardi après-midi. Il manquait alors cinq professionnelles en soins pour le quart de  travail débutant à 16 h.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) a pu rencontrer la haute direction du CISSSO peu de temps après le début de ce deuxième sit-in, qui a pris fin vers 19 h. Le président par intérim du SPSO, Patrick Guay, a indiqué au Droit que la rencontre a été « positive » et que des pistes de solutions intéressantes sont sur la table.

M. Guay a également fait savoir qu’afin d’alléger la pression après le sit-in, les ambulances transportant des patients ne nécessitant pas de soins spécialisés offerts uniquement à l’Hôpital de Gatineau ont été « détournées vers l’Hôpital de Papineau jusqu’à 23 h », mardi.

Une autre rencontre avec les dirigeants du CISSSO, cette fois en présence de conciliatrices du Tribunal administratif du Travail (TAT), doit avoir lieu mercredi après-midi.

Sur papier, l’urgence de l’Hôpital de Gatineau compte 28 civières. Dans la nuit de lundi à mardi, il y a eu jusqu’à 52 patients sur des civières — un taux d’occupation de 186 %. Mardi soir, ce taux était encore élevé, à 171 %.

Une infirmière s’est confiée au Droit, sous le couvert de l’anonymat, sur le déroulement du sit-in de la nuit de lundi à mardi. « La majorité des filles de soir étaient déjà en quart de 12 heures ou de 16 heures et ne pouvaient pas rester pour un autre quart complet, mais nous, on n’était pas assez pour assurer la qualité de soins [pendant la nuit], raconte-t-elle. Il y avait 52 patients couchés partout dans l’urgence, il n’y avait pas de civières physiques pour tout le monde. »

Deux des cinq infirmières « ciblées » pour rester sur une base obligatoire « étaient complètement inaptes » et sont parties, poursuit-elle.

Les infirmières du quart de nuit ont pris la relève aux environs de 4 h 30, pour accorder du répit à leurs collègues de soir qui étaient toujours en poste. « L’employeur n’a pas de solution à court terme », dénonce l’infirmière à qui nous avons parlé.

Pas de renfort

Au SPSO, Patrick Guay a indiqué avoir demandé que des cadres soient appelés en renfort. « Mais ils ne sont pas rentrés », déplore-t-il.

Le SPSO, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), a aussi dénoncé la situation sur sa page Facebook.

« Cette situation est survenue 12 heures après la manifestation et la visite de la présidente de la FIQ Nancy Bédard pour dénoncer la situation [...], y est-il écrit. Nous avons même reçu un appel des services essentiels à la suite d’une plainte de l’employeur pour le sit-in. »

Le CISSSO a indiqué, dans une brève réponse écrite, que les services ont « été maintenus » malgré le sit-in. Le TAT confirme pour sa part être intervenu « auprès des parties » aux environs de 3 h. « Vers la fin de la nuit, vers 5 h du matin, nous avons eu l’assurance que les services allaient être offerts aux usagers », a indiqué la porte-parole du TAT, Céline Jacob.

Santé

Première pelletée de terre pour l’agrandissement de la Maison Mathieu-Froment-Savoie

La première pelletée de terre pour le projet d’agrandissement de la Maison Mathieu-Froment-Savoie (MMFS) a eu lieu lundi matin.

Le projet permettra notamment d’ajouter cinq lits supplémentaires dans ce centre de soins palliatifs, en plus d’améliorer les infrastructures existantes. Simultanément, la Fondation Mathieu-Froment-Savoie a lancé une campagne de financement de 3 millions $ dans le but d’améliorer l’accès aux soins palliatifs en Outaouais.

Répondant présentement à 35 % de la demande, la MMFS est devenue « l’un des centres de soins palliatifs les plus achalandés du Québec », écrit la Fondation dans un communiqué.

La campagne permettra également d’élargir les services du centre de ressourcement le Havre.

Santé

Les professionnelles en soins dénoncent les propos de la PDG du CISSSO

Des dizaines de professionnelles en soins de l'Outaouais ont manifesté lundi afin de dénoncer que leur grande patronne ait évoqué un manque de «rigueur» pour expliquer les nombreux rapports de coroners visant le réseau de la santé de la région ces dernières années.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard, était de passage devant l'Hôpital de Gatineau, lundi midi, pour soutenir ses membres qui y manifestaient leur mécontentement. Au même moment, d'autres professionnelles manifestaient devant l'Hôpital de Papineau.

La semaine dernière, la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Josée Filion, avait nié que le manque de ressources financières puisse être à l'origine de décès évitables au cours des dernières années.

«On doit continuellement chercher à améliorer nos pratiques et nos façons de faire, avait-elle aussi souligné. […] La rigueur et le respect de celles-ci sont de mise dans chaque geste que nous posons au quotidien, et ce par l’ensemble des employés.»

Le Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO-FIQ) n'a pas digéré cette allusion à la rigueur. «C'est un manque de sensibilité flagrant, c'est irrespectueux, a lancé le président par intérim du SPSO, Patrick Guay. […] Il n'y a pas une professionnelle qui se lève le matin en disant 'je fais une erreur ce matin'.»

La pénurie de personnel et «la surcharge de travail» qui en découle sont plutôt à blâmer, affirme M. Guay. Lorsqu'il manque de professionnelles sur une unité de soins, celles qui sont au travail ne peuvent «pas donner le même niveau de qualité de soins», dit-il.

«C'est difficile, souligne Caroline Dufour, qui travaille à l'urgence de l'Hôpital de Gatineau. On est toujours en sous-effectif parce que l'achalandage est à 150% et plus tout le temps. […] L'employeur utilise notre code de déontologie pour nous forcer à rester, mais mon code de déontologie dit aussi que si je suis inapte, je dois quitter. En ce moment, ce qu'on nous dit ici, c'est que si on est inapte et qu'on reste, ça va être quand même de notre faute [si une erreur est commise] parce qu'il faut faire preuve de rigueur.»

Après l'épisode de l'annulation de l'offre d'une rémunération à taux double pour les heures supplémentaires pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail, Patrick Guay estime que Mme Filion «ajoute l'insulte à l'injure en laissant planer des doutes sur la compétence des professionnelles en soins».

«Elle doit faire ses devoirs»

La présidente de la FIQ n'a pour sa part pas été tendre à l'endroit de la grande patronne du CISSSO. «Ça fait six mois qu'elle est en poste, […] alors les professionnelles en soins s'attendent d'elle qu'elle passe à l'action et qu'elle annonce des mesures, a lancé Mme Bédard. […] Elle doit faire ses devoirs et s'assurer que les professionnelles en soins aient les moyens de soigner.»

La partie syndicale réclame notamment la mise en place de «ratios sécuritaires», une mesure ayant donné des résultats «positifs» dans le cadre d'un projet pilote à l'urgence de l'Hôpital de Hull.

Alors que les négociations entre la FIQ et le gouvernement doivent s'entamer cet automne, le syndicat souhaite que des solutions soient mises en place rapidement. Les fonds du statut particulier accordé à la région en 2007 devraient entre autres servir atténuer la pression que vivent les employés, estime le syndicat.

