La révision des ratios est un enjeu fondamental pour régler la crise actuelle de la surcharge de travail des infirmières, a rappelé Nancy Bédard.

La FIQ réclame une loi visant à abaisser les ratios patients-infirmière

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) réclame l’adoption d’une loi visant à revoir à la baisse les ratios patients-infirmière.

La révision des ratios est un enjeu fondamental pour régler la crise actuelle de la surcharge de travail des infirmières, a rappelé mercredi la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, lors d’une mêlée de presse, en marge de rencontres avec les différents groupes parlementaires représentés à l’Assemblée nationale.

Mme Bédard rencontrera le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mardi prochain et compte bien aborder ce sujet.

«Il est temps vraiment qu’on aille vers une loi», a-t-elle fait valoir.

Une première rencontre a eu lieu entre les deux la semaine dernière pour examiner la situation et voir les pistes de solution au problème de la surcharge de travail, du temps supplémentaire obligatoire et des ratios jugés trop élevés.

Le ministre s’était engagé alors à présenter des solutions rapidement pour dénouer la crise.

Au cours des dernières semaines, dans les médias, les témoignages se sont multipliés d’infirmières se disant épuisées, croulant sous la tâche.

La FIQ fait écho à cet appel et soutient qu’un trop grand nombre de patients sont sous la responsabilité d’une seule infirmière durant son quart de travail, partout au Québec, tant en milieu hospitalier qu’en CHSLD.

Mme Bédard dit que la Californie et l’Australie pourraient servir d’exemple au Québec à ce chapitre, s’étant dotées de lois sur les ratios dans le secteur de la santé.

«En Australie, en CHSLD, c’est une infirmière pour 15 patients. Ici, c’est 75, 100, 125» patients par infirmière, a illustré Mme Bédard pour justifier l’adoption d’une loi contraignante.

«On est vraiment dû pour se mettre au travail», a-t-elle ajouté.

Une baisse des ratios supposerait cependant l’embauche d’un grand nombre d’infirmières et entraînerait des coûts élevés.

L’opposition péquiste de même que Québec solidaire se sont montrés tous deux favorables à l’adoption d’une telle loi pour assurer de meilleurs soins aux patients et alléger la tâche des infirmières.

Sortir cet enjeu des négociations syndicales serait une bonne idée, a commenté la vice-chef de l’opposition péquiste, la députée Véronique Hivon, en mêlée de presse après sa rencontre avec Mme Bédard, disant privilégier une approche axée sur la prévention, ce qui assure «des coûts moindres à long terme».