Le président-directeur général du CISSS de l’Outaouais, Jean Hébert

La tête de Jean Hébert réclamée

Les autorités municipales en Haute-Gatineau réclament la tête du président-directeur général du CISSS de l’Outaouais, Jean Hébert, en raison, disent-ils notamment, d’une absence d’écoute face aux nombreux problèmes vécus par les citoyens en matière d’accès aux services de santé et de son manque d’action pour régler la situation. M. Hébert n’entend toutefois pas démissionner de son poste.

Encore jeudi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) annonçait une nouvelle rupture de services temporaire en chirurgie générale à l’Hôpital de Maniwaki, du 14 au 23 décembre.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, en a marre. Elle affirme que M. Hébert néglige les régions rurales au profit de la région urbaine. Une lettre exigeant la destitution de M. Hébert a été envoyée à la ministre de la Santé, Danielle McCann.

« Vous êtes à Gatineau dans votre bulle. Vous trouvez des solutions pour la Vallée-de-la-Gatineau sans savoir ce qui se passe sur le terrain », a lancé Mme Lamarche jeudi soir devant M. Hébert et le conseil d’administration du CISSSO réuni en séance publique régulière.

Une soixantaine de personnes de Maniwaki et de la Haute-Gatineau ont assisté jeudi soir à la réunion du conseil d’administration du CISSS de l’Outaouais et ont épaulé la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche.

La préfète a indiqué en entrevue au Droit que M. Hébert n’a pas répondu aux préoccupations qui lui ont été adressées pour contrer les inquiétudes des citoyens, des élus et des gens d’affaires.

« Depuis 2015 qu’on lui dit plein de choses, qu’on demande à le rencontrer, qu’on lui demande de trouver des solutions, et c’est le silence total tout le temps », a déploré Mme Lamarche, qui a qualifié la gestion administrative du CISSSO de « désastre ».

M. Hébert a indiqué devant le conseil d’administration qu’il y a une étude avec le CISSS des Laurentides pour voir comment les deux organisations pourraient déployer une offre de services qui bénéficieraient aux deux régions. Mais les gens de la Haute-Gatineau veulent des solutions permanentes pour eux en chirurgie et en obstétrique, notamment.

En point de presse, M. Hébert a indiqué ne pas savoir pourquoi il démissionnerait.

« Le territoire de la Vallée-de-la-Gatineau est le territoire qui a le plus haut taux d’accès à un médecin de famille. C’est près de 89 % de la population qui a accès à un médecin de famille avec un taux d’assiduité de plus de 80 %, soit le plus haut taux dans la région », a entre autres fait valoir le président-directeur général du CISSSO.

M. Hébert a aussi indiqué qu’il y a des démarches auprès de trois chirurgiens généraux pour attirer l’un d’eux à Maniwaki. Quant aux critiques sur l’absence de communications dont il est accusé, M. Hébert mentionne « qu’il y a des professionnels qui sont en contact et qui donnent des suivis au niveau de la communauté. »

Madeleine Lefebvre, conseillère municipale à Maniwaki, a tenu à souligner que les services de santé jouent un rôle appréciable dans le développement économique de la région.

« On mise beaucoup sur la venue de nouvelles familles, de villégiateurs et de retraités pour bonifier et dynamiser l’économie de notre région. C’est reconnu aussi que les gens, avant de déménager et de considérer un milieu rural, vont considérer les services en place », a expliqué Mme Lefebvre, tout en ajoutant que la population sent que l’avenir de la région est hypothéqué par les décisions en santé.

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NEUF JOURS SANS CHIRURGIE GÉNÉRALE À MANIWAKI

Pour la troisième fois depuis la mi-novembre, l’Hôpital de Maniwaki sera privé de services en chirurgie générale. L’interruption s’étendra sur neuf jours, du 14 au 23 décembre.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a indiqué par voie de communiqué que le bris de service débutera à 8 h, vendredi, et sera en vigueur jusqu’au 23 décembre à 17 h. Comme ce fut le cas les deux dernières fois, les cas de traumatologie seront envoyés à l’Hôpital de Mont-Laurier. « Les femmes enceintes ou en travail sont orientées vers les hôpitaux de Gatineau, de Mont-Laurier ou de Maniwaki en fonction de leur condition clinique », précise l’organisation.

Puisque le bris de service ne concerne que la chirurgie générale, le bloc opératoire de l’Hôpital de Maniwaki sera en mesure de réaliser des chirurgies spécialisées, par exemple en orthopédie ou en gynécologie.

« Les chirurgiens des hôpitaux de Gatineau et de Hull se concertent pour assurer par la suite une couverture continue à la clientèle du territoire, assure le CISSSO. [...] Des discussions intensives sont en cours avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Fédération des médecins spécialistes afin d’assurer une couverture complète des activités chirurgicales. »

Cette situation découle de la démission subite, le mois dernier, d’un des deux détenteurs de poste en chirurgie générale à l’Hôpital de Maniwaki.

Justine Mercier, Le Droit