Les radio-oncologues dénoncent l’attente observée pour l’accès à l’IRM. Ils rappellent que le recours à l’imagerie est recommandé pour plusieurs types de cancer.

L’accès limité à l’IRM est décrié

L’absence de temps réservé en imagerie par résonance magnétique (IRM) pour les patients atteints d’un cancer a causé ces dernières années des retards dans la planification de leurs traitements au point d’avoir pu compromettre leurs « chances de survie », selon les radio-oncologues de l’Outaouais, qui réclament un nouvel appareil à l’Hôpital de Gatineau.

Une lettre signée en juin 2016 par les radio-oncologues du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), dont Le Droit a obtenu copie en vertu d’une demande d’accès à l’information, signale au directeur des services professionnels de l’organisation des « retards dans la planification des traitements » causés par un accès jugé inadéquat aux appareils d’imagerie pour les patients atteints d’un cancer.

Les radio-oncologues dénonçaient notamment l’attente observée pour l’accès à l’IRM. « Il nous semble que nos cas de radio-oncologie ne sont pas priorisés par rapport aux autres cas nécessitant une imagerie IRM, possiblement à cause du volume d’activités trop important pour un seul appareil IRM pour les hôpitaux de Hull et de Gatineau. […] Cette situation n’est pas normale pour un centre de cancérologie. »

En rappelant que le recours à l’IRM est recommandé pour plusieurs types de cancer, les médecins soulignaient également que « si chaque IRM accuse une attente de deux semaines ou plus pour le patient, le cumul des attentes entraîne des délais importants […] et compromet les chances de survie du patient, car la masse évolue ».

Cet aspect a été résolu au printemps dernier par la création d’une « voie de contournement » pour les demandes d’IRM provenant de la radio-oncologie, a assuré en entrevue avec Le Droit le président-directeur général adjoint du CISSSO, le Dr Daniel Tardif. 

Ce dernier affirme que les cas de radio-oncologie sont vus « dans les 60 jours », et que les urgences peuvent être traitées plus rapidement.

Un autre problème décrié par les radio-oncologues en 2016 persiste toujours. Il réside dans le fait que le seul appareil d’IRM du réseau public de la région se trouve à l’Hôpital de Hull, alors que le centre de cancérologie est à l’Hôpital de Gatineau.

Les radio-oncologues ont donné l’exemple du cancer du col de l’utérus, pour lequel il est recommandé de faire un examen d’IRM, une fois des implants installés, avant chaque traitement de curiethérapie. Or, « il est contre-indiqué de manipuler ou de transporter des patientes porteuses de ces implants », ce qui pose problème avec un appareil d’IRM situé « à 11 km de distance », dénonçaient les radio-oncologues. Ces derniers affirment donc être obligés de « se priver d’une image IRM pour planifier les traitements […] ce qui pourrait se traduire par une méthode de curiethérapie moins efficace ».

Le Dr Tardif reconnaît que l’Outaouais a besoin d’autres appareils d’IRM. « Juste pour avoir la moyenne québécoise, il faudrait 3,42 appareils dans la région », dit-il.

Il y a « une sorte d’accord de principe » pour le CISSSO en obtienne un deuxième, « mais il y a des discussions autour du financement », a mentionné le Dr Tardif. « À cause des volumes qui sont envoyés en Ontario, normalement on devrait pouvoir rapatrier suffisamment [de cas] pour pouvoir payer tout ça », précise-t-il.

Le deuxième appareil sera toutefois installé à l’Hôpital de Hull, dans un pavillon où les murs ont déjà été conçus pour offrir l’environnement « très protégé » nécessaire, a indiqué le Dr Tardif.

Ce n’est donc que lorsque le CISSSO obtiendra les fonds pour un troisième appareil que les patients du centre de cancérologie pourront avoir accès à de l’IRM directement à l’Hôpital de Gatineau.