«Il faut qu'on trouve des solutions, on n'a pas le choix, insiste Patrick Guay. Encore en fin de semaine, ils ont travaillé en moins à l'urgence et il y avait 57 patients. C'est inadmissible que l'assistance infirmière chef revienne sur le plancher. Elle a délaissé toutes les tâches administratives qu'elle doit faire pour aller donner des soins.»

Santé

L’impact de la langue sur la qualité des soins

L’impossibilité d’obtenir des soins de santé dans sa langue maternelle pourrait avoir un impact négatif significatif sur la qualité et la sécurité des services obtenus, révèle une récente étude basée sur les dossiers de dizaines de milliers de patients ontariens.

L’étude à laquelle a participé le Dr Denis Prud’homme, directeur scientifique de l’Institut du savoir Montfort, explore le phénomène de « discordance linguistique » en santé, qui survient lorsqu’un patient n’obtient pas de services dans sa langue maternelle.

Santé

La mère de la petite Charlotte rêve d’un « CHEO » en Outaouais

L’Outaouais devrait avoir son propre « CHEO », selon la mère de la petite Charlotte Mantha, cette enfant de Thurso décédée de l’influenza en janvier dernier.

Nancy Bouchard caresse ce rêve à long terme. En attendant, et afin d’améliorer rapidement les soins pour les enfants de l’Outaouais, sa famille organise une journée festive, ce samedi, afin de recueillir de l’argent au profit de la Fondation Santé Gatineau.

Santé

Un hygiéniste dentaire suspendu pour avoir soigné sa femme

TORONTO — Un hygiéniste dentaire dont le permis de pratique a été suspendu sous prétexte d’agression sexuelle parce qu’il a traité sa femme n’est pas parvenu à faire annuler la décision.

La décision de la Cour divisionnaire de l’Ontario confirmant la peine «sévère» infligée à Alexandru Tanase a été prise même si les régulateurs ont proposé d’autoriser les hygiénistes à traiter les conjoints comme peuvent le faire les dentistes.

«Il n’y a pas d’autre cas d’hygiéniste dentaire au Canada qui ait été reconnu coupable d’abus sexuel pour avoir traité sa femme, a noté la Cour dans sa décision. Il est en effet regrettable que le comité de discipline ait choisi de traiter la plainte.»

Amie devenue amoureuse

Une audience disciplinaire a eu lieu à la suite d’une plainte déposée auprès de l’Ordre des hygiénistes dentaires de l’Ontario par un collègue qui avait repéré une publication faite sur Facebook en juin 2016 par l’épouse de M. Tanase, identifiée par les lettres S.M., au sujet des soins qu’il lui avait prodigués.

La preuve présentée au comité de discipline indiquait que S.M. craignait les soins dentaires et qu’elle ne recevait aucun soin depuis plusieurs années lorsqu’elle est devenue une amie platonique de M. Tanase en 2012. Il lui a rapidement offert un traitement gratuit en cabinet.

Au milieu de l’année 2014, des documents du tribunal indiquent qu’ils sont devenus amoureux et qu’il a cessé de la soigner parce que les relations sexuelles sont interdites entre les professionnels de la santé et leurs patients. La province a adopté la politique de tolérance zéro en 1993 afin d’éviter que des patients soient exploités. Le consentement n’a aucune importance.

Confusion

Alors qu’il travaillait dans une clinique à Guelph, en Ontario, un collègue a indiqué à Alexandru Tanase que les hygiénistes dentaires étaient autorisées à soigner leur conjoint. En fait, le Collège a approuvé une exemption pour conjoint en septembre 2015, mais le législateur n’a jamais adopté le règlement, comme il l’a fait pour les dentistes.

Sur la base de sa compréhension erronée de la loi, M. Tanase a recommencé à traiter sa fiancée, qui se serait sinon opposée au traitement, et a continué de le faire après leur mariage au début de l’année 2016.

Le comité de discipline a décidé qu’il n’avait d’autre choix que de conclure que M. Tanase avait violé l’interdiction d’avoir des relations sexuelles avec un patient — même si la patiente était son épouse et que les relations sexuelles étaient consensuelles — et qu’il fera donc l’objet d’une suspension automatique de son permis de pratique.

«Vous avez payé un lourd tribut, a déclaré le comité. Nous espérons sincèrement vous revoir pratiquer la profession d’hygiéniste dentaire.»

M. Tanase a interjeté appel devant les tribunaux, arguant que la loi violait ses droits constitutionnels.

Dans sa décision, le comité de la Cour divisionnaire a déclaré que M. Tanase ne représentait aucun danger pour le public et a exprimé sa sympathie pour le couple, sachant que M. Tanase ne pourrait pas exercer avant au moins cinq ans.

Traitement «injuste»

Le comité a noté un cas passé dans lequel le Collège n’avait imposé aucune mesure disciplinaire contre une hygiéniste ayant traité son mari étant donné leur relation conjugale préexistante et s’était demandé pourquoi la plainte à l’égard de M. Tanase a fait tant de chemin. Le tribunal a également estimé qu’il lui semblait injuste que les dentistes puissent traiter leur conjoint, mais pas les hygiénistes.

Néanmoins, le comité a jugé que la révocation de la licence à titre d’«agresseur sexuel» et que «la stigmatisation» de l’affichage de détails de sa sanction sur le site Web du collège était constitutionnelle et ne constituait pas un châtiment cruel ou inhabituel. La loi en vigueur et les décisions judiciaires antérieures confirment la validité de l’interdiction de relations sexuelles et la sanction obligatoire pour une violation le force à agir ainsi, a soutenu le tribunal.

«Tant que le gouvernement ontarien n’aura pas approuvé le règlement proposé par l’Ordre des hygiénistes dentaires pour promulguer une exemption pour conjoint, la révocation obligatoire et les mesures accessoires imposées par le comité de discipline à l’égard des conjoints doivent être maintenues», a déclaré le comité.

Le gouvernement n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire, mais l’avocat de M. Tanase, Seth Weinstein, a déclaré que son client envisageait de demander l’autorisation d’interjeter appel devant un tribunal formé de cinq juges, car la Cour d’appel avait déjà confirmé la validité de la loi.

«De notre point de vue, la loi n’a jamais été conçue pour punir cette conduite», a déclaré M. Weinstein.

Santé

Engorgement dans les urgences à Gatineau: jusqu’à 186 % de leur capacité

L’urgence de l’Hôpital de Gatineau comptait jeudi matin 52 patients sur civière, soit près du double de sa capacité normale. Pendant ce temps, pas moins de 27 lits sur les unités de soins de l’établissement étaient occupés par des usagers en attente d’une place dans une ressource mieux adaptée à leurs besoins.

Les taux d’occupation élevés ne semblent pas vouloir disparaître des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau. Avec 52 patients sur civière dans une urgence qui n’en compte techniquement que 28, le taux d’occupation atteignait 186 %, jeudi matin, à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau.

