Lacunes dans les soins en Outaouais: «c'est épouvantable», dit Lacombe

Alors qu’un nouveau rapport de coroner a fait état cette semaine de failles dans les soins infirmiers prodigués dans le réseau de la santé de l’Outaouais, le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, juge que ce genre de situation est «inacceptable».

Dans un rapport rendu public lundi, la coroner Pascale Boulay a décelé plusieurs lacunes ayant mené à l’administration par erreur de méthadone à un patient de 85 ans de l’Hôpital de Gatineau ayant succombé quelques jours plus tard à une pneumonie d’aspiration.

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Comme ce fut le cas dans d’autres rapports de coroner sur des décès survenus ces dernières années au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), des recommandations touchant la qualité des actes infirmiers ont été formulées.

«Chaque fois que ça arrive, c’est épouvantable, a réagi le ministre Lacombe. C’est inacceptable, parce qu’on parle de la vie de patients et moi, je me mets dans la peau de la famille de ces gens-là et je me dis [que] ça doit être absolument épouvantable. On ne peut pas accepter ça.»

Le ministre estime ainsi que le réseau doit «s’améliorer». «Évidemment qu’on ne peut pas continuer de toujours avoir autant de cas de cette nature-là en Outaouais, a-t-il mentionné. Donc moi, je suis confiant que la nouvelle direction du CISSSO qui est en place va faire le nécessaire pour que la qualité continue de s’améliorer.»

Heures supplémentaires

En parallèle, M. Lacombe affirme que malgré la hausse substantielle des dépenses en heures supplémentaires pour le personnel infirmier du CISSSO, l’organisation n’a pas vraiment d’autre choix.

«Les gens s’attendent à avoir des soins, dit-il. [...] Il y a une pénurie de main-d’oeuvre, donc on a deux choix. Soit on ne paye pas d’heures supplémentaires et on n’offre pas de soins, soit on offre le soin et on paye la facture qui va avec. Si mon petit garçon de cinq ans est malade et que je me présente à l’hôpital, je vais vous dire que moi, je préfère qu’on paye des heures supplémentaires, mais qu’il y ait quelqu’un pour me répondre.»

Alors que le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) estime que le CISSSO est pris dans un cercle vicieux découlant d’un plus grand nombre d’employés en absence maladie prolongée, le ministre responsable de la région affirme que des efforts sont faits pour tenter d’atténuer les conséquences de ce plus grand recours à l’assurance salaire.

«Si le syndicat a une solution miracle à la pénurie de main-d’oeuvre, je l’encourage à s’exprimer et à nous en faire part, parce que de notre côté, on travaille très fort pour recruter le personnel nécessaire pour éviter le plus possible le temps supplémentaire, a réagi M. Lacombe. Mais en même temps, quand on a le choix d’arrêter le service ou de le poursuivre en payant des heures supplémentaires, moi je préfère qu’il y ait des gens pour soigner les patients.»