Le CISSSO peine à trouver des pharmaciens prêts à se déplacer pour effectuer du dépannage.

La télépharmacie, une solution «sous-optimale» pour le CISSSO

Le recours à des services de télépharmacie par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) est une solution « sous-optimale » pour répondre à une pénurie « criante », estime l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

Le président de l’APES, François Paradis, et la directrice générale de l’organisation, Linda Vaillant, effectuent cette semaine une tournée en Outaouais pour rencontrer leurs membres et connaître les problématiques qu’ils vivent dans leurs établissements respectifs.

À l’heure actuelle, la pénurie est importante. Sur la base des postes existants, elle atteint un taux de 19 % au Québec et de 26 % en Outaouais. Dans la région, cela représente l’équivalent de 12 postes à temps complet vacants.

Peinant à trouver des pharmaciens prêts à se déplacer physiquement pour effectuer du dépannage, le CISSSO a conclu ces derniers mois un contrat de gré à gré avec une firme manitobaine pour obtenir des services à distance.

« En l’absence de dépanneurs, ils sont obligés de se tourner vers cette solution de dernier recours qui est sous-optimale, a mentionné M. Paradis, en entrevue avec Le Droit. Ils vont faire l’étape de la validation d’ordonnance, mais la valeur ajoutée, ils ne pourront pas le faire. C’est une patch qui ne vient pas régler le problème. »

L’APES estime que même si tous les postes vacants trouvaient preneur, les ressources ne seraient pas suffisantes pour offrir les services souhaités.

« À Maniwaki, ils sont deux pour deux postes, donc il n’y a pas de pénurie en théorie, mais ils sont incapables de faire des soins pharmaceutiques », déplore Mme Vaillant. Du côté de Shawville, où il y a deux postes, « il y a juste une personne, et la personne part en retraite en septembre », ajoute-t-elle.

La solution passe notamment, selon l’APES, par une hausse des places dans les cohortes à la maîtrise en pharmacothérapie avancée.

« On est rendu autour de 82 personnes qui ont commencé cette année, […] mais il faudrait vraiment passer à 100 par année », plaident les dirigeants de l’APES.

L’association souhaite aussi que ses membres puissent déléguer certaines tâches techniques, dans le but d’offrir davantage de soins pharmaceutiques.

L’APES réclame donc au gouvernement la mise en place d’une technique en pharmacie au niveau collégial, de même qu’un rehaussement du programme actuel d’études professionnelles des assistants en pharmacie.

Les dirigeants de l’APES espèrent maintenant pouvoir rencontrer prochainement les élus de la Coalition avenir Québec, dans l’objectif qu’un « coup de barre » puisse être donné rapidement afin de freiner la pénurie actuelle.