Santé

Nouvelle alliance pour les négos dans le secteur public

MONTRÉAL — La FIQ et l'APTS ont posé, mardi, les premiers jalons de leur alliance en vue de la négociation du secteur public. Elles veulent ainsi améliorer les conditions de travail de leurs membres dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Pour la première fois, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui compte 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, et l'Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS), qui compte 55 000 travailleuses sociales, techniciennes en laboratoires, éducatrices en centre jeunesse et autres, négocieront ensemble pour renouveler leurs conventions collectives.

Mardi, les deux organisations syndicales, composées à 90 pour cent de femmes, étaient réunies au Palais des congrès de Montréal, d'abord dans des salles séparées, puis ensemble pour sceller leur alliance.

«C'est une journée importante. C'est une première rencontre officielle», s'est réjouie en entrevue Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

L'alliance FIQ-APTS, qui représente 131 000 membres dans la santé et les services sociaux, déposera éventuellement au gouvernement du Québec des demandes communes portant sur les salaires, les régimes de retraite, les droits parentaux et les disparités régionales, a précisé en entrevue Carolle Dubé, présidente de l'APTS.

«On a des enjeux qui sont communs à nos titres d'emploi, qui vont teinter cette négociation-là de façon plus large, comme des problèmes de pénurie de main-d'oeuvre», a noté Mme Dubé. Les problèmes de surcharge de travail et de détresse psychologique s'ajoutent aux problèmes de recrutement et de rétention de la main-d'oeuvre.

Mme Bédard, de la FIQ, renchérit : «on vit les mêmes problématiques. On a fait les frais, assez au même niveau, des réformes, des coupures budgétaires, des décisions administratives qui ont été prises dans le réseau de la santé, dans les dernières années».

Ce qui lie l'APTS et la FIQ, c'est «la volonté de vouloir redresser les conditions de travail des gens qui travaillent au coeur du réseau de la santé au Québec», a résumé Mme Bédard.

Les conventions collectives de quelque 450 000 employés de l'État viendront à échéance en mars prochain. Normalement, les demandes des organisations syndicales sont déposées à la fin du mois d'octobre.

On ignore encore si le front commun intersyndical CSQ-CSN-FTQ parviendra à se reformer cette fois-ci.

Santé

Nombreux rapports de coroners: «la rigueur» à améliorer au CISSSO

Se retrouvant encore une fois dans les manchettes en raison du grand nombre de rapports de coroner visant l’organisation, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) «doit s’améliorer» et accroître sa «rigueur» dans la prestation de soins, reconnaît sa présidente-directrice générale, Josée Filion.

La publication du reportage «L’hôpital des erreurs» dans La Presse, lundi, a ébranlé le réseau de la santé de l’Outaouais. Grâce à la compilation de quelque 900 rapports de coroner, La Presse y révélait que de tous les établissements de la province, c’est au sein de l’ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau qu’il y a eu le plus de décès causés par des accidents médicaux au cours des deux dernières décennies.

Le Droit avait aussi révélé, au cours des deux dernières années, que parmi tous les centres de santé du Québec, c’est celui de l’Outaouais qui a été le plus souvent visé par des recommandations formulées par un coroner depuis le début 2016 - que les décès soient survenus dans un établissement de santé ou ailleurs.

«Les conclusions de l’enquête journalistique de La Presse, de même que les différents rapports de coroner publiés dans les derniers mois visant le CISSS de l’Outaouais, m’interpellent et me secouent, a réagi Mme Filion, mardi. [...] Est-ce que tout est parfait? Inutile de se mettre la tête dans le sable, il est évident que l’on doit s’améliorer. La qualité est la responsabilité de tous.»

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Le CISSSO souvent visé par des coroners (2017) 

Le CISSSO reste souvent visé par des coroners (2018)

Pour expliquer les nombreux rapports de coroners ayant atterri sur son bureau, la PDG a évoqué «un angle de manque de contrôles», de même qu’un possible manque «de conséquences». «Les gens ne sont pas tous déviants dans leurs pratiques», a-t-elle souligné.

La grande patronne du CISSSO avait invité tous les cadres supérieurs de l’organisation à assister à la conférence de presse. «Tout comme moi, ceux-ci ont une responsabilité envers la qualité des soins et des services offerts en Outaouais», a-t-elle mentionné.

Le CISSSO assure s’être «donné les moyens pour que la qualité des soins et des services s’améliore réellement». «Chaque direction a des objectifs, et ceux-ci seront évalués, a précisé Mme Filion. [...]  La population de l’Outaouais s’attend et a le droit à des soins et des services de qualité, et c’est notre responsabilité d’y répondre.»

«On doit continuellement chercher à améliorer nos pratiques et nos façons de faire, a-t-elle aussi souligné. La rigueur et le respect de celles-ci sont de mise dans chaque geste que nous posons au quotidien, et ce par l’ensemble des employés.»

Après avoir octroyé en juin dernier un contrat de 91 000$ pour obtenir les services d’un expert en gouvernance médicale, le CISSSO souhaite dénicher un autre spécialiste, cette fois pour obtenir «un oeil neuf, un oeil critique» afin de l’appuyer dans ses démarches d’amélioration de la qualité.

Tout en affirmant accorder une grande importance à l’amélioration des services, le CISSSO doit conjuguer les efforts qu’il consacre à cet objectif à une autre réalité, budgétaire celle-là. «On se doit, comme organisation responsable, d’avoir un budget en équilibre», a mentionné Mme Filion, qui soutient avoir les ressources financières adéquates «pour répondre aux besoins de la population». Elle considère donc que «le budget n’est pas un facteur» pouvant expliquer les nombreux rapports de coroners comportant des recommandations visant le CISSSO publiés ces dernières années.

Alors que les syndicats déplorent depuis longtemps le manque d’effectifs et la surcharge de travail qui en découle, Josée Filion estime que cela ne peut pas être une excuse pour justifier une qualité de soins amoindrie. «Un professionnel a l’obligation de donner des soins et services en bonne et due forme, selon les règles de l’art», a-t-elle insisté.

***

Parmi les rapports de coroners médiatisés ces dernières années en Outaouais:

- Hôpital de Gatineau: un octogénaire meurt après avoir reçu un opïoide par erreur 

- Asphyxié sous surveillance 

- Questions soulevées sur la mort tragique d’une mère et de son bébé 

- Décès après des mois d’attente pour un rendez-vous  

- Mort faute de «traitement en temps opportun» 

- Hôpital de Hull: Le décès «peut-être évitable» d’un septuagénaire 

- Calvaire mortel à l’Hôpital de Gatineau

Santé

Les infections attrapées par les patients dans les hôpitaux en baisse de 30 %

Les infections attrapées par des patients à l'hôpital, qui peuvent être mortelles, comme celles causées par la bactérie C. difficile, sont en baisse de 30 %, rapportent des analyses d'un groupe de chercheurs faisant partie du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN).

Cette diminution a été constatée entre 2009 et 2017, dans toutes les régions du Canada.

«C'est certainement une bonne nouvelle», s'est exclamé en entrevue avec La Presse canadienne le docteur Geoffrey Taylor, l'auteur principal de cette étude, qui enseigne la médecine à l'Université de l'Alberta, et qui fait partie du PCSIN. Le docteur espère que ce constat va rassurer les gens.

