Alors que la durée moyenne de séjour sur civière à l’urgence de l’Hôpital de Hull a connu une hausse significative de 26% l’an dernier, le quart des patients qui se sont présentés sur place ont quitté les lieux avant d’avoir été pris en charge, soit quelque 24 000 personnes.
Alors que la durée moyenne de séjour sur civière à l’urgence de l’Hôpital de Hull a connu une hausse significative de 26% l’an dernier, le quart des patients qui se sont présentés sur place ont quitté les lieux avant d’avoir été pris en charge, soit quelque 24 000 personnes.

La situation s’est empirée dans les urgences en Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Alors que la durée moyenne de séjour sur civière à l’urgence de l’Hôpital de Hull a connu une hausse significative de 26% l’an dernier, le quart des patients qui se sont présentés sur place ont quitté les lieux avant d’avoir été pris en charge, soit quelque 24 000 personnes.

Les données complètes de l’année 2019-2020 obtenues par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information montrent que la situation est loin de s’être améliorée dans les urgences du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Pour l’ensemble des urgences de la région, la durée moyenne de séjour sur civière s’est établie à 19,7 heures l’an dernier, comparativement à 16,5 heures l’année précédente.

La situation s’est particulièrement dégradée dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau. À Hull, la durée moyenne de séjour sur civière est passée de 18,4 heures, en 2018-2019, à 23,2 heures l’an dernier, tandis qu’elle est passée de 18,2 heures à 22,8 heures à Gatineau.

La durée moyenne de séjour a également augmenté pour les cas de santé mentale, passant de 21,1 heures à 26,5 heures pour l’ensemble du CISSSO.

Le taux de séjours de 48 heures et plus a lui aussi bondi de manière considérable. Pour l’ensemble de la région, en 2019-2020, 10% des patients qui se sont retrouvés sur une civière à l’urgence y ont passé au moins deux jours complets avant d’obtenir leur congé ou un lit sur une unité de soins. L’année précédente, cette proportion était de 6%.

Dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, la proportion de séjours de 48 heures et plus a atteint respectivement 14% et 13%, l’an dernier. L’année d’avant, le taux y était inférieur à 10%.

La directrice de soins infirmiers du CISSSO, Marie-Ève Cloutier, a indiqué que la hausse du taux d’occupation et du nombre de séjours de 48 heures et plus s’explique surtout par un engorgement vécu sur les unités de soins par des patients en attente d’hébergement dans d’autres ressources. «Il faut développer des stratégies de soins de longue durée plus à domicile, parce que notre population est vieillissante», souligne-t-elle.

Départs

Pendant ce temps, de plus en plus de patients ont choisi de tourner les talons avant d’avoir pu obtenir une prise en charge dans une urgence de l’Outaouais. À l’Hôpital de Hull, 24,1% des patients ont fait ce choix l’an dernier, comparativement à 19,1% en 2018-2019.

Pour tout le CISSSO, ce sont 24 418 patients qui ont rebroussé chemin de la sorte en 2019-2020, soit 15,3% des quelque 160 000 visites enregistrées dans l’année.

Sur l’ensemble des patients qui se sont présentés dans une urgence du CISSSO l’an dernier, 64,8% étaient des cas non urgents, classés comme des priorités 4 ou 5 au triage. Mme Cloutier explique que les départs sont surtout des cas non urgents, qui auraient pu être réorientés vers une clinique de médecine familiale. Or, plusieurs refusent cette option. «Si le patient se fait suggérer d’être réorienté, c’est parce que la place la plus adéquate pour les priorités 4 et 5, c’est une clinique médicale», fait-elle valoir.