Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, est sorti déçu de sa rencontre avec le ministre Mathieu Lacombe.

Lacombe déçoit le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) est sorti « déçu » de sa rencontre avec le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, n’ayant obtenu « rien de tangible » pour alléger la pression actuellement vécue par ses membres.

Réclamée la semaine dernière par le SPSO, la rencontre avec le ministre Lacombe et la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Josée Filion, s’est tenue vendredi.

Si tout le monde s’entend pour dire que le ton était cordial, le président par intérim du SPSO, Patrick Guay, dénonce qu’il n’y ait toujours « pas de mesures concrètes » pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes qu’il représente.

« On a eu un engagement par contre, autant du ministre que de la PDG du CISSSO, […] de transparence et de collaboration […] afin de trouver des solutions. »

L’une des solutions réside, selon le SPSO, dans l’implantation à plus grande échelle du projet pilote de modification des ratios qui a donné de « bons résultats » à l’urgence de l’Hôpital de Hull.

Le ministre Lacombe a pour sa part indiqué avoir compris que « les infirmières sont exténuées » et assure que tous les intervenants sont « de bonne foi ».

M. Lacombe note toutefois que le solution n’apparaîtront pas du jour au lendemain.

« On peut se donner le temps de bien faire les choses, tout en gardant en tête qu’il faut aussi se dépêcher parce qu’évidemment, la situation, elle n’est pas facile pour les infirmières », a-t-il mentionné après la rencontre.

Du côté du CISSSO, Josée Filion insiste pour dire que la population est en droit de recevoir des soins et services en Outaouais, sans avoir à se tourner vers l’Ontario comme l’a suggéré le SPSO, la semaine dernière, pour donner un peu de répit au personnel des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau.

Incitatif annulé

Mme Filion s’est par ailleurs exprimée publiquement pour la première fois sur la décision du CISSSO d’annuler l’offre de payer les heures supplémentaires à 200 % du taux habituel pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail. Cette mesure a été annulée de manière rétroactive sous prétexte qu’elle ne respectait pas les conventions collectives. « Malheureusement, ce n’est pas une action [qu’]on avait le droit d’octroyer aux employés, donc nous avons dû nous réajuster », a-t-elle mentionné.

Le SPSO rétorque pour sa part que de telles mesures existent ailleurs au Québec, et affirme avoir appris pendant la rencontre de vendredi que c’est le Conseil du trésor qui s’est opposé à l’offre que le CISSSO souhaitait financer avec son propre budget.

« On comprend mal pourquoi, dans l’Outaouais, 200 % pendant quatre jours a été refusé par le Conseil du trésor », a réagi M. Guay, qui espère que Mathieu Lacombe « va défendre l’Outaouais ».

Le ministre Lacombe persiste pour sa part à dire que l’offre du taux horaire à 200 % « n’a pas fonctionné pour une raison de conventions collectives ».

« Je comprends la déception, moi-même je suis déçu que ça n’ait pas fonctionné », a-t-il mentionné.