La proportion de patients qui avaient attrapé une infection à l'hôpital en 2017 était de 7,9 %, soit une baisse de 30 % par rapport à la proportion de 11,3 % qui avait été enregistrée en 2009.

L'infection la plus courante était l'infection urinaire (32 % du total des infections — mais environ 4 % du total des patients hospitalisés), suivie de la pneumonie (23 % du total des infections recensées), des infections du site opératoire (20 %), des infections du système sanguin (15 % et des infections causées par la bactérie C. difficile (9 %).

Les conclusions de cette recherche ont été publiées lundi dans le Journal de l'Association médicale canadienne. Cette surveillance est importante, car les infections liées aux hospitalisations sont une cause courante de morbidité et de mortalité chez les patients.

Et pourquoi cette baisse en 2017?

«Il n'y a pas qu'une seule raison pour cette diminution générale de tous les types d'infections», a souligné en entrevue le Dr Taylor, qui est aussi un directeur médical à l'Hôpital de l'Université de l'Alberta.

«Cela suggère que les hôpitaux ont utilisé une variété de méthodes pour prévenir les infections, comme une amélioration du lavage des mains, de meilleurs programmes de gestion de l'utilisation des antimicrobiens, parmi d'autres mesures», dit-il.

«Et cela a été payant», se réjouit-il.

Mais un nouveau problème est toutefois apparu.

Des entérobactéries résistantes aux carbapénèmes (ERC), soit des bactéries qui sont résistantes à une classe d'antibiotiques appelée «carbapénèmes» — ce qui rend les infections extrêmement difficiles à traiter — ont été identifiées pour la première fois en 2017, une situation qui préoccupe le docteur Taylor. Il y a eu juste trois cas, dit-il, mais il faut agir maintenant.

Car bien qu'il y ait eu un déclin de la prévalence des infections liées aux soins de santé en 2017 comparativement aux années précédentes, plus de travail est nécessaire pour prévenir celles associées aux instruments médicaux et aux organismes résistants aux antibiotiques, préviennent les membres du PCSIN.

Le Dr Taylor estime qu'il faut encore plus de surveillance de ces types d'infection pour bien comprendre leurs mécanismes et aussi pour mieux orienter la recherche future.

Pour cette analyse qui s'est étalée sur plusieurs années, les chercheurs rapportent que 6747 patients y ont participé en 2002, 8902 en 2009 et 9929 en 2017.

Santé

Les boissons gazeuses augmenteraient le risque de mortalité

MONTRÉAL — Une augmentation de la consommation de boissons gazeuses sucrées accroîtrait aussi le risque de mortalité, selon une nouvelle étude espagnole.

Les chercheurs ont suivi pendant 16 ans plus de 450 000 sujets, hommes et femmes, provenant de dix pays européens. Leurs conclusions s’appliquent aussi bien aux boissons gazeuses sucrées naturellement qu’artificiellement.

La consommation de deux verres ou plus chaque jour de boisson gazeuse, comparativement à moins d’un verre par mois, a été associée à une augmentation du risque de mortalité, toutes causes confondues.

Une association positive a aussi été constatée entre la consommation quotidienne de deux verres de boisson gazeuse et les décès dus à un problème circulatoire. Il en va de même entre la consommation d’un verre par jour et les décès dus à des maladies digestives.

Aucune association n’a été détectée entre la consommation de boissons gazeuses et les décès causés par le cancer.

Les auteurs de l’étude admettent qu’elle ne leur permet pas d’établir un lien de causalité entre la consommation de boissons gazeuses et les causes de décès.

Cette étude a été coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer, une division de l’Organisation mondiale de la Santé qui s’intéresse aux causes du cancer chez l’humain.

Santé

Alimentation, microbiome et Alzheimer pourraient être liés

MONTRÉAL — Une alimentation qui modifierait la composition de la flore intestinale pourrait réduire le risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer, croient des chercheurs de l’Université américaine Wake Forest.

Lors d’une étude de petite envergure, les chercheurs ont détecté chez des patients souffrant d’un léger déclin cognitif la signature chimique de certaines bactéries intestinales qui étaient absentes chez des patients en santé.

Ils ont ensuite mesuré une corrélation entre ces signatures bactériennes et des marqueurs élevés de la maladie d’Alzheimer dans le liquide céphalorachidien des participants présentant un léger déclin cognitif.

Les chercheurs ont enfin constaté qu’une alimentation méditerranéenne cétogène modifiée altérait la flore intestinale d’une manière qui était ensuite associée à des niveaux réduits de marqueurs de la maladie d’Alzheimer dans les deux groupes.

Un des auteurs de l’étude, le docteur Hariom Yadav, a expliqué dans un communiqué que «cette étude laisse entendre que la maladie d’Alzheimer est associée à des changements spécifiques de la flore intestinale et qu’un type de régime méditerranéen cétogène pourrait modifier le microbiome d’une manière qui pourrait avoir un impact sur le développement de la démence».

Seulement 17 aînés, dont onze présentaient un léger déclin cognitif, ont participé à cette étude. Certains ont adopté l’alimentation méditerranéenne cétogène modifiée, d’autres un régime faible en gras et riche en glucide pendant six semaines. Les alimentations ont été inversées après une pause de six semaines.

Les conclusions de cette étude ont été dévoilées par le journal médical EBioMedicine, qui est publié par The Lancet.

Santé

Heures sup obligatoires des infirmières: la FIQ demande une révision au tribunal

MONTRÉAL — La FIQ se retrouve de nouveau devant le tribunal, lundi, pour son long combat contre les heures supplémentaires obligatoires imposées aux infirmières.

La Fédération interprofessionnelle de la santé, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, a déposé une requête pour demander au Tribunal administratif du travail de revoir la décision qu'il avait rendue à ce sujet, en avril dernier.

Le tribunal avait alors refusé de s'ingérer dans la question du recours au fameux TSO - le Temps supplémentaire obligatoire - comme mode de gestion des ressources infirmières.

La FIQ estime que le recours au TSO est trop fréquent, que les directions d'établissements y ont recours sans chercher d'autres solutions, alors qu'il devrait n'être qu'exceptionnel ou pour les situations urgentes.

Le combat de l'organisation syndicale contre le TSO avait culminé dans une Journée nationale sans TSO, le 8 avril.

La FIQ avait du même souffle porté son combat devant le tribunal, lui demandant d'ordonner aux gestionnaires des établissements de santé de cesser de gérer «de façon négligente, fautive et abusive les ressources professionnelles», portant ainsi atteinte aux services auxquels le public a droit.

La requête de la FIQ avait toutefois été rejetée. Le Tribunal administratif du travail avait estimé qu'il n'avait pas compétence pour rendre l'ordonnance requise par la FIQ. Il avait estimé qu'il ne lui appartenait pas de se substituer aux employeurs ou à la ministre de la Santé pour déterminer quels services doivent être offerts à la population ou comment les dispenser.

Le 27 mai, la FIQ a donc déposé sa requête en révision devant le tribunal. Les audiences commençaient lundi.

