Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, et Stéphane Bertrand, président local des Professionnelles en soins de santé unis de Papineau.

La FIQ met la table en vue des prochaines négociations

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, était de passage en Outaouais, hier, pour prendre le pouls des équipes de soins sur le terrain et mettre la table en vue des négociations des secteurs publics et parapublics qui auront lieu à l'automne.
La présidente de la FIQ s'est adressée aux médias devant l'Hôpital de Papineau, lors d'un bref point de presse. Elle a profité de sa visite à Buckingham pour mettre en garde le gouvernement Couillard face aux compressions anticipées de 600 millions $ dans le milieu de la santé.
«Ce qu'on nous a dit, c'est que le gouvernement veut couper dans les structures et l'administratif. On attend de voir ce qui arrivera. En Outaouais, ça ne s'est pas passé, mais ailleurs, il y a eu des coupures. Cependant, on va être très vigilant parce qu'on ne sait pas quelles seront les commandes du ministère de la Santé à l'automne, y compris pour ici en Outaouais», a affirmé Mme Laurent.
Selon les chiffres de la FIQ, il manque actuellement près de 110 infirmières en Outaouais. Dans un contexte de main-d'oeuvre vieillissante, la mise sur pied rapide d'un programme de rétention et d'attraction du personnel s'impose, selon la présidente de la fédération syndicale.
Cette dernière a d'ailleurs réitéré l'importance du statut particulier pour la région dans son allocution. «Nous avons négocié depuis plusieurs années un statut particulier pour l'Outaouais. Ce qu'on veut, c'est renouveler ce statut particulier et le bonifier si c'est possible pour s'assurer que les professionnels en soins que nous avons vont rester de ce côté de la rivière», a-t-elle indiqué, en spécifiant que les primes devront être prochainement revues à la hausse.
Des orientations prioritaires
Mme Laurent a aussi rappelé les principales priorités mises de l'avant par l'exécutif de la fédération à l'aube de son renouvellement du contrat de travail.
L'importance de stabiliser les équipes de travail figure entre autres au sommet de la liste de l'organisation. Un modèle misant sur un ratio «professionnel en soins et patients» est aussi proposé par la FIQ afin de rendre la charge de travail des employés moins lourde. Une utilisation plus efficace des infirmières auxiliaires fait également partie des orientations proposées par le syndicat à ses membres.
Le gouvernement aura à faire des choix, prévient la présidente du regroupement.
«Les professionnels en soins sont des personnes compétentes, empathiques et dévouées, mais il y a des limites à ce qu'on peut leur demander. Elles sont déjà au bout du rouleau. Il faut s'y attaquer maintenant pour avoir des conditions d'exercice acceptables», a déclaré la présidente de la FIQ.
Cette visite à Buckingham s'inscrit dans le cadre d'une tournée panquébécoise de la fédération. Mme Laurent a également visité le CLSC de Saint-André-Avellin, hier après-midi.
La FIQ regroupe plus de 62000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires au sein de la province.
Bsabourin@ledroit.com