L'organisation syndicale mène en même temps une campagne contre le TSO, en donnant des exemples concrets des répercussions qu'il peut avoir sur la vie familiale et personnelle des infirmières et infirmières auxiliaires.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a déjà demandé aux directions d'établissements de «rehausser» les postes d'infirmières afin de diminuer le recours au TSO. Il s'agit par exemple de faire passer le nombre de jours de travail de deux à trois ou de trois à quatre ou de quatre à cinq, ce qui devrait permettre de stabiliser les équipes soignantes, de rendre les postes plus attrayants et de diminuer le recours aux heures supplémentaires obligatoires.

Santé

L'hôpital des erreurs en Outaouais

Le Centre de santé et services sociaux de Gatineau est l’hôpital où sont survenues le plus de morts dues à des accidents médicaux au cours des 20 dernières années, indique la compilation de 900 rapports du coroner effectuée par La Presse.

L’Outaouais est la pire région du Québec en matière d’accidents médicaux : au cours de cette période, un habitant de l’Outaouais hospitalisé courait trois fois plus de risque de mourir des suites d’un accident médical qu’un Lavallois ou un Longueuillois. 

Une enquête de Katia Gagnon et de Fanny Lévesque.

Lire la suite de l'enquête intitulée «L'hôpital des erreurs» sur lapresse.ca.

Santé

Lacombe déçoit le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) est sorti « déçu » de sa rencontre avec le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, n’ayant obtenu « rien de tangible » pour alléger la pression actuellement vécue par ses membres.

Réclamée la semaine dernière par le SPSO, la rencontre avec le ministre Lacombe et la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Josée Filion, s’est tenue vendredi.

Santé

Le CISSSO manque de transparence, croit la FIQ

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard, ne croit pas que le respect des conventions collectives soit la véritable raison expliquant que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ait retiré son offre de payer à temps double les heures supplémentaires travaillées pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail.

« C’est un manque total de transparence et c’est de s’en prendre à l’intelligence des gens, a lancé la présidente de la FIQ au bout du fil, vendredi. […] Je n’ai jamais entendu autant d’absurdités que ça. »

Santé

Accès difficile à la pilule abortive au Québec

Alors qu’en Colombie-Britannique, 40% des femmes ayant obtenu un avortement se sont prévalues de la pilule abortive dans les 18 premiers mois suivant l’implantation du médicament, au Québec, cette proportion n’était que de 9% après la première année, révèle un rapport publié vendredi par des chercheuses de l’Université Laval. Pour l’équipe dirigée par la Dre Édith Guilbert, il reste encore au Québec «beaucoup de travail à faire pour rendre l’accès à l’avortement médical facile et équitable».

Sur la première page du rapport de recherche intitulé «La pilule abortive en 2019: pourquoi n’est-elle pas plus accessible?», on retrouve cette citation de Simone de Beauvoir: «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.»

Dans le cadre de leur étude, les chercheuses ont interviewé 37 médecins (25 médecins de famille et 12 obstétriciennes-gynécologues), majoritairement des femmes, de l’ensemble des régions du Québec.

D’emblée, elles soulignent que le système de santé québécois a les qualités requises pour «absorber» cette innovation qu’est la pilule abortive, accessible depuis janvier 2017 au Canada et depuis janvier 2018 au Québec. 

«Le système [au Québec] évolue dans une société favorable à l’accessibilité aux services d’avortement, malgré la persistance de quelques influences anti-choix», écrivent les auteures dans leur résumé de recherche.

Sauf que les normes de pratique sont considérées «confuses et exagérées» et ne permettent pas aux cliniciens, surtout ceux pratiquant en dehors des cliniques d’avortement, d’introduire facilement la pilule abortive dans leur pratique, observent-elles.

«Les exigences du Collège des médecins du Québec concernant la formation requises étaient considérées [par les médecins interviewées] comme n’étant pas adaptées aux besoins, aux disponibilités et aux préférences des médecins. De plus, ces normes ne suivaient ni l’évolution de l’acceptation sociale de l’accès aux services d’avortement, ni la libéralisation progressive de l’avortement, ni l’évolution des pratiques médicales et de la formation médicale, ni les données scientifiques», écrivent encore les chercheuses, précisant que «le réseau de médecins ciblés par le Collège des médecins pour utiliser la pilule abortive dans leur pratique peinait également à offrir cette nouvelle alternative».

En avril dernier, soit plus d’un an après l’implantation de la pilule abortive au Québec,  23 des 49 cliniques d’avortement (moins de 50%), la plupart en milieu rural, n’offraient toujours pas le service d’avortement médical avec la pilule abortive, note-t-on. 

Le rapport indique que les services d’avortement, quoi que nombreux au Québec, montrent des signes de fragilité. Plusieurs médecins interviewées ont fait état d’un manque de ressources infirmières et d’effectifs médicaux pour absorber la nouvelle pratique de la pilule abortive. L’accès à l’échographie serait également problématique, rapportent les chercheuses.

Autre obstacle: la fusion récente des établissements, qui a eu pour effet de centraliser les processus décisionnels et de ralentir l’approbation des protocoles de soins en avortement médical. Les participantes à l’étude ont aussi évoqué un certain «embourbement» sur le plan de la gestion et de la distribution de la pilule abortive, mentionnent les chercheuses. 

Selon elles, si la situation au Québec n’est pas différente de celle vécue dans certains pays européens et en Australie, où l’introduction de la pilule abortive s’est faite avec difficulté, elle est en revanche en discordance avec l’expérience de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, où plus de 30% des Ontariennes et 40% des Britanno-Colombiennes ayant obtenu un avortement se sont prévalues du médicament dans les 18 premiers mois suivant son implantation. Au Québec, cette proportion n’atteignait que 9% après la première année. 

Selon l’équipe de la Dre Guilbert, les nombreuses barrières à l’implantation de l’avortement médical avec la pilule abortive peuvent être réduites, pour autant qu’un leadership éclairé soit assumé par les autorités compétentes. 

«En tant que chercheures, nous ne pouvons que souhaiter que nos résultats de recherche soient utiles à notre système de santé, mais surtout qu’ils servent les intérêts des Québécoises de toutes les régions du Québec et leur permettent d’avoir un accès rapide et un choix libre et éclairé en matière d’avortement.»

Santé

Les pesticides fortement associés au Parkinson

MONTRÉAL — Une exposition aux pesticides est fortement associée au développement de la maladie de Parkinson, assure un mémoire qui sera présenté par Parkinson Québec à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles du Québec le 26 septembre prochain.

Le mémoire va même jusqu’à évoquer un «lien de causalité» entre les pesticides et le parkinson, ce qui signifierait qu’une exposition aux pesticides serait ensuite directement responsable de l’apparition de cette maladie neurodégénérative.

«La très grande majorité des études épidémiologiques revues concluent à un doublement du risque de [maladie de Parkinson] lié à l’exposition aux pesticides, peut-on lire dans le document rendu public jeudi. Ces résultats épidémiologiques sont constants dans le temps depuis 30 ans [...].»

Le mémoire recense pas moins de huit méta-analyses qui, entre 2000 et 2019, auraient conclu que l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de développer la maladie de Parkinson. Le document ajoute que l’exposition professionnelle, comme celle encourue par les agriculteurs, double à triple le risque de maladie.

«Dans l’ensemble de la communauté [scientifique], le lien est assez solide pour être considéré comme représentatif d’un modèle très, très solide, a commenté le professeur Michel Desjardins, un expert de la maladie de Parkinson qui enseigne au département de pathologie et biologie cellulaire de l’Université de Montréal et à qui La Presse canadienne a demandé son avis. Je ne suis pas étonné par les chiffres qu’ils avancent, compte tenu de l’effet de certains de ces produits chimiques sur la cellule.»

L’exposition résidentielle, dans les 500 mètres d’un lieu d’application d’une association de roténone, de manèbe et de zirame doublerait presque ce risque.

«Avec les données aujourd’hui, c’est évident que personne ne va s’approcher du roténone, a assuré Michel Desjardins. On le donne aux souris et elles développent des problèmes de Parkinson. C’est clair qu’il y a beaucoup plus de risques de développer la maladie de Parkinson quand on est fermier que quand on est postier.»

Exposition à l’enfance

Des tests réalisés sur des souris auraient démontré qu’une exposition pendant l’enfance multipliait jusqu’à six fois le risque de développer la maladie de Parkinson.

«Ça ne me surprend pas, a dit M. Desjardins. C’est clair que ces molécules-là vont stimuler les cellules qui vont engendrer une réponse auto-immune, et si elle se développe tôt dans la vie, ça peut effectivement mener plus rapidement, ou de façon plus significative, à la maladie de Parkinson.»

Au Québec, selon le mémoire de Parkinson Québec, 99 % des échantillons d’urine provenant d’enfants âgés de trois à sept ans présentent des métabolites de pesticides organophosphorés.

Plus de 25 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson au Québec.

Santé

Rémunération des médecins: Alain Dubuc de l’Institut du Québec préconise un gel

QUÉBEC - Le rattrapage salarial des médecins québécois a non seulement été atteint, mais il a été dépassé, particulièrement dans le cas des médecins de famille, selon un rapport de l’Institut du Québec (IDQ). L’auteur et ex-journaliste Alain Dubuc recommande au gouvernement Legault d’instaurer des mécanismes de correction, comme un gel ou une croissance très lente de la rémunération.

Dans son rapport de 55 pages intitulé «La rémunération des médecins: une approche économique», M. Dubuc, qui est professeur associé à HEC Montréal, revient sur le débat qui a fait rage au Québec. En campagne électorale, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et actuel premier ministre du Québec, François Legault, s’était engagé à réduire d’un milliard $ l’enveloppe salariale des médecins spécialistes. Il a depuis décidé d’attendre les résultats de l’étude commandée à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

M. Dubuc en vient à la conclusion que cette étude de l’ICIS, attendue pour l’automne 2019, ne suffira pas pour guider le Québec dans la recherche d’une rémunération juste et raisonnable pour les médecins. «En effet, une fois que nous aurons cette information, qu’est-ce qu’on fera avec? demande-t-il. L’important n’est pas de connaître l’écart actuel de la rémunération entre le Québec et le Canada, mais bien de déterminer quel écart serait approprié.»

S’appuyant sur les plus récentes données de l’ICIS, qui englobent maintenant l’ensemble des sources de revenus des médecins et non pas seulement ceux qui proviennent de la rémunération à l’acte, il affirme qu’en 2016-2017, le paiement moyen pour un généraliste équivalent temps plein au Québec s’établissait à 344 214 $. Cela dépasse de 15,7 pour cent celui des généralistes ontariens et de 7,1 pour cent la moyenne canadienne, et place les omnipraticiens québécois au deuxième rang canadien, derrière l’Alberta, «un renversement de situation majeur», selon lui.

Par ailleurs, en 2016-2017, le paiement moyen pour un spécialiste québécois équivalent temps plein, à 441 180 $, dépassait de 6,5 pour cent celui de son homologue ontarien. Cette rémunération des spécialistes est légèrement inférieure à la moyenne canadienne et se situe au septième rang des provinces canadiennes, affirme-t-il.

«Au cours de l’année 2018, les généralistes et leur fédération, la FMOQ, ont été relativement à l’abri des critiques sur la rémunération des médecins, poursuit le conseiller stratégique de l’IDQ. Ces nouvelles données, qui reposent sur une base méthodologique plus solide, risquent de faire en sorte que la rémunération des généralistes fasse également partie de ce débat public.

«Depuis que le rattrapage du revenu des médecins s’est amorcé en 2004, il y a plus de 15 ans, ni le gouvernement ni la profession médicale n’ont mis au point des outils qui auraient permis de faire un suivi du processus», ajoute-t-il, en plaidant pour l’introduction dans le débat des principes de «evidence-based policy», c’est-à-dire une approche économique qui se base sur des faits plutôt que sur le jeu des rapports de force propres aux mécanismes de négociation.

Vers une rémunération raisonnable

Alain Dubuc souhaite ainsi que le Québec se dote d’une grille d’analyse pour établir une rémunération raisonnable pour les médecins. Il propose cinq critères d’évaluation:

- une comparaison avec les rémunérations consenties dans le monde industrialisé et ailleurs au Canada;

- des critères d’équité, par rapport à l’ensemble des citoyens et des autres professionnels de la santé;

- des critères de productivité, soit l’adéquation entre la rémunération et la prestation de services;

- des critères liés aux choix de politiques de santé;

- et des critères économiques pour tenir compte du niveau de richesse et de la capacité de payer de l’État.

«Selon tous ces critères, les émoluments des médecins québécois sont actuellement très élevés, peut-on lire dans le rapport. Les médecins québécois compteraient parmi les mieux rémunérés du monde industrialisé, et l’écart par rapport au salaire moyen est l’un des plus importants. L’écart de salaire avec celui des infirmières est le plus élevé au Canada. Par ailleurs, des données de l’ICIS indiquent que le nombre de services procurés par les généralistes québécois serait inférieur à celui des autres provinces canadiennes.»

La rémunération annuelle des médecins de famille devrait plutôt s’établir dans une fourchette de 255 959 $ à 292 419 $, soutient M. Dubuc, tandis que celle des spécialistes, entre 356 127 $ et 403 631 $. Cela réduirait de façon importante l’enveloppe salariale destinée aux médecins: l’enveloppe des généralistes pourrait ainsi être réduite d’environ 505 $ millions et celle des spécialistes, de 363 $ millions.

Cependant, l’IDQ ne recommande pas au gouvernement de choisir «la voie de la récupération salariale», notamment en raison des contraintes légales et du «climat de tension et des risques de paralysie du réseau que pourrait provoquer une stratégie d’affrontement».

L’Institut suggère d’autres interventions, comme «un gel ou une croissance très lente de la rémunération, que l’on observe d’ailleurs dans les dernières ententes avec les fédérations», en plus du réaménagement des enveloppes salariales permettant à l’État d’obtenir de meilleurs résultats en matière de services pour les sommes qu’il a consenties. Il ne précise pas toutefois pendant combien d’années les «mécanismes de correction» devraient être effectifs.

Le gouvernement devrait par ailleurs utiliser le «déséquilibre dans les rémunérations» comme «levier pour accélérer des réformes nécessaires, notamment sur l’augmentation de la productivité, la pratique médicale et l’organisation des soins, le mode de rémunération et la réduction de l’opacité qui a entouré jusqu’ici le dossier de la rémunération des médecins».

Legault maintient sa position

Interrogé à ce sujet lors d’un point de presse à Québec jeudi, M. Legault a maintenu qu’un gel de la rémunération des médecins ne serait pas suffisant pour rétablir l’équilibre. «Est-ce qu’il ne doit pas y avoir des réductions?» s’est-il questionné, malgré la mise en garde de l’IDQ quant au danger d’attiser les tensions sociales.

«On est encore, malheureusement, à l’étape d’avoir le résultat des comparaisons, a-t-il poursuivi. On me dit que ça s’en vient, (le président du Conseil du trésor) Christian Dubé, je pense que c’est une question que je lui pose à chaque semaine. Donc, le Trésor, avec (la ministre de la Santé) Danielle McCann, vont faire ce qu’on a dit, encore là on va respecter notre promesse, et ce qu’on veut, c’est que les médecins au Québec aient un différentiel comparable avec leurs homologues des autres provinces à l’écart qu’il y a chez l’ensemble des professionnels.»

Santé

La survie aux cancers du sang en progression, selon un nouveau rapport [VIDÉO]

Le taux de survie au cancer s’est amélioré depuis le début des années 1990, mais les hausses les plus fortes ont été observées pour les cancers du sang, notamment en raison de la contribution de la médecine de précision, démontre le rapport «Statistiques canadiennes sur le cancer 2019» rendu public mercredi.

Sur une période de 20 ans, indique le rapport, les progrès au chapitre de la survie après cinq ans pour les cancers du sang les plus fréquents ont été plus grands que pour tous les autres cancers. Depuis le début des années 1990, la survie globale au cancer a grimpé de huit points de pourcentage, passant de 55 à 63 pour cent, alors que la survie aux cancers du sang les plus communs - comme le lymphome non hodgkinien, le myélome multiple et la leucémie - a augmenté de 16 à 19 points de pourcentage.

«La médecine de précision c’est un terme un peu vague, mais ça se résume à une meilleure compréhension de la biologie des individus et de la tumeur, a expliqué le docteur Jean-Sébastien Delisle, qui est hémato-oncologue et chercheur au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Ça permet vraiment de mieux cibler les vulnérabilités des cellules tumorales et/ou de mieux adapter les traitements aux patients.»

Il ne fait aucun doute, poursuit le docteur Delisle, que les cancers du sang sont ceux qui réagissent pour le moment le mieux à la médecine de précision, qui est aussi appelée médecine personnalisée.

La médecine a d’ailleurs souvent fait ses classes auprès des cancers du sang, et ce qu’elle y a appris a ensuite été utilisé ailleurs. La polychimiothérapie, par exemple, a été développée pour combattre la leucémie infantile et la maladie de Hodgkin, avant d’être adoptée face à d’autres cancers. L’immunothérapie, qui avait été en bonne partie développée dans les cancers du sang, fait maintenant partie de l’arsenal thérapeutique, notamment en cancer du sein.

Le docteur Delisle croit que l’histoire risque de se répéter avec la médecine de précision.

«Les chiffres (du rapport) datent de 2015, a-t-il rappelé. Donc en 2019, la Société canadienne du cancer nous donne un portrait du passé récent, mais pas du présent. Il y a quand même eu depuis 2015 beaucoup d’avancées, et ça probablement qu’on le verra dans trois ou quatre ans.»

Faits saillants du rapport

Plus de 220 000 nouveaux cas de cancer devraient être diagnostiqués au Canada en 2019, poursuit le rapport. Cela signifie que chaque heure de chaque jour, environ 25 personnes recevront un diagnostic de cancer et environ neuf personnes seront emportées par la maladie. Un peu plus d’hommes (113 000) que de femmes (107 400) risquent de recevoir un diagnostic de cancer en 2019.

Les cancers colorectaux, du poumon, du sein et de la prostate devraient demeurer les cancers les plus souvent diagnostiqués, représentant 48 pour cent de tous les cancers diagnostiqués en 2019.

Le cancer du poumon est le cancer le plus souvent diagnostiqué au Canada; le nombre de cas prévus est estimé à 29 300 en 2019. Il est suivi par le cancer du sein (27 200), le cancer colorectal (26 300) et le cancer de la prostate (22 900). Les taux de mortalité par cancer du poumon chez les hommes sont les plus élevés au Québec et dans les provinces de l’Atlantique.

Le cancer du sein devrait surpasser le cancer colorectal et devenir le deuxième cancer le plus souvent diagnostiqué. Le cancer du pancréas devrait être la troisième cause de décès par cancer au Canada en 2019, supplantant le cancer du sein.

«Le cancer du pancréas est biologiquement assez complexe, a expliqué le docteur Delisle. On le détecte généralement trop tard, il est sournois. Le pancréas est un organe interne profond. Donc le cancer va causer des symptômes quand il est trop tard pour l’enlever.»

Le taux de décès par cancer a diminué de plus de 35 pour cent chez les hommes et de 20 pour cent chez les femmes depuis le sommet atteint en 1988. Les taux de mortalité dus au cancer du sein chez les femmes ont diminué d’environ 48 pour cent depuis le pic de 1986.

Le cancer du poumon

Les Canadiens sont plus susceptibles de mourir du cancer du poumon et des bronches que de tout autre type de cancer. Selon les estimations, un Canadien sur 17 mourra du cancer du poumon.

Le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer chez les deux sexes et représente approximativement 26 pour cent de tous les décès par cancer au Canada, suivi du cancer colorectal (12 pour cent) et du cancer du pancréas (6 pour cent).

Chez les hommes, le cancer du poumon devrait représenter 25 pour cent de tous les décès par cancer, suivi du cancer colorectal (12 pour cent) et du cancer de la prostate (10 pour cent). Chez les femmes, le cancer du poumon devrait représenter 26 pour cent de tous les décès par cancer, suivi du cancer du sein (13 pour cent) et du cancer colorectal (11 pour cent).

On prévoit qu’environ 82 100 Canadiens mourront du cancer en 2019, et qu’un décès sur quatre sera attribuable au cancer du poumon. Le taux de survie au cancer du poumon est toutefois passé de 13 pour cent à 19 pour cent depuis le début des années 1990.

Le rapport «Statistiques canadiennes sur le cancer 2019» a été élaboré par la Société canadienne du cancer, l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada, en collaboration avec les registres du cancer provinciaux et territoriaux.

Santé

CISSSO: «On a le réseau à bout de bras»

La surcharge de travail liée au manque de personnel dans le réseau de la santé de la région se fait durement sentir au point où le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO-CSN) lance un cri du cœur. Une centaine d’employés ont démissionné en l’espace de deux mois, dit-on.

À l’invitation de la CSN, plusieurs dizaines de syndiqués se sont attablés mercredi sous une tente installée en face du CHSLD Foyer du Bonheur, dans le secteur Hull, pour un dîner visant à les remercier pour le travail accompli cet été. Une occasion pour le syndicat de déplorer « le cycle néfaste » du manque d’effectifs, qui s’est fait particulièrement sentir au cours de la saison estivale qui tire à sa fin.

« On a eu plusieurs manques de personnel, entre autres les agentes administratives, qui depuis des années et des années ne sont pas remplacées. 95 % du temps, les postes ne sont pas remplacés, ça occasionne une surcharge de travail pour notre secteur bureau. Il y a aussi tous les autres titres d’emploi qu’on représente : le service alimentaire, l’hygiène et la salubrité, les préposés aux bénéficiaires, les ouvriers spécialisés, les préposés en hémodialyse, les préposés en stérilisation, etc. On a le réseau à bout de bras, donc il faut arrêter et trouver des alternatives rapidement pour aider nos membres. Plus que la moitié de nos membres sont épuisés de cette situation-là », lance la présidente du STTSSSO-CSN, Josée McMillan. 

L’épuisement, le stress, les difficiles conditions de travail et la conciliation travail-famille sont au nombre des raisons invoquées par la centaine de personnes qui ont mis une croix sur le réseau en mai et juin, soutient le syndicat, qui précise que les départs à la retraite ne sont pas inclus dans ces statistiques. 

« On fait des revendications tous les jours. Notre problème, c’est l’embauche. Il n’y a pas d’attraction, on a de la difficulté à garder notre monde. Je pense qu’on a une problématique majeure », de dire Mme McMillan, qui implore le gouvernement Legault « de mettre de l’argent sur la table » et d’améliorer les conditions de travail en ouvrant les conventions collectives avant même l’amorce des prochaines négociations au printemps 2020. 

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO-CSN), Alfonso Ibarra, soutient qu’il est clair que la proximité avec l’Ontario est une cause importante des problèmes dans les établissements de la rive québécoise. 

Il s’est aussi permis de décocher une flèche à l’ancien gouvernement. 

« L’Outaouais vit d’une certaine manière avec les résultats du règne néfaste en matière de santé du gouvernement libéral. Les gens ont voté pour du changement, on espère que le gouvernement actuel va savoir être à la hauteur des changements exigés par population. Il faut prendre soin de notre personnel dans le réseau pour que celui-ci soit dans les meilleures conditions possible et à son tour puisse prendre soin de la population. C’est important de se rappeler cela », s’est-il exclamé. 

Le syndicat juge par ailleurs « inacceptable » que la direction du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) n’ait pas daigné accorder une période de 15 minutes à chaque employé mercredi en guise de remerciement pour le boulot accompli cet été.

Si plusieurs avaient enfilé un ancien brassard jaune sur lequel est inscrit « Jusqu’à épuisement du personnel » lors de l’activité syndicale, le STTSSSO-CSN affirme qu’il réfléchit à son prochain coup d’éclat et à un item qui pourrait être utilisé par les membres pour démontrer leur exaspération. 

Contacté par Le Droit, le CISSSO n’a pas souhaité commenter cette sortie médiatique de la CSN. 

Santé

250 $ de stationnement pour 20 jours d’hospitalisation

Deux cent cinquante dollars. C’est le montant qu’ont dû débourser en frais de stationnement Robert Le Parc et sa conjointe pour les 20 jours d’hospitalisation de ce dernier, plus tôt cet été. «Je ne suis pas millionnaire, je n’ai que ma pension!» dénonce l’homme de 84 ans.

Robert Le Parc, qui demeure dans une résidence pour aînés de Sainte-Foy, a dû être hospitalisé une première fois à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) pour une pneumonie, puis une deuxième fois à l’Hôpital Saint-François d’Assise pour un problème veineux à une jambe. Comme sa jambe est toujours problématique, M. Le Parc craint d’être à nouveau hospitalisé… et d’avoir à assumer d’autres frais «exhorbitants» de stationnement. 

Car lors de ses deux hospitalisations, en juin, Robert Le Parc et sa conjointe, qui est venue voir son mari tous les jours, ont dû payer au total 250 $ en frais de stationnement, le tarif maximal pour les deux hôpitaux étant de 14 $ par jour. Et c’est sans compter les frais de stationnement que le couple doit assumer lors des visites régulières de M. Le Parc au département d’ophtalmologie de l’Hôpital du Saint-Sacrement, fixés ceux-là à un maximum de 16 $ par jour, signale l’octogénaire.

«J’ai payé des impôts au provincial pendant environ 40 ans, et je ne suis jamais allé à l’hôpital. Là, j’ai 84 ans, je dois y aller et je ne suis pas millionnaire», dit M. Le Parc, qui doit déjà payer pour un appartement dans une résidence pour aînés «qui n’est pas donné».

«Quand j’étais à l’hôpital, tout le monde, les patients, le personnel dénonçaient ça, les frais de stationnement. Tout le monde trouve ça exagéré, c’est unanime», témoigne l’octogénaire, qui a écrit à sa députée, Geneviève Guilbeault, pour dénoncer la situation «au nom de tous les malades» et de leurs proches.

«Gel» des tarifs

Robert Le Parc a reçu le 10 août un accusé de réception signé par une attachée politique de Mme Guilbault. La lettre rappelle essentiellement que lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis une nouvelle politique tarifaire pour le stationnement des hôpitaux, des CLSC et des CHSLD, et assure qu’il est «toujours dans l’intention» du gouvernement de réaliser cette promesse.

«Cependant, une compensation devra être déterminée et versée pour les établissements de santé en échange d’une réduction des tarifs de stationnement. Entre-temps, une directrice a été envoyée à tous les établissements du réseau pour que, dans l’intervalle, les tarifs ne soient pas augmentés cette année», précise-t-on dans la lettre.

En campagne électorale, le député caquiste François Paradis, désormais président de l’Assemblée nationale, avait promis qu’«un gouvernement de la CAQ rendrait le stationnement gratuit pour les deux premières heures et imposerait un plafond maximum de 7 à 10 $ par jour dans les établissements où les tarifs journaliers sont déjà supérieurs à ces montants».

Dans nos pages, samedi, l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) a pressé le gouvernement d’agir.

Frein aux visites

Dans certains établissements de santé de la Côte-Nord, le stationnement est gratuit. En Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent, en Mauricie ou dans le Centre-du-Québec, les frais ont généralement atteint une limite de 3 $, 4 $ ou 5 $. Mais dans plusieurs régions, à Mont­réal notamment, les patients et visiteurs des hôpitaux doivent toujours débourser des montants allant jusqu’à 24 $ par jour, dénonçait l’AQRP.

Pour l’Association, les frais de stationnement élevés sont un frein aux visites et contribuent à l’isolement des personnes malades ou âgées. «L’AQRP se questionne sur la pertinence de générer des revenus avec la tarification du stationnement dans les hôpitaux. On ne devrait pas vouloir faire des profits sur le dos des gens malades ou de leurs visiteurs. Comparé au budget total de la santé, je pense qu’on pourrait trouver des mécanismes pour absorber ce manque à gagner», disait samedi la présidente de l’Association, Rose-Mary Thonney.

Le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, a assuré de son côté que l’engagement de la CAQ serait respecté avant la fin du présent mandat.